Scandales à Nosy Be – Spoliation des terrains de la Sirama (5ème partie) – La gazette de la grande ile du 24 octobre 2018
Amnesty International : Ny mahantra no migadra eto Madagasikara – La gazette de la grande île du 24 octobre 2018
Le procès du trafic des tortues est ajourné à Tuléar car le juge et l’avocat de la défense sont des époux – Lexpressmada du 24 octobre 2018
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Rahararaha Sokatra tao Toliara – Mpivady ny mpitsara sy ny mpitsara – La vérité du 24 octobre 2018
Prisons 5 étoiles à Madagascar avec une centaine de morts en détention en 2017 – lexpressmada du 24 octobre 2018
Mpivady ny mpitsara sy ny solovava ny raharaha sokatra teo Toliary -Taratra du 24 octobre 2018
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Surpopulation carcérale et conditions de détentions inhumaines à Madagascar avec la systémisation du MD pour mieux racketée – Midi madagasikara du 24 octobre 2018
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A Madagascar, CYRIL, est maintenu en détention préventive depuis 27 ans à cause de la mauvaise tenue des registres de détention – Amnesty international rapport 2017
Lors de la visite de la MC d’Antanimora, l’équipe de recherche d’Amnesty International a rencontré Cyril, 55 ans , accusé d’homicide et maintenu en détention depuis 27 ans, mais toujours enregistré comme étant en détention préventive, d’après le registre de l’établissement. Les agents pénitentiaires le considéraient comme un détenu en attente de jugement, et il ignorait lui-même qu’il avait été jugé par contumace. Cyril a expliqué :« Une bonne tenue des registres est essentielle à la protection des droits des prisonniers, afin qu’ils puissent être localisés. » Philip Alston, rapporteur spécial des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires
Cyril a déclaré travailler pour d’autres détenus en leur faisant des massages, afin de pouvoir s’acheter un peu plus de nourriture et compléter la maigre diète de la prison. L’équipe de recherche d’Amnesty International a réussi à obtenir le Modèle 18 de l’établissement, qui contient des informations sur chaque détenu, et a confirmé qu’il figurait parmi les personnes maintenues en détention préventive. D’après ce tableau, son mandat de dépôt date de 1990, alors que sa durée de validité est limitée, conformément au Code de procédure pénale. Dans la colonne « Observations », il est inscrit qu’il a été jugé par contumace, car il s’était évadé lorsque le procès a eu lieu. Amnesty International a pu vérifier que Cyril a effectivement été jugé, en 1993. Or, à cause du manque de coordination entre les tribunaux et les établissements pénitentiaires, la maison centrale n’a jamais été informée de la tenue du procès de Cyril. Cette situation a eu des conséquences dévastatrices sur sa santé psychologique, étant donné qu’il attendait toujours son procès et qu’il ignorait tout de l’état d’avancement de son dossier, malgré son droit à un procès équitable. Avant le départ de l’équipe de recherche, Cyril a déclaré :« Je suis ici depuis 27 ans. J’ai été arrêté en septembre 1990. Tout ce dont je me souviens, c’est qu’aucun membre de ma famille n’est venu m’apporter à manger. En prison, on ne me donne que du manioc, en 27 ans j’ai beaucoup souffert […] J’ai déjà été entendu par le tribunal, mais je ne sais pas quand ma prochaine audience aura lieu. Je n’ai pas d’avocat, je n’en ai jamais vu […] Je ne savais pas que j’avais droit à un avocat. »
Malheureusement, cette situation n’a rien de surprenant. L’équipe de recherche d’Amnesty International a pu constater de première main comment les agents pénitentiaires enregistraient les dates des audiences et les communiquaient aux détenus. La conjonction du manque de ressources, notamment de registres où inscrire les faits, de la surcharge du personnel et de l’absence de coordination entre les différents services peut rendre le processus enclin aux erreurs, qui frappent deplein fouet les détenus en attente de jugement. Les registres sont un outil indispensable à la protection et au respect des droits humains des détenus. Conformément aux Règles Nelson Mandela, l’existence généralisée d’informations détaillées sur l’arrestation, le lieu de détention et le traitement des détenus, condamnés ou non, fournit une protection contre lesv iolations des droits humains. La tenue de registres précis et mis à jour est aussi essentielle pour détecter les détenus dont les mandats de dépôt ont expiré et les libérer. Le droit malgache prévoit qu’une fois l’ordonnance de prise de corps arrivée à expiration, le détenu en attente de jugement doit être immédiatement libéré, sinon sa détention est considérée comme arbitraire. Les directeurs d’établissement pénitentiaire jouent un rôle crucial dans la prévention des détentions arbitraires. Chaque mois, ils envoient au tribunal compétent une liste des détenus en attente de jugement dont la détention est sur le point d’atteindre la fin de la durée de validité légale. Les magistrats ont alors le choix entre prolonger leur détention en délivrant un nouveau mandat (lorsque la loi le permet) et ordonner leur libération. Les directeurs ont informé Amnesty International qu’il arrivait fréquemment que les magistrats ne donnent jamais de réponse, transférant ainsi au personnel de l’administration pénitentiaire la responsabilité de libérer les détenus concernés. Les principaux obstacles à la tenue de registres de détention précis et régulièrement mis à jour sont le manque de moyens financiers et matériels, l’obsolescence des systèmes d’enregistrement et la mauvaise coordination entre les établissements pénitentiaires et le pouvoir judiciaire. La législation malgache exige que les détails relatifs à chaque personne privée de liberté, qu’elle soit gardée à vue ou maintenue en détention préventive, soient inscrits dans un registre spécifique . Au cours de ses visites, Amnesty International a observé l’existence de tels registres dans les neuf établissements pénitentiaires. Cependant, en l’absence de systèmes électroniques d’enregistrement, toutes les informations nécessaires sont inscrites à la main, notamment les données à caractère personnel des détenus, la date de leur audience suivante, celle du mandat de dépôt, ainsi que celle, le cas échéant, de sa prorogation ou de l’arrêté de libération. Cette tâche est extrêmement longue et pénible pour les agents pénitentiaires, qui sont déjà surchargés. À la MC d’Antanimora, qui reçoit une vingtaine de nouveaux détenus chaque jour, le directeur a expliqué les conséquences du manque de moyens :« Tout ce que je souhaite, c’est sortir d’ici, aller à Antsirabe et chercher ma fille. Elle avait deux ans lorsque j’ai été arrêté.»
Toutes les données sur les détenus et les mises à jour de leurs dossiers contenues dans les registres ont été consignées à la main depuis 1956. De ce fait, des centaines de vieux registres s’entassent au fond des archives des établissements pénitentiaires. Dans la plupart des prisons qu’Amnesty International a visitées, ces salles étaient en si mauvais état — vitres cassées, basses températures, infiltrations sur les murs — que bon nombre de registres avaient commencé à se décomposer, parfois même à devenir la cible des rongeurs. La direction régionale responsable de la MC d’Antanimora a expliqué qu’il n’était pas rare que la décision du tribunal, communiquée sur papier, ne parvienne pas aux fonctionnaires des établissements pénitentiaires. Parfois également, les dossiers des détenus sont égarés lors de leur transfert d’une juridiction à une autre. Cyril est la preuve vivante qu’un registre mal tenu et une coordination déficiente entre le tribunal et les établissements pénitentiaires peuvent anéantir la vie et les espérances d’une personne. La triste réalité est qu’il n’est pas le seul.« Ici, nous avons 20 agents administratifs, mais nous n’avons pas assez de moyens. Nous n’avons que deux ordinateurs, donc ils doivent partager. Nous n’avons pas assez de cahiers pour le registre, alors maintenant nous utilisons les feuilles du tribunal pour écrire les renseignements. C’est vraiment dur pour le personnel, il souffre de stress et de problèmes psychologiques. »
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L’attractivité de Madagascar mise à mal par une insécurité persistante – Le monde du 23 octobre 2018
A la nuit tombée, Tana change de visage
« J’ai connu M. Laurin il y a trois mois, alors que nous visitions ensemble le port de Tamatave [Toamasina], qui avait des problèmes d’engorgement, se souvient Fredy Rajaonera, le président du Syndicat des industries de Madagascar. C’était un entrepreneur dynamique, très impliqué dans la société malgache. Hélas, le climat ambiant d’insécurité joue sur celui des affaires. Les ouvriers sont angoissés, ils rentrent tôt chez eux parce qu’ils ont peur qu’il leur arrive quelque chose. La productivité en pâtit. On se dit tous que ça pourrait nous arriver. » « Nous contribuons activement au développement de Madagascar par une participation fiscale non négligeable, mais ça ne peut pas continuer dans un environnement d’insécurité et d’instabilité, indiquait précédemment M. Rajaonera dans la presse locale. Il faut qu’on nous donne cet environnement de sécurité et de stabilité pour pouvoir booster l’économie. » Alors que le premier tour de l’élection présidentielle est prévu le 7 novembre, cet appel sera-t-il entendu par le prochain gouvernement ?Lire aussi : A Madagascar, coup d’envoi d’une campagne électorale marquée par le combat des « ex »
L’insécurité à Madagascar est persistante. Dans la capitale, dès que la nuit tombe, les rues se vident et « Tana » change de visage. De bruyante et embouteillée, la capitale devient presque fantomatique. Les rares lumières émanent des gargotes où l’on peut se restaurer. La ville est traversée par de longs escaliers assez étroits, qui font office de raccourcis entre les quartiers. Faute d’éclairage public, il est fortement déconseillé de se déplacerautrement qu’en taxi. Des agents de sécurité privée patrouillent dans le centre-ville et se proposent de ramener les riches couche-tard à leurs hôtels, qu’ils soient « vazaha » (étrangers) ou malgaches. « Moi, ma règle, c’est de ne jamais voyager de nuit, confie Stéphane, un touriste français. Je ne me suis jamais senti en danger à Madagascar, sauf la nuit. Surtout pendant les longs voyages en taxi-brousse. De toute façon, c’est la recommandation numéro un de tous les forums de voyage. »L’insécurité est l’affaire de tous. « Sur l’avenue de l’Indépendance, deux hommes ont coupé la lanière de mon sac alors que je portais mon fils dans les bras, raconte Zina, hôtelière. Heureusement, je n’avais pas beaucoup d’argent. »Une embuscade contre des footballeurs
Le 16 octobre au soir, l’équipe nationale de football, qui venait de se qualifierpour la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations 2019 en battant la Guinée équatoriale, est tombée dans une embuscade à proximité du stade de Vontovorona. Des étudiants de l’Ecole supérieure polytechnique avaient barré la route. Ils protestaient contre une coupure d’électricité qui durait depuis trois jours. Ils ont réclamé de l’argent aux joueurs et ont jeté des pierres sur leur véhicule.Lire aussi : Football : Madagascar disputera la CAN pour la première fois de son histoire
Dans un contexte de pauvreté extrême, les actes de banditisme peuvent aussi relever du ras-le-bol de la population. Ce que les footballeurs ont bien compris : sortis indemnes de cet événement, ils ont annoncé dans un communiqué qu’ils allaient, par solidarité, reverser l’intégralité de leurs primes de match contre la Guinée équatoriale aux étudiants. Sur les cinq dernières années, selon les statistiques de la gendarmerie nationale, 4 000 personnes ont été tuées à Madagascar, victimes du banditisme.