« Nônô vola sandoka », a bénéficié d’une liberté provisoire malgré la condamnation à perpétuité prononcée par la Cour criminelle le 29 septembre 2017. Rien que le fait qu’il fut été en cavale pendant son jugement alourdit déjà son cas. Et pourtant, cinq mois après, il était le premier à bénéficier d’une liberté parmi les 15 personnes que la Justice, elle-même, a qualifié de cerveaux du kidnapping des deux adolescents à Toamasina.
Beaucoup ignore encore qu’une fois le dossier transmis à la justice, la chaîne pénale anti-corruption ou le pôle anti-corruption, le BIANCO en est dessaisi. Ce n’est donc pas le BIANCO qui place sous mandat de dépôt, qui octroye la liberté provisoire et encore moins qui relaxe ou condamne une personne.
Le monde judiciaire est tellement pourri par la corruption que la population a l’impression que seul le Ministère de la Justice est contaminé par ce fléau. Il s’agit d’une contre-vérité. Tous les ministères sont gangrénés par la corruption et les notions voisines (concussions, prise d’avantage injustifié, abus de fonction, enrichissement illicite, trafic d’influence, favoritisme, népotisme, conflits d’intérêts), comme le démontrent les quelques exemples suivants
Des juges menacés de mort par des élus, des « rabatteurs » chargés d'enterrer des affaires, des forces de sécurité qui refusent publiquement l'exécution d'un jugement : à Madagascar, la corruption et les pressions gangrènent la justice et embarrassent le pouvoir politique.