Impunité zéro à Madagascar, Le nouveau Garde des Sceaux l’avait bien annoncé la fin des traitements de faveur – La vérité du 15 février 2019

De grosses têtes tombent, du moins commencent à tomber. De gros bonnets ou de gros poissons se font coincés dans le filet des limiers. Le temps de l’impunité est révolu. Finie l’époque où seuls les menus fretins payèrent les pots cassés.

Le Président de la République, Rajoelina Andry Nirina, lors de son discours d’investiture déclarait qu’il va mener une bataille sans merci et sans pitié contre la corruption, le pillage des richesses naturelles, souvent endémiques, toutes formes d’exactions frauduleuses, les détournements de deniers publics et le gaspillage du Trésor public, etc. Il déclenchera également la lutte intransigeante contre l’insécurité. Dans la foulée, notre jeune et courageux Chef d’Etat prendra aussi des mesures urgentes afin de soulager, à long terme, le malheur de son peuple. Et pour couronner le tout, Rajoelina  s’engagea  à éradiquer, dans tout le pays, toutes les formes d’impunité.

Le régime IEM tranche avec tous ses prédécesseurs  dans la mesure où il passe illico aux actes. Les promesses et les engagements pris retrouvent leur lettre de noblesse. Ainsi, des interpellations, parfois musclées, ont été opérées ces derniers temps touchant de près les proches collaborateurs de l’ancien Président Hery Rajaonarimampianina.

Hugues Ratsiferana, proche parmi les proches de l’ex locataire d’Iavoloha, se fit arrêter. Se prenant pour un « au-dessus de la loi », ce bras droit de Rajao et un habitué du Palais, s’était permis de « saccager » des matériels de bureau, à haute valeur ajoutée, pour les ramener à son domicile. Le nouveau régime ne badine point face à un tel méfait. Intercepté, il a été placé en détention provisoire. Traduit en justice, il sera fixé de son sort le 19 février 2019. Le juge refusa la demande de liberté provisoire formulée par ses avocats.

Eddy Maminirina, un gros poisson du trafic illicite de bois de rose, longtemps recherché par les autorités, s’est fait cueillir de façon spectaculaire à Ivandry. Un gros bonnet qui, sous la bénédiction de l’ancien régime HVM, circulait à l’air libre comme si de rien n’était. Autre temps, autres mœurs ! La cavale se termine et désormais il répondra de ses actes odieux.

Mbola Rajaonah, un autre proche de gros calibre de Rajao, un tandapa  osant défier le BIANCO sinon la Justice en général, fut arrêté dans les parages de son bureau à Antsahabe. Un multimilliardaire aux multiples facettes, en termes de délits. Du trafic de bois précieux aux actes frauduleux, en tout genre, en passant par la corruption avérée et les tentatives subversives menaçant la sureté intérieure de l’Etat. Bref, un homme dangereux et délétère portant atteinte aux intérêts supérieurs de la Nation. Seulement, il y en d’autres qu’il faut nécessairement appréhender afin qu’il n’y ait pas deux poids, deux mesures. Le nouveau Garde des Sceaux l’avait bien annoncé la fin des traitements de faveur. Personne n’est au-dessus de la loi !

L’affaire Claudine doit être tirée au clair. Et tous les complices, jusque- là inquiétés, doivent payer également.  De même, toutes les allégations d’accaparements  illégitimes des terrains des autres méritent des attentions particulières.

Impunité zéro. Un objectif noble et digne d’un régime qui se donne l’ambition d’apporter un vent nouveau au pays. L’IEM ne sera jamais atteint tant que le pays ne soit pas débarrassé totalement de ces vieilles et obsolètes  pratiques.

Ndrianaivo

Arrestation sans mandat judiciaire de Mbola Rajaonah – Expressmada du 14 février 2019

Le transitaire Mbola Rajaonah a été appréhendé, hier, à Antsahabe. La question sur le motif de l’arrestation et l’entité ayant délivrée l’ordre de poursuite est, pour l’heure, sans réponse.

Rocambolesque. Pour la seconde fois en deux jours, Antananarivo est le théâtre d’une arrestation digne des films d’action. La scène s’est déroulée à Antsahabe, sur le parking d’un supermarché du coin, vers 16 heures. Il s’agissait de l’arrestation de Mbola Rajaonah, homme d’affaire et proche de l’ancien couple présidentiel.
« Des hommes cagoulés et armés sont sortis d’un véhicule gris et ont demandé à mon client de sortir de la voiture. Craignant qu’il ne s’agisse d’une tentative de kidnapping, il a refusé de sortir. Les hommes lui ont, ensuite, indiqué qu’ils étaient de la police. Mon client leur a donc, demandé des pièces prouvant qu’ils sont bien de la police, sans quoi, il ne sortirait pas de sa voiture. Ils ont alors brisé la vitre de la voiture pour pouvoir l’appréhender », narre maître Eric Rafidison, avocat de l’homme d’affaires.
L’homme d’affaires a tout de suite été conduit dans les locaux de la brigade criminelle (BC), à Anosy, où il est en garde-à-vue. Toujours selon son avocat, il a fait l’objet d’une fouille au corps à son arrivée. Le véhicule à bord duquel il a été arrêté et sa sacoche auraient, également, été fouillés. « Ils n’ont rien trouvé d’illicite », affirme maître Rafidison.
Face à la presse, à sa sortie du bureau de la BC, hier, l’avocat a dénoncé « un abus de pouvoir », au motif que l’arrestation, la fouille et la garde-à-vue de son client auraient été faites sans que la police n’ait présenté de document judiciaire. « J’ai demandé à la police de me présenter l’acte motivant l’arrestation et les fouilles. On m’a juste répondu qu’il s’agissait de l’exécution d’un ordre venant d’en haut. (…) Trois heures après l’opération, nous ne connaissons pas encore le motif de l’opération », déclare maître Rafidison.

Ordre d’arrestation

L’avocat invoque le droit constitutionnel à la défense et soutient que les dispositions légales imposent que le motif d’une convocation ou d’une arrestation soit signifié à la personne mise en cause. Devant la presse, toujours, il a martelé l’illégalité de la procédure. Certaines voix indiquent, toutefois, que « l’ordre d’arrestation », aurait émané d’une autorité judiciaire. Le parquet du Tribunal de première instance d’Antanarivo (TPI), indique, pourtant, qu’il n’a émis aucun mandat d’arrêt contre l’homme d’affaires.
Mbola Rajaonah est mis en cause dans une enquête menée par le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco), depuis plusieurs mois. Des perquisitions ont déjà été faites par le Bianco à son domicile, à Ambohimahitsy, et son bureau, à Antsahabe, dans le cadre de cette enquête. Il s’agit d’une affaire concernant des malversations douanières. « Fausse déclaration en douane », serait la charge retenue contre l’homme d’affaires et qui aurait conduit à son arrestation, hier.
Le Bianco, cependant, affirme que « de prime abord, cette arrestation ne concerne pas le dossier que nous avons traité. Il a déjà été transmis au Pôle anti-corruption (PAC). Si cette arrestation concerne cette affaire, le PAC nous en aurait avisé », indique une source auprès du Bureau d’Ambohibao. Elle ajoute qu’« en principe », pour les affaires qui le concernent, tous les actes de police judiciaire, comme l’arrestation et la garde-à-vue sont du ressort du Bianco.
Des indiscrétions orientent vers le Pôle anti-corruption. Contacté, le parquet du PAC d’Antananarivo indique juste qu’il prendra en main le dossier, aujourd’hui. « Il s’agit de plusieurs affaires et non pas juste celle transmise par le Bianco », réplique la source contactée. Elle ne donne, toutefois, pas plus de précision sur l’entité qui a délivré le mandat d’arrêt exécuté, hier, ni les charges qui seraient retenues contre l’homme d’affaires.
En attendant, certains courants relient l’arrestation d’hier, avec l’affaire du navire Flying, intercepté au large d’Antalaha, en décembre, pour tentative d’exportation de bois rose. Pour ce genre de dossier, il y a, pourtant, la Chaîne spéciale de lutte contre le trafic de bois de rose et de bois d’ébène. C’est cette dernière qui a émis le mandat d’arrêt contre Eddy Maminirina, appréhendé par la police, à Ivandry, mardi.
Garry Fabrice Ranaivoson.

Amperin’asa ny birao fandraisana fitarainana ao Ambotsirohatra – Taratra du 14 fevrier 2019

Tsy an-kiandriandry. Efa mihodina sy am-perinasa amin’izao fotoana izao ilay birao natao handraisana ny fitarainana eny anivon’ny biraom-panjakana sy ny asam-panjakana ankapobeny. Nisokatra, ny zoma teo, izany birao manokana mandray izany. Voalaza fa efa misy ireo miandraikitra ny fandraisana ny fitarainana. Eo koa ireo miditra an-tsehatra amin’ny fanadihadiana amin’ireny olana na raharaha hoentin’ny olom-pirenena eo anivon’ity birao eny Ambohitsorohitra ity. Tsy vitan’izany fa manaraka akaiky izany ny filoha Rajoelina. Anisan’ny tena andrasana amin’ireny fitarainana ireny ny fomba fiasa sy ny fitantanana ny raharaham-panjakana. Efa nanitrikitrika rahateo ny Praiminisitra Ntsay Christian teny Androhibe, afakomaly, fa tsy maintsy hirosoana ny fanovana eo anivon’ny fitantananan- draharaham-panjakana. Na izany aza anefa, mbola banga ny filoha na ny lehibe hitarika ity birao ity.

Synèse R

Madagascar – Fonjan’ny ngeza – Inona no vaovao du 14 fevrier 2019

Ela ny ela fa nivadika amin’izay ny tantara. Hatramin’izay, ny nahafantaran’ny vahoaka ny atao hoe fonja dia toerana natao hitazomana ny madinika. Zary lasa vazivazy fihomehezana teny anivon’ny fiaraha-monina ny filazana fa ny mpangalatra akoho, ny mpangala-boankazo ihany no tafiditra am-ponja. Manomboka mivadika ny zava-misy ankehitriny, angamba ato ho ato, ho lasa Fonjan’ny ngeza ny toeram-pamonjana. Tao ho ao, maro ireo olona manana ny maha izy azy eto amin’ny Firenena no lasa nialokaloka any anaty sambo any. Isan’ireny Ingahy Pety Rakotoniana, izay nalaza tamin’ny sehatra politika sy ny fitolomana. Tena nahafantarana azy ny fanaovana vavabe etsy sy eroa. Mbola voatazona any am-ponja koa hatramin’izao ny Rain’Antananarivo, Mpanolosain’ny Filoha teo aloha miisa roa koa no tafahoana any am-ponja vokatry ny raharaha maloto mahavoasaringotra azy ireo. Fa ankoatra ireto mpanao politika ireto, manomboka tafiditra am-ponja koa ireo mpandraharaha voasokajy ho trondro vaventy. Fihovana taratra eto Madagasikara avokoa ireo, ary antenaina mba tsy hijanona amin’iny famonjana ny samy Mamlagasy fotsiny ihany. Malaza ratsy amin’ny raharaha hafahafa koa mantsy ireo teratany vahiny sasantsasany. Isan’ny tena hametrahan’izy ireo dian-tanana ohatra ny fibodoana tanin’olona amin’ny alalan’ny fanaovana hosoka ny fampiasa hosoka. Eo koa ny fandrobana ny harem-pirenena, toy ny volamena sy ny vato saro-bidy. Irariana mba hihitatra ho an’ireo vahiny zatry ny lalan-dririnina ny fonja eto Madagasikara ka tys hijanona ho fonjan’ny Malagasy fotsiny ihany. Irariana mba tsy ny fitomboan’ny harenan’ireo mpiray tanindrazana ihany no hametrahan’ireo sampandraharaha maro ahiahy fa indrindra koa an’ireo vahiny misari-monina eto amintsika. Mba ho fantatra amin’izay ohatra ireo karana sy sinoa tomoin’ny afindrafindrao eto an-tanana. Raha tanteraka izay, mandresy ny fahamarinana ary resy tosika ny herin-Ravola.

A Madagascar, le nouveau président arrête des proches de l’ancien président – Le monde du 14 février 2019

En moins d’une semaine, le régime d’Andry Rajoelina a neutralisé d’importantes figures faisant partie de l’entourage du chef de l’Etat sortant Hery Rajaonarimampianina.
Les arrestations dans l’entourage de l’ex-président Hery Rajaonarimampianina se succèdent à Antananarivo, à Madagascar. Après Hugues Ratsiferana, Mbola Rajaonah a été interpellé mercredi 13 février sur le parking d’un supermarché de la capitale malgache. Il a été placé en garde à vue dans les locaux de la brigade criminelle. Ancien conseiller du président sortant, M. Mbola est surtout connu pour ses activités d’homme d’affaires, en particulier dans le transit portuaire à travers sa société Tafaray. Il faisait l’objet d’une enquête du Bianco, le bureau indépendant anticorruption, depuis juillet 2017 pour des faits présumés de corruption.
Pourtant, une source proche du dossier affirme que l’institution n’est pas à l’origine de l’arrestation. Jointe par téléphone, la brigade criminelle, qui dépend du ministère de la sécurité publique, a refusé d’indiquer qui a délivré l’ordre d’interpellation ainsi que les motifs de la garde à vue. « La procédure est clairement abusive, s’indigne MeRafidison, l’avocat de Mbola Rajaonah. Ils n’ont montré aucun mandat d’arrêt, alors que mon client a subi une fouille au corps. C’est forcément une arrestation politique, sinon il y aurait des éléments concrets dans le dossier. »
« Excès de zèle »
Cette arrestation intervient également après celle, toute aussi musclée, d’Eddy Maminirina au centre commercial La City à Antananarivo, mardi 12 février, par des policiers d’élite de l’Unité d’intervention rapide (UIR). Cet opérateur de bois de rose, cité sur la liste des trafiquants de cette essence précieuse que l’ancien premier ministre Jean-Omer Beriziky avait remis à Hery Rajaonarimampianina en 2014, était en cavale depuis septembre 2017. L’homme était sous le coup d’un mandat d’arrêt émis par le tribunal spécial de lutte contre le trafic de bois précieux et d’un avis de recherche émis par le Bianco.
« Le régime actuel semble vouloir faire un excès de zèle en organisant des expéditions lourdement armées pour montrer qu’il “travaille”, mais justement contre les seuls barons de l’ancien régime, déplore Ketakandriana Rafitoson, la directrice exécutive de Transparency International. Le jour où il s’attaquera à ses propres “moutons noirs”, et ils sont nombreux, là nous pourrons vraiment apprécier l’objectivité de sa démarche et de ses intentions. Il faut rechercher une application uniforme de la loi. »
Ces arrestations semblent en tout cas indiquer que le nouveau président Andry Rajoelina a décidé de frapper fort dès le début de son mandat pour donner des gages de sa volonté de lutter contre la corruption. Dans une interview accordée au quotidien Les Nouvellesmercredi 13 février, le nouveau ministre de la justice, Jacques Randrianasolo, avait indiqué que les dossiers « Mbola Rajaonah et Hugues Ratsiferana ne connaîtraient aucune impunité ». M. Ratsiferana, dont le procès a eu lieu mercredi 12 février, attend, en prison, le verdict qui devrait être rendu le 19 février. Sa demande de liberté surveillée lui a été refusée.
Laure Verneau (Antananarivo, correspondance)

Nous allons intensifier le suivi et le contrôle du travail des magistrats dit le Ministre de la Justice, RANDRIANASOLO Jacques – Expressmada du 13 février 2013

Il y a toujours des mesures annoncées, mais qu’en est-il des sanctions?

On me connaît comme ayant été sans état d’âme lorsque  j’étais  directeur  de  l’inspection judiciaire. J’ai traduit plusieurs magistrats devant  le  conseil  de  discipline.  Nous  allons intensifier le suivi et le  contrôle  du travail  des  magistrats.  Un budget  est  même  prévu  pour cela. À l’heure où nous parlons, par exemple, quatre inspecteurs ont été envoyés à Ambatondrazaka, suite à des doléances. Celui qui en fait l’objet a  été  écarté  du  service concerné.  On ne peut plus accepter  les  laxismes  dans  le monde judiciaire.

Pourrait-on s’attendre à des sanctions judiciaires et non pas seulement disciplinaires ou administratives ?

Si des abus, des faits de corruption et des infractions sont constatés et prouvés, il y aura des poursuites pénales et des sanctions administratives. Peu de gens le savent, mais il y a des gens qui ont déjà été sanctionnés. Il y en a qui ont fait l’objet de poursuite pénale et condamné. S’adonner à la corruption, du reste, est une circonstance  aggravante  pour  le  magistrat  qui  connaît  la  loi  et  qui  la  transgresse délibérément. Je serais sans état d’âme sur ce sujet.

J’ai travaillé 42 ans au tribunal. Je connais tous les micmacs qui s’y déroulent dit le nouveau Ministre de la Justice, RANDRIANASOLO Jacques – Expressmada du 13 février 2019

Est-ce vraiment nécessaire?

J’ai travaillé 42 ans au tribunal. Je connais tous les micmacs qui s’y déroulent. Je compte, par ailleurs, mettre en œuvre  la numérisation du travail pour plus de transparence, de célérité et réduire le plus possible la manipulation humaine des dossiers. Même les badges d’accès seront, aussi, numérisés. Nous allons, par ailleurs, reprendre les programmes télévisés et radiophoniques où des magistrats vont expliquer les dispositions légales et les procédures à suivre afin d’informer la population.

Antananarivo sera un tribunal pilote avec la mise en place caméras de surveillance à l’intérieur et à l’extérieur du palais de justice – Expressmada du 13 février 2019

Le ton est donné. Tous comme ses prédécesseurs, la lutte contre la corruption est en première ligne des priorités des Jacques Randrianasolo, ministre de la Justice. Que ce soit pour les magistrats ou les justiciables, le garde des sceaux plaide pour une justice impartiale et sans étant d’âme dans l’application des lois.

L’Express de Madagascar. Votre prédécesseur a mis en œuvre un certain nombre de réformes. Allez-vous les continuer ou prévoyez-vous de changer de démarche?

Jacques Randrianasolo. Nous sommes dans un nouveau régime avec une nouvelle politique générale de l’État sur la base de laquelle nous allons cadrer le travail  au sein du  ministère.

Pourriez-vous nous dire quelles sont vos priorités?

La priorité des priorités est  la  lutte contre  la  corruption.  Ce fléau  fait  mal à  la  population  et fait partie de l’axe de l’Initiative pour l’émergence de Madagascar (IEM). J’ai lutté contre la corruption durant une bonne partie de  ma  carrière.  J’ai  suivi  plusieurs  formations internationales sur ce sujet. Premièrement, je compte placer des caméras de surveillance à l’intérieur et à l’extérieur du palais  de justice.  Même  les salles  d’audience  en seront  dotées pour surveiller la ponctualité des magistrats. La circulaire selon laquelle les  magistrats  ne peuvent pas recevoir des  gens  dans  leur  bureau  sera  renforcée.  Seuls  les  hauts responsables   en  ont   l’autorisation.

Ce sera dans tout Madagascar, ou juste à Antananarivo?

Nous allons commencer par Antananarivo. Nous allons en faire un tribunal pilote. L’accès au palais de justice, mais aussi, aux bureaux sera strictement règlementé. Les contrôles d’identité à l’entrée seront renforcés. Il y aura des services de sécurité spéciaux en uniforme pour lutter contre les rabatteurs car malheureusement, ceux qui sont déjà là sont de connivences avec les rabatteurs dont les actes entachent fortement l’image de la justice. Il y aura, également, des uniformes pour le personnel à l’accueil pour qu’il soit facilement reconnaissable et que les justiciables ne soient pas induits en erreur ou manipulés lorsqu’ils requerront des services au tribunal.

Est-ce vraiment nécessaire?

J’ai travaillé 42 ans au tribunal. Je connais tous les micmacs qui s’y déroulent. Je compte, par ailleurs, mettre en œuvre  la numérisation du travail pour plus de transparence, de célérité et réduire le plus possible la manipulation humaine des dossiers. Même les badges d’accès seront, aussi, numérisés. Nous allons, par ailleurs, reprendre les programmes télévisés et radiophoniques où des magistrats vont expliquer les dispositions légales et les procédures à suivre af1n d’informer la population.