Madagascar – arrestations spectaculairement louches des revanchards – La gazette de la grande île du 16 février 2019

Un dicton français assure : « Jamais deux sans trois », après Eddy Maminirina, le 12 février 2019, et Mbola Rajaonah, le 13 février 2019, à qui le tour avant la fin du mois ?  Sous la Rome antique, il y avait l’expression Panem et circenses (littéralement « pain et jeux du cirque », souvent traduite par « du pain et des jeux »). Elle évoquait le profond mépris de Juvénal s’adressant au peuple romain qui n’avait plus d’autres ambitions que de se voir offrir du pain et des spectacles par leur empereur. J’y reviendrai plus loin.

A l’entrée de sa prise de pouvoir, il apparaît que certains faits assez révélateurs d’une mainmise en règle de l’appareil d’Etat par des esprits revanchards, échappent au président élu par le peuple, Andry Rajoelina. A ma connaissance, ce n’est pas dans sa personnalité que de faire les choses de manière aussi « m’as-tu vu » que les arrestations spectaculaires (dans tous les sens du terme) du « roi Eddy » et de « Mbola Tafaray ». Et c’est cela qui m’interpelle, au-delà de toutes sortes d’interprétations qui ne vont pas manquer de meubler l’esprit de certains « vainqueurs » d’aujourd’hui. Mais vainqueurs de quoi, étant donné que le pouvoir appartient au peuple qui a le droit de savoir ce qu’on lui cache derrière ces mauvaises séquences indignes des gladiateurs du cirque romain ? Voie publique, éléments des forces de l’ordre encagoulés et lourdement armés, sans aucun mandat en main. Pour attirer les feux des projecteurs sur soi, et faire oublier les vrais dossiers socio-économiques plus prioritaires du moment, il n’y a pas mieux.

 Notre consœur Laure Verneau reprend, en sous-titre, le terme « Excès de zèle » de la directrice de Transparency International Madagascar, Ketakandriana Rafitoson, dans son article paru le 14 janvier 2019 dans le journal « Le Monde » qui va plus loin avec le titre : « A Madagascar, le nouveau président arrête des proches de l’ancien président ». Le voilà prévenu ! Toutes les (mauvaises) actions entreprises par des esprits aussi zélés que zélateurs de son entourage, lui seront directement attribuées. A travers ces arrestations spectaculairement louches des revanchards, il vous faut, à présent, savoir lire entre les lignes. Penchons-nous alors sur Eddy Maminirina et Mbola Rajaonah.

Eddy Maminirina
Son nom figurait dans une liste remise par le Premier ministre, également Président du « Comité de Pilotage  Bois Précieux », Omer Beriziky, au nouveau président Hery Rajaonarimampianina, le 8 avril 2014 sur la référence N°054-14-MEF. Oui, il y a cinq ans ! Ce nouveau président de la république élu, n’avait-il pas déclaré orbi et urbi, le 5 février 2014, lors de son premier conseil des ministres, qu’il allait « diriger personnellement ce combat contre les trafics de bois de rose » ? Mon œil… Mais il y avait d’autres (pré)noms révélés par Omer Beriziky. Comme, Roger Roger Thunam (ou Thu-Nam), dénommé le « baron du bois de rose malgache », intouchable jusqu’ici.

En 2010, ce nom avait maintes fois été cité dans le rapport très consistant intitulé «Bois de rose de Madagascar : entre démocratie et protection de la nature », rédigé par Herizo Randriamalala et Zhou Liu de Madagascar Conservation & Development. En 2012, Alexander Von Bismarck, de l’EIA (Energy Information Administration), était parvenu à rencontrer et filmer le baron Roger… Y-a-t-il des « bons » et des « mauvais » opérateurs de bois de rose ? Voici d’autres noms révélés par le rapport :

Anona Etienne, Bekasy Johnfrince, Bematana Martin, Betsiaroana Jean Galbert, Bezokiny Christian Claude, Body Thierry, Chan Hoy Lane Kara, Désiré, Guerra William, Laisoa Jean-Pierre, Malohely Jean-Michel, Mbotifeno Sao Kune Edith, Ndahiny Grégoire, Patricia Soa, Rakotoarivony  Nosiarivony, Soa Elia Rolaine, Totobe Eric, Ranjanoro Jeannot (tous à Antalaha), Superwood S.AR.L (Antananarivo), Rasoanirina Joséphine (Sambava), Ramialison Arland (Antalaha et Toamasina), Sam Som Miock Eugène (Toamasina).

 Il est indéniable qu’il existait des maillons faibles et corruptibles au sein même de ceux qui avaient reçu l’ordre de combattre ce fléau, depuis la publication du décret 2010-141 du 24 mars 2010 (portant interdiction de coupe, d’exploitation et d’exportation de bois de rose et de bois d’ébène à Madagascar), sous la Transition dirigée par Andry Rajoelina. Avec comme co-signataire, Hery Rajaonarimampianina en tant que ministre des Finances et du Budget. Déjà donc, beaucoup de faits échappaient au président de la Transition…

Pour en revenir à Eddy Maminirina, il avait réussi à quitter le pays en septembre 2017 alors qu’il était sous le coup d’un mandat d’arrêt et d’un avis de recherche. Avec l’arrivée au pouvoir d’Andry Rajoelina, il est revenu, croyant au pardon bien malgache lié au  « miracle » du retournement de veste politique. Mais ce n’était tout de même pas une raison pour procéder à son arrestation d’une manière qui tend à prouver qu’elle détourne surtout l’attention de l’opinion publique sur des choses plus importantes, proches de la réalité vraie et vécue. Genre : pourquoi les coupures « flash » dévastatrices ont-elles fait place aux délestages longue durée ?


Mbola Joseph Rajaonah : Sous le coup d’une enquête du Bianco depuis 2017, le cas de cet opérateur économique œuvrant surtout à Toamasina, (me) rend assez perplexe étant donné qu’ayant les moyens de le faire, il n’a jamais songé à quitter le pays, entre deux IST (Interdiction de sortie du territoire). Insouciance de la jeunesse ? Assurance de ne pas être inquiété n’ayant rien à se reprocher ? Le comble aussi est que dans certains quartiers de la Capitale, comme Ampandrana et Antaninarenina, il est considéré comme un bienfaiteur. Même réputation dans le milieu du basket-ball et de la jeunesse universitaire. Alors ? Un dicton dit : quand on veut abattre son chien, on l’accuse de la rage. Certes, il évolue dans un milieu de requins et n’est donc pas un ange, cela c’est certain. Mais il importe que, vous, amis lecteurs, sachiez une chose : Mbola Tafaray, du nom de l’agence de transit que son père lui a légué, était déjà connu durant le régime de transition. Avec d’autres personnalités de l’époque, il formait une équipe considérée comme solide. Des noms, Jeannot, on veut des noms ! Vous allez tomber des nues alors ! Et certains vont se moucher.  Œuvrant main dans la main (sur quoi, je ne sais pas) avec Mbola Rajaonah, il y avait : Hery Rajaonarimampianina (ministre des Finances), Haja Resampa (Sgp), Mamy Ravatomanga (opérateur économique), Mamy Ratovomalala (ministre des Mines et des Hydrocarbures), Narson Rafidimanana (opérateur économique), Pinou Sheraly (Société Soreva), Shemir Soundardjee (Hôtel Calypso), Leong (Bâtiments et Travaux publics), Andriamampianina (Eucalyptus à Ampefy), Kiki Rakotovao (Président de l’entité GFFM – Gideona Fandresena ny Fahantrana eto Madagasikara).

Parmi ces personnes-là, logées donc à la même enseigne, un seul, pourtant, avait -a encore- un accès direct au président. En clair, il bloquait toutes relations des autres qui entendaient s’entretenir avec le chef d’Etat. A partir de 2014, que sont devenues toutes ces personnes et pourquoi seul Mbola Rajaonah a-t-il fait l’objet de campagnes de dénigrement systématique, mais aucun des autres ? Sur le coup, personne ne s’est étonné car ne sachant pas l’existence de cette belle équipe. Ce genre de « mystère » m’intéresse toujours au plus haut point, surtout sachant ce que sont devenus les uns et les autres. Si bien qu’à un moment, j’ai eu l’occasion d’avoir un contact direct avec Mbola Rajaonah (après avoir lancé un appel via radio Viva lors d’une émission, le 15 novembre 2018). Mais pas assez de temps donc, pour l’interviewer sans faire de cinéma, pour savoir qui, exactement était -est- au service de qui et/ou de quoi ? A l’inévitable question : combien t’a-t-il donné ? (étant entendu qu’il est milliardaire), je répondrais : combien m’aurait aussi donné le roi Eddy alors ? Mon objectif étant de comprendre -et vous faire comprendre- et non défendre (quiconque) pour quelques ariary de plus. Ma considération n’est que d’ordre journalistique à votre service et rien d’autres. Ceux qui me connaissent vraiment comprendront et les cons les resteront jusqu’à leur mort.


Jacques Randrianasolo : Sachez, pour votre gouverne, que ce nouveau ministre de la Justice était dans la même classe que moi au Bahut (Lycée Gallieni). C’était un « sage » en regard de ma renommée indiscipline sous le proviseur Otmar Meyer alias « serre-fesses » car il faisait peur à tous les élèves… Nous sommes donc de la même génération mais n’avons pas forcément les mêmes objectifs dans la vie. Ni les mêmes moyens de les atteindre. Ancien Procureur Général de la cour d’appel d’Antananarivo (PGCA), il avait été limogé sous forme de mise à la retraite -après l’arrestation de Claudine Razaimamonjy et le caillassage du siège du Bianco par le sénateur Rina Andriamandavy VII-, et remplacé par le ministre de la Justice, Charles Andriamiseza, limogé pour son interview nocturne dans laquelle il avait défendu bec et ongle la même Claudine que l’actuel ministre Jacques Randrianasolo a vite fait de transférer de la prison pour femmes de Manjakandriana vers la prison d’Antanimora. Vous constaterez à travers tout ce mic-mac que la balance de la Justice, à Madagascar, penche toujours vers les « vainqueurs » du moment… Et c’est certainement ce constat qui a amené Ketakandriana Rafitoson, la directrice exécutive de Transparency International, a déclaré dans l’article de Laure Verneau : « Le régime actuel semble vouloir faire un excès de zèle en organisant des expéditions lourdement armées pour montrer qu’il “travaille”, mais justement contre les seuls barons de l’ancien régime. Le jour où il s’attaquera à ses propres “moutons noirs”, et ils sont nombreux, là nous pourrons vraiment apprécier l’objectivité de sa démarche et de ses intentions. Il faut rechercher une application uniforme de la loi ».

Je ne suis -et ne veux être- l’avocat d’aucun diable, étant entendu que le roi Eddy et Mbola Tafaray ne sont pas des anges. Cependant, c’est la façon qui est exécrable. Le « plus jamais ça » n’existera donc… jamais à Madagascar, après l’arrestation -en plein enterrement d’un membre de sa famille- d’Augustin Andriamananoro, le 10 décembre 2016, lui le premier limogé par le régime Hvm/Rajaonarimampianina, alors qu’il avait littéralement cassé sa voix pour  faire élire ce minable expert-comptable présenté par qui vous savez au président de la transition. Celui-ci, devenu président de la république élu veut alors instaurer l’Etat de droit et l’Indépendance de la Justice ? Dans ces domaines, son mandat n’est pas abordé sous de bons auspices. Quoi qu’aient fait Eddy Maminirina et Mbola Rajaonah, pourquoi les condamner et les mettre au trou avant même qu’ils n’aient été jugés ? Je ne parle pas, ici, de l’inconscient Hugues Ratsiferana, pris en flagrant délit de vol de mobiliers de l’administration publique et privé de visite en ce moment, à Antanimora. Le ministre Jacques Randrianasolo entend « accélérer la lenteur des procédures judiciaires dans le plus bref des délais ». Soit. Mais ces inculpés (et tous les autres qui suivront) doivent avoir un procès équitable, en ce temps des grands changements tous azimuts… Cependant, « la justice des vainqueurs » peut l’empêcher d’aller au bout de ses louables intentions, Andry Rajoelina, je le répète encore, n’ayant pas le don d’ubiquité. Qu’est-ce qu’on fait déjà lorsqu’on veut accuser son chien d’avoir la rage ? Mais attention au retour du bâton, car le Président Rajoelina a prévenu : « Même à l’endroit de mes proches collaborateurs, je ne tolèrerai ni la corruption ni les abus de pouvoir » (rapporté par Davis R. dans Midi Madagasikara).

Pour l’heure, revenons à notre pain et no jeux du début de ce dossier. Oui, du pain et des jeux, on en veut, pour tous. Mais pas n’importe lesquels, et pas n’importe comment ! Que l’on interroge le pain sous l’angle social, environnemental, économique, et même culturel, tout peut nous ramener aux crises que l’on vit aujourd’hui et à leurs conséquences. Le pain, ce peut être celui du panier de plus en plus cher de la ménagère de plus en plus pauvre. Le pain, base de l’alimentation, celle dont on meurt, par manque ou par excès. Le pain, pris dans le tourbillon de la mondialisation économique et culturelle. Ce ne sont que quelques exemples de la face cachée d’un iceberg dont les crises financières et gouvernementales sont les parties émergentes aujourd’hui.

La « Une » des médias nous assène au quotidien les mêmes vieilles recettes : «nécessaire austérité»; «suppressions»… comme «seules voies de développement possible», ayant pourtant déjà causé tant d’inégalités à travers l’histoire et à travers le monde. Tout cela sème une stupeur paralysante, mais aussi, heureusement, l’indignation. Car les risques de replis et de récupération par des slogans simplistes sont grands, et c’est dire l’importance d’agir au niveau de l’éducation. Il est crucial de transformer, lorsque ce n’est fait, les espaces d’éducation en des lieux où se poser des questions, beaucoup de questions, où prendre du temps pour écouter, appréhender la complexité, élargir ses horizons, s’interroger sur les valeurs qui nous animent, se forger une opinion, rêver le monde, explorer des possibles que l’on peut mettre en œuvre, aujourd’hui, demain… Tout l’inverse des Romains que Juvénal fustigeait il y a près de 2000 ans, qui se contentaient de se nourrir et de se divertir plutôt que de se soucier de leur destin individuel et collectif. Aujourd’hui comme à l’époque, il est plus qu’urgent de reconstruire un autre modèle. Il n’y pas de recettes toutes faites. C’est à créer. Ensemble. Tout cela, ce sont les vœux des formateurs-enseignants Christophe Dubois et Joëlle Van Den Berg. Ils rejoignent, dans un certain sens, les bases de l’IEM d’Andry Rajoelina qui doit comprendre que l’exercice du pouvoir n’est pas aisé.

« Le renouveau Africain a déjà commencé, sa prise de vitesse est enclenchée tel un TGV », a-t-il conclu lors de son discours au 32è Sommet de l’UA à Addis-Abeba. Soit. Mais a-t-il conscience que la « lourdeur » de certains wagons qu’il tracte risque fort de faire dérailler ce TGV pourtant si bien préparé techniquement depuis 4 ans ? J’entends par lourdeur les ambitions non cachées de certains -cherchant à tout écraser sur leur passage-, aux antipodes du développement réel de Madagascar et de l’intérêt du peuple malgache qui ne veut pas que son espérance ne se transforme en un espoir qui fait vivre les imbéciles …

Dossier de Jeannot Ramambazafy

Arrestation de Eddy bois de rose à la City Ivandry

Mandeha araka ny tokony ho izy ny ady amin’ny tsimatimanota hoy ny SMM – Inona no vaovao 16 fevrier 2019

Niaiky ny Mpitsara Clémént Jone, omaly manoloana ny fampiharana ny lalàna eto Madagasikara fa “amin’izao fotoana vao mandeha arak any tokony ho izy ny fampiharana izany”. Isan’ny antony nahatonga ny Sendikan’ny mpitsara eto Madagasikara nampiaka-peo mafy ny fisian’ireo sarangan’olona sasantsasany niseho ambonin’ny lalàna. Tao antin’ny fitondrana nifandimby teo aloha, nisongadina ny fisina’ny Tsimatimanota. Iray volana monja nandraisan’ny Filoha Andry Rajoelina ny fahefana, nisy fandraisana andraikitra lehibe ka tomponandraikitra ambony maro no nidoboka am-ponja. Ireto farany izay voakajy teo anatin’ny antsoina hoe “trondro vaventy”. “Teo aloha dia natao ho an’ny Sarambabem-bahoaka fotsiny ny lalàna fa tsy natao ho an’ny mpitondra fanjakana”, hoy izy nanohy. Notsindiany fa “izahay tao amin’ny Smm dia efa nilaza foana fa maro eny endriky ny tsy fitovian’ny fampiharan-dalàna. Saingy efa manomboka kosa izy ankehitriny”. Nomarihiny fa tys mahagaga loatra raha nisy mpitondra teo aloha ka rehefa niala tamin’ny fahefany izy vao enjehina. “Efa fahita eo amin’ny sehatra iraisam-pirenena ny tahaka izany? Isan’izany ohatra  ny Filoha Frantsay teo aloha, Nicolas Sarkozy, izay ea niala tamin’ny toerana maha Filoha azy izy vao nandeha ny fanadihadiana mahakasika ny famatsiam-bola nampiasainy nandritry ny fampielezan-keviny”, arak any fanazavana hatrany.

Mitovy avoaka.

Nodisoan’ity Mpitsara ity koa ny feo mandeha fa valifaty politika no antony nampidirina am-ponja ireo olobe nidoboka am-ponja tao ho ao. Tokony havahina tsara hoy izy ny mpanao politika manao fandikan-dalàna? Sy ny mpanao politika manao fandikan-dalàna politika. Voizin’ny sasany hatrany eto amintsika fa fanaovana valifaty politika rehefa “olomalaza na lehibe no ampiharana ny lalàna”. Zaza-baobao ho antsika eto Madagasikara ny maheno “tomponandraikitra ambony na olo-malaza voasambotra. Fampiharana ny lalàna tena izy anefa izany ka ny irariana dia enga anie mba hitohy”, arak any voalaza hatrany. Heverin’ity mpitsara ity fa antoka irey lehibe hanafoana ny fandrobana ny harem-pirenena ny fampiharana ny lalàna amin’ny olona rehetra. Amin’izao fotoana izao vao mahita ireo vahoaka fa “mitovy ny rehetra eo anatrehan’ny lalàna”. Niaky tamim-pahatsorana izy fa mahafo ny ady amin’ny tsimatimanota ataon’ny Fitondrana Andy Rajoelina. Omaly moa no niatrika ny fifidianana izay ho Filoha vaovao hitarika ny Sendikan’ny mpitsara eto Madagasikara ireo mpitsara mivondrona ao antin’ny SMM. Nanomboka tamin’ny sivy maraina ny fisokafan’ny toerana nandatsaham-bato. Hatramin’ny ora nanoratanay dia tsy mbola nivoaka ny voka-pifidianana.

H.R.

Les mesures privatives de liberté individuelle à Madagascar par RANESA Firiana

« Une liberté s’arrête là où commence celle des autres ». Ainsi, la liberté absolue n’existe pas, pour une raison ou une autre, chaque individu peut être privé de sa liberté,. Toutefois, cette privation ne devrait intervenir que dans le respect du cadre légal en vigueur, notamment des mesures de police.

La Police administrative qu’on considère comme l’ensemble des moyens juridiques et matériels ayant pour but d’assurer le  maintien de la tranquillité, de la sécurité et de la salubrité publique, intervient dans le cadre de la recherche générale de l’ordre public dans le quotidien des citoyens.

Par contre, la Police judiciaire dont les fonctionnaires de la Police nationale, de la Gendarmerie et certaines personnes nommément désignées, a pour mission de découvrir les infractions, d’en rechercher les auteurs, d’en établir les preuves et de les confier aux tribunaux.

La Police judiciaire agit donc en application des règles de procédure pénale, pour l’application ultime du droit pénal, alors que la Police administrative n’est encadrée, dans le champ potentiellement vaste de ses interventions, que par le droit administratif. Quoi qu’il en soi une mesure de police appliquée à son encontre porte toujours atteinte à l’exercice d’un ou de plusieurs libertés individuelles. Les exercices des libertés individuelles sont protégés et garantis par la Constitution. Il en est de la liberté de pensée, le droit d’aller et venir, le droit de propriété, le droit à la vie, etc. Alors, si l’on prive une personne de sa liberté, dans quels cadres cela peut se passer?

Les mesures de police judiciaire

Relèvent de la Police judiciaire les actes et opérations qui sont destinés à réaliser la répression d’une infraction déterminée. Une infraction déterminée n’est pas forcément déjà commise, il peut s’agir d’infractions sur le point d’être commises. Seule suffit la possibilité de commission de l’infraction et l’intention de la commettre. Si le comportement d’un individu est de nature à laisser croire qu’il va commettre un délit ou un crime, les opérations de contrôle d’identité, de poursuite et d’arrestation relèvent de la Police judiciaire .

Devant cette situation, les mesures de police judiciaire qui vont forcément restreindre l’exercice de certaines libertés individuelles peuvent être :

  • L’arrestation
  • La garde à vue
  • La mise  sous  mandat  de dépôt  ou  le  placement en détention provisoire
  • Les condamnations à des peines d’emprisonnement
  • L’interdiction de séjour
  • L’interdiction de sortie du territoire

L’arrestation est le fait d’appréhender une personne, en ayant recours à la force si besoin est. en vue de sa comparution devant une autorité judiciaire ou administrative, ou à des fins d’incarcération. Hors le cas de flagrance, l’arrestation exige un mandat émanant des autorités judiciaires compétentes.

La garde à vue est la mesure contraignante par laquelle «l’officier de police judiciaire peut, pour les nécessités de l’enquête, garder à sa disposition toute personne à l’encontre de la­ quelle il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu’elle a commis ou tenté de commettre une infraction».

Le mandat de dépôt est un acte juridique défini comme un ordre donné au chef d’un établissement pénitentiaire par un magistrat du Parquet ou par un juge d’instruction, ou par une juridiction pénale de jugement des crimes ou des délits, de recevoir et détenir, selon le cas, une personne condamnée à la prison ferme ou mise en examen et placée en détention provisoire.

La cause la plus habituelle de privation de liberté réside dans les condamnations à des peines d’emprisonnement après un jugement rendu par un Tribunal compétent.

Pour le cas de l’interdiction de séjour ou de l’interdiction de sortie du territoire qui sont des mesures restreignant l’exercice de la liberté d’aller et venir, la décision pourrait venir, selon le cas, soit d’une autorité judiciaire, soit d’une autorité administrative.

Les mesures de police administrative

Les mesures de police administrative sont susceptibles de revêtir deux formes : elles pourraient être réglementaires ou individuelles.

Les mesures réglementaires de police

La réglementation de police n’est pas uniforme, elle a un contenu plus ou moins contraignant. La forme la plus sévère est l’interdiction générale de l’exercice de certaines libertés individuelles. Dans ce cas, l’autorité compétente doit se conformer à la loi, à condition cependant qu’il ne s’agisse pas de l’interdiction d’une liberté constitutionnelle. Une situation d’interdiction est exceptionnelle.

L’établissement  d’un couvre-feu qui porte, par exemple, atteinte au droit d’aller et venir et à la liberté de circulation.

Les mesures individuelles de police

N’étant en général que l’application à des cas particuliers de prescriptions générales édictées par voie réglementaire, les me­ sures individuelles de police ne soulèvent, en principe, pas de difficultés .Toutefois, dans le cas où la décision a été édictée contre une grande personnalité, il se peut que certaines difficultés soient rencontrées lors de son application. L’interdiction de séjour, l’interdiction d’entrer sur le territoire national, le refus d’une demande d’autorisation constituent des mesures Individuelles de police.

Arrestations musclées : Aucune loi sur le recouvrement des avoirs illicites – La gazette de la grande île du 15 février 2019

Deux jours de suite et avec la magie d’Internet, on a assisté à des arrestations dans la rue, dignes des films d’action que l’on voit surtout à la télévision.  Le décor est planté : des voitures luxueuses qui coûtent cher, des hommes armés qui mettent à terre la personne à arrêter ou qui cassent des vitres,  des personnes apparemment connues pour être dans ce trafic de bois de rose dont on entend parler depuis 2009. Si les parlementaires avaient fait correctement leur travail et s’ils avaient un tant soit peu le sens même de l’intérêt général,  ils auraient voté la loi sur le recouvrement des avoirs illicites et ces récentes arrestations auraient eu un sens. Car, que valent les arrestations ou les mises en détention préventive de tous ces barons des bois de rose ou de ceux qui ont fait des détournements de deniers publics ? Si ces personnes se retrouvent en prison, mais qu’il n’y a aucun texte pour recouvrer les avoirs illicites, cela ne sert strictement à rien si ce n’est pour offrir un spectacle ou un film en direct à la population sans que les avoirs illicites ne puissent être recouvrés et servir à arranger des infrastructures, servir l’intérêt général…

Ne serait-ce que pour ça,  les parlementaires de la dernière législature ont eu des attitudes condamnables. Ça fait une belle jambe au pays et ça s’apparente plus à des règlements de compte puisque rien, aucun texte ne permet de récupérer tout l’argent que ces personnes se seraient faite de manière illicite.  Et puis, ces arrestations spectacles se révèlent être des “flops” après. Où en est aujourd’hui dame Claudine ? Est-elle toujours à Manjakandriana? Le Bianco a parlé de plusieurs dossiers, le PAC a été  mis en place et maintenant que sait-on d’elle, des marchés fictifs,  des sanctions ? Les arrestations d’Eddy bois de rose et de Mbola Rajaonah vont prendre la même direction. On entendra qu’ils sont en prison ou probablement qu’ils iront en prison, et un jour on ne saura même plus où ils sont et le quotidien de chacun continue, mais surtout tous les avoirs illicites ne pourront jamais être récupérés par l’Etat. En tout cas, si le but est de faire des coups de communication, c’est réussi : des arrestations musclées, en plein jour, avec des gens qui filment et qui balancent en direct sur les réseaux sociaux, et les badauds qui regardent le film en direct sans peur de recevoir des balles perdues, mais heureux de pouvoir raconter le film qu’ils ont vu en direct ! Malheureusement, il s’agit de gros sous, il s’agit de ressources naturelles, il s’agit de deniers publics… et malheureusement, les députés qui auraient pu faire quelque chose pour  le pays n’avaient rien fait à l’époque et avaient fait la politique de la chaise vide à plusieurs reprises quand il fallait discuter du projet de loi sur le recouvrement des avoirs illicites.

Réalisent-ils au moins aujourd’hui leur responsabilité face à l’histoire? Mettre ces personnes en prison est tellement subsidiaire par rapport aux avoirs illicites que l’Etat aurait pu recouvrer ! Espérons que les prochains représentants du peuple ne feront pas de cirque à Tsimbazaza et que la population élira des représentants qui sauront regarder au-delà de leurs petits intérêts personnels et qu’ils décortiqueront chaque article des projets de loi qui leur sont soumis tout en ayant l’initiative de propositions de lois.

D.R.

Arrestation des trafiquants – A quand le tour des mafias de la tortue ? La gazette de la grande île du 15 février 2019

Le nouveau régime entame en ce moment un véritable ratissage pour faire cesser le trafic des richesses naturelles qui a pris de l’ampleur dans le pays ces dernières années. Cela a tout de suite porté ses fruits avec l’arrestation de deux grands opérateurs qui seraient tous mouillés dans des affaires de bois de rose. Croyant pouvoir continuer à s’abriter derrière des hauts politiciens de l’ancien régime Rajaonarimam-

pianina, ces trafiquants étaient encore en liberté jusqu’à l’heure de ces arrestations. Mais les bois précieux ne sont pas les seules richesses naturelles qui ont été dilapidées durant le régime  Rajaonarimampianina. Le trafic de tortue a également pris de l’ampleur sans qu’il soit éradiqué jusqu’à ce jour. De nombreux trafiquants ont déjà été appréhendés à l’aéroport d’Ivato avec des centaines de tortues dans leurs valises. Mais ce ne sont toujours que des petits passeurs qui se font arrêter. Les grands cerveaux du trafic ne sont jamais inquiétés bien que des noms aient déjà été cités dans ces affaires. Tout le monde s’attend à ce que les mafias de la tortue figurent dans la liste de ceux qui vont être arrêtés dans les prochains jours. Mais la question du recouvrement des avoir illicites obtenu par le biais de ces trafics est également une autre problématique. Les mafias ont déjà bâti tout un empire dans toute l’île voire même à l’étranger avec ces trafics de richesses naturelles qu’ils ont entrepris depuis des années. Le gouvernement doit aussi s’atteler à la récupération de ces biens pour les utiliser à des fins d’intérêt général.

M.R

CHRONIQUE DE N. RAZAFILAHY / Justice impartiale ou procès de lampistes ? – La gazette de la grande île du 15 février 2019

N’en déplaise aux fanatiques des objections systématiques, pour ce qui concerne les dossiers explosifs actuels faisant la Une de tous les médias, il est hors de question de voir derrière ces arrestations spectaculaires de simples opérations médiatiques. Trop c’est trop quant à ce déficit d’intégrité au sein d’un système judiciaire pourtant condamné à convaincre la population de la réalité du principe «zéro tolérance» devenu un véritable vœux pieux avant l’arrivée du ministre de la Justice Jacques Randrianasolo. Le nouveau locataire de Faravohitra avait clairement affirmé : «Le culte de l’impunité n’est plus tolérable.» Pour joindre le geste à la parole, il ajoute devant les médias «Vous avez pu constater récemment le dossier Hugues Ratsiferana ou encore celui de Mbola Rajaonah et je peux vous garantir que dans ce genre de dossier il n’y aura pas d’impunité.(…)». Le moment est donc venu pour toutes personnes lésées par les parti pris flagrants et combien humiliants de subir la honte d’être chassées d’une propriété immobilière qui appartenait de droit aux aïeux de leurs grands-parents. Combien de modestes familles furent jetés sans ménagements dehors et ont du vivre désormais pratiquement sur les trottoirs, parce qu’un richissime personnage leader de l’immobilier voulait qu’ainsi soit-il…

D’un bout à l’autre de l’île surtout que parce que «personne n’est censé ignorer la loi…», des milliers de plaignants avaient perdu des procès et débouté de manière scandaleuse parce que quelque part des fonctionnaires des services des Domaines ont permis à des juges de décider au détriment de ceux qui étaient pourtant dans leurs bons droits. Dans la plupart des cas, des dossiers falsifiés et montés de toutes pièces avec l’aval de quelques fonctionnaires véreux sensibles à la puissance de l’argent sale de la corruption ont préféré fournir des documents suffisamment convaincants pour que les décisions des Tribunaux ne tiennent plus compte que de la «vérité confectionnée et rien de la Vérité avec un grand V… ». Malgré toutes ces prétentions oratoires affirmées dans les discours officiels en ce qui concerne la protection des intérêts fonciers des propriétaires terriens et surtout des paysans cultivateurs des rizières, le monde rural a toujours été à la merci de ces facilitateurs sans scrupules qui se chargent de défendre les intérêts de fortunés envieux qui «sans droits ni titres » deviennent des exploitants en agro-alimentaires sur des hectares et des hectares de terrains ayant appartenus à des pauvres péquenots sans défense spoliés purement et simplement par ceux qui ont les bras suffisamment longs pour vivre dans l’injustice la plus totale et se complaire à la tête de plusieurs sociétés propriétaires de quartiers résidentiels.

Si les prestigieuses grandes sociétés d’investissements d’Anosy, d’Ambatovy, du littoral ouest de Tuléar (comme QMM, Tuléar Sands, Sherrit et même Tozzi Green) jusque dans les parages du pays Bara et d’Andavadoaka peuvent aujourd’hui de vanter de la réussite de leurs activités, personne ne semblent se souvenir que des droits à la propriété privée ont été foulé au pied et pratiquement ignoré. Osons espérer que l’actuel premier responsable du ministère de la Justice aura suffisamment de courage politique pour enrayer ce mal qui est la gangrène qui infecte toute l’administration de ce pays en général et les juridictions des tribunaux en particulier. Combien de fois des tueurs en puissance qui avaient osé tuer des militaires, des gendarmes et des policiers en service commandé pour appuyer la lutte des éleveurs contre les dahalos avaient réussi à narguer les veuves et les parents de ces pères de famille morts en héros. Comme si les arrogances de ces criminels ne suffisaient pas, quelques magistrats n’ont pas hésité à tendre la main pour encaisser des sommes de l’ordre de 10, 20 et 50 millions de francs au grand scandale de ceux qui ont procédé à l’arrestation des auteurs qui ont pourtant avoué leurs crimes. Les policiers du Commissariat de Police d’Ambalavao n’oublieront jamais la libération de celui qui avait tué un  sous-officier au cours d’une poursuite de voleurs de bœufs. Le père de ce dernier était suffisamment riche pour payé un magistrat du Parquet à Fianarantsoa(selon la vantardise de ce parent indigne) et le suspect a été remis en liberté malgré ses aveux, moyennant paiement d’une forte somme. Il ne s’agit pas là d’un cas exceptionnel, le problème est qu’avec les jeux du recours à la délivrance systématique de mandats de dépôt, des personnes présumées innocentes croupissent en prison (dans l’attente des versements  exigés)pendant que les présumés auteurs sont en liberté…Le plus scandaleux est de savoir que des trafiquants d’or réputés ne sont jamais inquiétés. Les fréquentes découvertes de lingots en contrebande à l’aéroport d’Ivato ont permis à la presse de publier que 2 tonnes d’or par an au moins sortent de manière illicite de Madagascar. «Des confidences ont ainsi laissé entendre que la famille K. serait le numéro un, et depuis toujours, des trafics du métal jaune de Madagascar. Cette famille a de ce fait recouru aux services de ses propres membres pour faire passer ces produits de trafic.» L’opinion retiendra toujours l’inexplicable très court séjour en prison de seulement à peine quelques heures de Rossanaly Molou, ce trafiquant d’or notoire ( grâce à Nicole qui ?). Ce genre de pratique détestable mérite d’être pris en considération par l’actuel ministre qui est convaincu de sa détermination à nettoyer l’écurie d’Augias en affirmant que «Je ne tolérerai aucun abus et les principaux concernés ne pourront plus que subir les sanctions y afférentes …» Autrement, il risque d’avoir l’air de ne s’en prendre qu’à ses propres compatriotes pendant que tous les Fatsouraly s’enrichissent avec les combines des surfacturations de livraisons de carburants pour la Jirama, les octrois illicites de marchés publics faramineux et pourquoi pas aussi des conditions obscures (douteuses) de la cession de la banque BNI. Pour s’en convaincre, il suffit de lire les publications de Médiapart de l’époque…Le candidat Orlando, ancien DG du Trésor s’en souvient sûrement. Sauf amnésie post-électorale totale…

Mbola Rajaonah incarcéré à Tsiafahy – Expressmada du 15 février 2019

Traduit devant le Pôle anti-corruption, hier, le transitaire a été ensuite placé sous mandat de dépôt à Tsiafahy. Il est accusé de blanchiment de capitaux et de fraude fiscale.

La maison de force de Tsiafahy. C’est là que Mbola Rajaonah, homme d’affaires, a été placé en détention préventive en attendant son jugement. Cette décision a été prise par le juge d’instruction du Pôle anti-corruption d’Antananarivo (PAC), hier, à l’issue d’une audition d’un peu plus de trois heures.

«Blanchiment d’argent et fraude fiscale», seraient les charges retenues contre le transitaire anciennement proche de l’ancien couple présidentiel. Arrêté à Antsahabe, mercredi, Mbola Rajaonah a été enquêté et gardé à vue à par la brigade criminelle d’Anosy. Il a, ensuite, été déféré au parquet du PAC, hier, aux alentours de 15 heures.

Il était près de 18 h 30, lorsque l’homme d’affaires est sorti des locaux du PAC, sis aux 67 ha, pour être directement placé en détention préventive à Tsiafahy. Le choix de la maison de force de Tsiafahy a suscité des questions.

Contacté, le parquet du Pôle anti-corruption explique qu’une personne peut y être placée en détention préventive s’il est accusé de «crime». La source ajoute que «le blanchiment de capitaux est un crime».

Nébuleuse

Selon le parquet du PAC, deux dossiers impliquant le transitaire ont été instruits, hier. D’autres vont encore faire l’objet d’une instruction, «mais nous n’avions eu le temps que d’examiner ces dossiers, aujourd’hui [hier]» indique la source. Joint au téléphone à l’issue de l’enquête au fond, maître Eric Rafidison, avocat de l’homme d’affaires, indique qu’en effet, deux dossiers concernant son client ont été instruits, hier.

À entendre les diverses explications sur la tourmente judiciaire de Mbola Rajaonah, toutefois, l’affaire semble nébuleuse. Le parquet du PAC affirme que cette entité judiciaire n’a pas déclenché la procédure d’arrestation du transitaire. Le Pôle est, toutefois, compétent pour «les infractions économiques et financières (…) qui sont d’une gravité ou complexité particulières», prévoit la loi l’instituant.

Selon maître Rafidison, deux dossiers attendaient l’enquête au fond de son client, hier. L’un d’entre eux serait une affaire de «chèque sans provision».

Celle-ci aurait été la raison de l’arrestation musclée de l’homme d’affaires sur le parking d’un grand magasin, à Antsahabe, jeudi. Le second dossier serait « l’affaire pour laquelle mon client a été convoqué à plusieurs reprises par le BIANCO [Bureau indépendant anti-corruption], à la fin de l’année dernière», ajoute l’avocat.

La tornade judiciaire au centre de laquelle se trouve le transitaire a démarré, en décembre. Le Bureau d’Ambohibao a décidé de convoquer, pour enquête, le transitaire et de procéder à des perquisitions à son domicile, à Ambohimahintsy, et à son bureau, à Antsahabe.

Une enquête sur des malversations douanières serait l’objet de cette démarche du Bureau anti-corruption. Une source avisée chuchote que d’autres dossiers impliquant l’homme d’affaires seraient, également, en cours d’investigation auprès du Bureau d’Ambohibao.

La source ajoute, par ailleurs, que «le BIANCO a sa manière de procéder, d’autant plus que le premier dossier concernant Mbola Rajaonah, traité par le BIANCO sera déféré devant le PAC, demain [aujourd’hui)». La convocation des personnes mises en cause dans ce dossier, dont le transitaire aurait déjà été envoyé« depuis quelques jours».

L’arrestation de l’homme d’affaires, mercredi, et son placement en détention préventive, hier, sont néanmoins, considérés, du côté d’Ambohibao, comme « un concours de circonstance positive qui permet de s’assurer que la mise en cause peut répondre devant la justice des actes qui lui sont imputés ». Dans cette affaire où le démarrage souffre, de prime abord, d’un vice de procédure, la certitude semble être que l’homme d’affaires soit happé par plusieurs dossiers d’infractions financières assortis de charges relativement graves.

Garry Fabrice Ranaivoson

Kidnapac – Trois conseillers de l’ancien président arrêtés et incarcérés à Tsiafahy en une semaine – Expressmada du 15 février 2019

Trois conseillers de l’ancien président Hery Rajaonarimampianina arrêtés et incarcérés à Tsiafahy en une semaine. Si ce n’est une vengeance politique, ça y ressemble fort. C’est d’autant plus frappant que le mode opératoire rappelle l’époque sombre de la Transition.

Un fort relent des méthodes des Forces d’intervention spéciales dont le retour a été, d’ailleurs, annoncé s’est émané à Ampasanimalo, Ivandry et Antsahabe. Des arrestations musclées contre des personnes presque inoffensives avec des effets spéciaux pour épater la galerie. La scène n’a rien à envier aux enlèvements d’Indiens perpétrés par les ravisseurs.

Celle de Mbola Rajaonah à Antsahabe a indigné l’opinion en général. Une arrestation sans mandat dont la paternité est reniée aussi bien par le parquet que par le Pôle anti-corruption et le Bianco. La police s’est contentée d’affirmer qu’il s’agit de l’exécution d’un ordre d’en haut. De qui justement ? Qui d’autres que le procureur ou les instances judiciaires peut procéder à une arrestation ? Difficile de croire, en tout cas, qu’il s’agit d’une pure coïncidence que trois conseillers de l’ancien président se fassent coffrer en une semaine. On ne sort pas d’un régime corrompu jusqu’aux os pour entrer dans un autre où l’arbitraire et l’État de droit sont synonymes, où la loi du plus fort sert de code pénal.

Personne n’est contre l’assainissement, tout le monde réclame la fin de l’impunité mais les mesures prises doivent aller dans le sens du droit sans discrimination ni préférence. Les réseaux sociaux ne doivent pas servir de juge pour décider du sort de quelqu’un. Il faut mettre la forme pour que les décisions ne prennent pas l’allure d’harcèlement politique.

A l’allure où vont les arrestations, d’autres conseillers vont y passer de façon implacable. C’est visiblement devenu la principale priorité même si elles n’ont pas figuré dans le projet IEM. Beaucoup de majors de l’ancien régime doivent trembler maintenant et perdre leur sommeil. Ils ont intérêt à éviter les parkings des sociétés de distribution pour éviter les mauvaises surprises. Ils ne sont certainement pas blancs comme neige, loin s’en faut, comme c’est également le cas de certains supporters du régime reconvertis à la dernière minute après avoir mangé dans le même plat que les soi-disant voleurs pendant cinq ans. On verra si les arrestations vont concerner tous ceux qui ont abusé la population ou si elles vont rester sélectives. De l’audace du pouvoir à loger tout le monde à la même enseigne dépendra la crédibilité de la lutte contre la corruption et le trafic. Autrement cela restera du tape à l’œil, des mesures superficielles qui ne pourront pas éradiquer le mal à sa racine. Ce ne sont pas les gros clients qui manquent. Il suffit de regarder dans une vieille liste remise au président par l’ancien Premier ministre Omer Beriziky.

Elle n’est pas encore frappée de péremption.

Fafafafao ny tokotanin’ny fonja fa ho avy ny olombe – Ino Vaovao du 15 février 2019

Tsy mahafaly akory sanatria ny mitanisa fisamborana sy fampidirina amponja ireo olon-dehibe vavàna sady nanao ny tsy nety teto amintsika. Somary nateti-piavy ary tokony hateti-piavy mihitsy izy ireny ato ho ato. Dia misy ireo mamadika izany tsy rony tsy ventiny eo ho resaka politika. Tsy misy tany hodiavin’ny tsimatimanota intsony mantsy manomboka ireo eto Madagasikara. Manomboka izy io, araka ny fampanantenana sy fandraisana fepetra nambaran’ny Filohan’ny Repoblika. Hampanajaina amin’izay ny lalàna rehetra, na inona mitranga ary na iza voakasik’izany. Hifarana hatreo ny kilavalava sy ny gaboraraka mbamin’ny mandeha ho azy nahazatra an-taonany maro.

Ny fandrasana sy ny fahitana ireny dia mahate hisioka mangina ny hiran-dry zalahy hoe “fafafafao ny tokotany”. Ary fafafafaina tokoa ny tokotanin’ny fonja izany manomboka izao fa hitsena vahiny goavana sy ngeza, araka ilay hadihadinay teto, omaly. Vao mainka aza mampihiratra ny maso ilay kabarin’ny Filohan’ny Repoblika hanangana fonja vaovao sy lehibe handefasana ny hitanana ireo jiolahy tena raindahiny sy mpanao heloka bevava. Heloka bevava ka izay tratra eo, maka saina aloha fa tsy hisy hovidin’ny volan-dry zareo intsony eto. Manam-petra ny herin’ny vola satria raha izay lelavola mivalombalona fotsiny no apetraka ambony milina, ohatra, tsy hisy asa ho vita raha tsy omen-kasina ny olombelona mampiasa izany. Rehefa tonga saina tsy handray izany vola araviravy izany ny olombelona, raha ho azy ny raharaha.

Dia hisy indray nyhanao hirahira isak’izay mahatsiaro fa fanenjehana izay tsy mitovy hevitra amin’ny mpitondra ireny fihetsika ireny. Efa fahavaratra isika izao tompokolahy sy tompokovavy fa tsy ririnina ka ampy izay ny hitsin-dalana sy ny fanarahana lala-masaka. Tsy ny fotoan’ny paiso an-kady intsony isika izao. Ary hisy koa ny hilaza ho gadra politika ireny raharaha ireny. Toy ireo efa nitranga tamin’ny fitondrana maro nifandimby, ampahany vitsy ny gadra politika. Mpanao politika nigadra no betsaka tompokolahy sy tompokovavy ka fafafafao ny tokotanin’ny fonja fa hitsena vahiny. Noho izany, tsy azo ekena ny fanomezana azy ireny famotsoran-keloka na amnistia. Tsy manan-jo hamela azy ireny ny Cfm na ny Filankevitra ho amin’ny fampihavanana Malagasy tarihin’I Zokibe Maka Alphonse. Noho izany, aleo hihatra amin’ny rehetra ny lalàna na inona nataony na iza na iza. Efa dingana iray mifameno amin’izany, ohatra, ny fiverenan’ireo polisin’ny polisy sy ny polisin’ny miaramila (PM). Ho “traingo” eo daholo amin’izay ireo mpanararao-pahefana sy tsy manara-dalàna na sivily na miaramila. Fafafafao ny tokotanin’ny fonja fa hitsena vahiny goavana.

Mbola Rajaonah écroué à Tsiafahy pour éloigner toute impugnité au nom de l’intérêt général – Les nouvelles du 15 février 2019

Après son arrestation à Antsahabe et sa garde à vue à la Brigade criminelle Anosy, l’opérateur économique Mbola Rajaonah a été transféré au Pôle anti-corruption (Pac) hier pour enquêtes et audition. Aussitôt l’audition et les enquêtes terminées, l’ancien conseiller spécial de l’ex-président a immédiatement été envoyé à la prison de Tsiafahy en attendant la suite du procès.

A noter que Mbola Rajaonah est suspecté de diverses affaires telles que l’émission de chèques sans provision, faux et usage et faux, corruption douanière et trafics de bois de rose. A rappeler que plusieurs rondins de bois de rose supposés lui appartenir, ont été appréhendés à Singapour, mais l’affaire semble avoir été classée sans suite. A cela s’ajoutent certains documents sensibles trouvés à son domicile à Ambohimahitsy et dans son bureau à Antsahavola lors de la double perquisition du Bianco. Autant de faits constatés mors du précédent mandat.

Son arrestation s’inscrit ainsi dans le cadre de l’assainissement entamé par le régime actuel. Claudine Razaimamonjy transférée à Antanimora, Eddy bois de rose et Mbola Tafaray appréhendés, on pourrait également s’attendre à de nouvelles arrestations dans les jours qui viennent. L’objectif du gouvernement étant d’éloigner toute impunité au nom de l’intérêt général.

Rakoto