Procès affaire Houcine Arfa – Les têtes des commanditaires réclamées – Hebdo Madagascar matin du 25 mai 2018

L’annonce du verdict pour le 29 mai prochain à propos du procès marathon du 22 mai dernier sur l’évasion, mais également de la complicité d’évasion d’Houcine Arfa, ce mercenaire à la solde de la Présidence HVM, actuellement en cavale en France, ne cesse de nourrir le suspense total. Comme les fois précédentes, les 7 accusés dont 4 membres du personnel de l’administration pénitentiaire, ces boucs émissaires, dit-on, ont nié jusqu’au bout l’accusation, et ce, malgré leurs propres contradictions et notamment l’acharnement du juge pour tenter de les confondre avec des détails parfois pertinents … Pendant tout cela, personne n’a osé dénoncer ouvertement les commanditaires de la fuite du franco-algérien de la prison d’Antanimora, même si dans l’assistance, l’on murmure sans cesse des noms, des titres, de hautes personnalités, notamment ! Bien entendu, ces derniers ne seront-ils plus jamais inquiétés ? La date du 29 mai prochain nous réservera-t-il bien des surprises ? Nul ne le saura vraiment ! Ce qui est pourtant sûr, c’est que l’on ressent, à travers ces valses hésitations de la Justice pour trancher définitivement sur le sort des 7 incriminés. une certaine crainte de tomber dans le ridicule et qui va par la suite soulever des vagues pour une opinion ayant déjà pas mal de griefs envers les dirigeants du pays. Bien que certains d’entre eux se soient trempés jusqu’à la moelle dans l’affaire Houcine, la volonté chez “leurs amis” afin de les blanchir à tout prix aux yeux du monde, entrave le travail et l’indépendance de la Justice. Au moins, cela explique cette pression de toute sorte poussant la Justice, par ministère public interposé, à se retrancher voire s’attarder sur ces questions de vices de forme supposées, la conduisant à reporter plusieurs fois de suite la proclamation du verdict alors qu’Houcine, l’accusé principal, lui, doit se trouver confortablement au chaud dans appartement quelque part en France. Mais revenons à nos moutons. Le procès du 22 mai dernier a quand même permis d’enfoncer quelques clous malgré les propos souvent contradictoires entendus à la barre. Point par point, la présidente de la Cour, récemment désignée pour assumer le dossier, a su lever un coin de voile à propos du déroulement de la sortie d’Houcine de la prison d’Antanimora, sinon des parts de responsabilité de chacun concernant l’ordre médical en vue d’un contrôle de santé dans au moins trois hôpitaux de la Capitale. Ce document a donc vu départager les rôles ou autres responsabilités au niveau du personnel soignant, aussi bien que ceux de l’administration pénitentiaire. Cependant, la vraie question n’a jamais pu être éludée. Le médecin chef et l’infirmier major ont failli plusieurs fois se laisser prendre dans leurs versions. Mais c’était plutôt du côté d’un responsable du centre de détention d’Antanimora que l’ambiguité de la situation, n’a cessé d’être étalée au grand jour. Précisons toutefois que le chef d’établissement n’était appelé à la barre qu’en tant que simple témoin ! Mais son témoignage a révélé des choses. La présidente de la Cour n’a pas minimisé non plus certains points évoqués ultérieurement pour mettre particulièrement l’accent sur le soi-disant enlèvement d’Houcine, une fois qu’il a pu mettre les pieds hors de “Maputo”, le secteur réservé aux prisonniers politiques de la maison centrale et ou “ils” l’ont transféré avant qu’Houcine n’ait pu prendre définitivement le large, et cela grâce à de la complicité, bien sûr. Mais par qui ? Rien dans les propos du chauffeur du taxi, encore moins dans ceux des deux agents d’escorte, n’ont permis de vérifier que l’enlèvement avait bien lieu ou non. La longueur d’onde était loin d’être au diapason entre les trois accusés. Tous semblent s’emberlificoter de   plus en plus dans leurs explications. La balle est dans le camp du juge car il faut être vraiment courageux pour décréter sa sentence le 29 mai prochain. FR  

Houcine Arfa – les versions contradictoires maintenues – la vérité du 23 mai 2018

Qui a peur de qui ? Qui se méfie d’untel ? Ou bien qui cherche à enfoncer qui ? C’est ainsi qu’on peut résumer le procès marathon d’hier, la énième du genre, sur l’affaire concernant l’évasion du formateur  franco-algérien Houcine Arfa au Tribunal d’Anosy. Comme lors des précédentes audiences, les 7 accusés ont rejeté l’accusation de complicité pour évasion de l’étranger. Au bout de 7 tours d’horloge de débats vertigineux tant les versions des incriminés étaient contradictoires, le verdict sur ce procès totalement refait à la demande du ministère vers début mai dernier ne sera donc connu que le 29 mai prochain. De plus, la nouvelle présidente de la Cour qui a mené les débats, a rejeté les demandes de liberté provisoire formulées par les avocats, comme les fois précédentes d’ailleurs. Comme les fois précédentes donc, les débats, qui n’ont débuté qu’au cours de l’après-midi pour se prolonger jusque très tard dans la soirée, étaient marqués par trop de contradictions. A entendre chaque accusé, on est tenté de croire à une part de vérité. Mais rapidement, ils se laissent trop souvent piéger par leurs propres arguments de défense. Même les propos de deux membres du personnel soignant de la prison d’Antanimora impliqués, à savoir le médecin et l’infirmier major, semblaient loin de tenir la route lorsque le juge les questionna tour à tour à propos de leur responsabilité à propos de l’ordre médical autorisant la sortie de prison, puis le transfert d’Houcine Arfa d’un centre de soins à l’autre pour son soi-disant contrôle médical. Idem pour les agents pénitentiaires, qui ont affirmé avoir été victimes des agissements des ravisseurs de l’étranger à Ambandrianomby. De son côté, le chauffeur de taxi ne cessait également de se contredire en affirmant avoir vu  l’enlèvement d’Houcine avant de se rétracter. On ne se retrouve pas non plus lorsque que le chef de la prison d’Antanimora, qui n’est pourtant pas impliqué dans l’affaire, a annoncé initialement qu’il n’était pas au courant de l’évasion. Or, le juge l’a confondu en révélant ses propos avec un autre responsable du centre de détention d’Antanimora, disant qu’il a bel et bien interrogé son collègue si Houcine est déjà arrivé au point convenu pour son départ ou non. Le greffier en cause cherchait à se blanchir avec cette question de chèvre pour justifier ses nombreux appels téléphoniques. Mais revenons sur ces questions de vice de procédure maintes fois évoquées. Hier encore, un autre problème était apparu et la tenue de l’audience a failli  être compromise ; le juge a besoin de l’ordre d’extraction cellulaire d’un prévenu incarcéré à Miarinarivo. « Ces gens sont tellement pitoyables. Nous autres avocats, nous avons envisagé de plaider pour une audience spéciale face à cette  situation. Mais nous avons jugé que les prévenus et leurs familles souffrent trop de cette longue attente sans fin. Nous avons donc demandé au juge de plaider l’audience ce jour », explique Me Willy Razafinjatovo, alias Olala. Franck Roland

Madagascar : agents pénitentiaires – verdict le 29 mai 2018

Après un premier report, le procès des cinq agents pénitentiaires accusés de complicité dans l’évasion du détenu Houcine Arfa s’est déroulé hier à Anosy jusque tard dans la soirée. Néanmoins, le tribunal n’a pas encore prononcé son verdict. L’affaire a été mise en délibéré au 29 mai prochain. L’avocat de la défense, Me Willy Razafinjatovo dit Olala, a expliqué que le ministère public aurait demandé à ce que le verdict soit prononcé plus tard. Cependant, l’on sait que les cinq agents pénitentiaires n’ont pas bénéficié délibéré provisoire malgré la requête de leur avocat. Malgré cela, la grève du Syndicat des agents pénitentiaires reste suspendue et le président du syndicat, Pierrot Razafindranamana, joint au téléphone hier, a indiqué vouloir s’en remettre à la sagesse des juges en charge de l’affaire. Les accusés attendront ainsi le verdict en détention. D’après les informations reçues, certains détenus seraient incarcérés à Miarinarivo, tandis que d’autres sont placés à Antanimora. T.N

Pas de liberté provisoire pour les suspects dans l’affaire d’évasion de Houcine Arfa – Madagascar Tribune du 23 mai 2018

Le procès des personnes qui seraient impliquées dans l’évasion rocambolesque de Houcine Arfa a été reporté mardi à Anosy. Parmi ces suspects, un éducateur spécialisé de l’administration pénitentiaire et le chauffeur de taxi qui aurait conduit le prisonnier au moment de son évasion. Si le délibéré dans cette affaire a déjà été attendu le 9 mai dernier, après deux reports, il est de nouveau reporté à la grande surprise de l’avocat des suspects. Si cette affaire aurait dû être traitée en premier lieu dans la salle N°2, elle a dû attendre, parce que les paperasses qui devraient permettre au chauffeur, détenu à Miarinarivo, de se rendre au tribunal d’Antananarivo n’auraient pas été signées. Malgré cette longue attente et les nombreux reports de cette délibération, les juges vont encore attendre jusqu’au 29 mai prochain pour rendre leur verdict après que le ministère public ait demandé l’ouverture d’un nouveau débat dans le cadre de ce procès en appel. Maître Willy Razafinjatovo, l’un des avocats des suspects, regrette que cette affaire soit confuse et n’a pas manqué d’exprimer son étonnement par rapport à cette situation. « C’est la première fois que j’ai entendu que le ministère public demande un nouveau débat alors que nous avons déjà plaidé sur cette affaire, d’autant plus que ne savons pas encore jusqu’ici les véritables raisons de ce report, bien que nous faisons partie de la défense », a-t-il indiqué. Pour cet avocat, cette affaire comporte trop de « magies », de « miracles » et que « les procédures ne sont plus claires ». Face à ce nouvel report de l’affaire, les avocats des suspects ont demandé la liberté provisoire de leurs clients, mais cette demande a été rejetée.

Madagascar – Les « citoyens responsables » sortent de leur silence – Madagascar tribune du 22 mai 2018

« Assez des partages de sièges, non à une nouvelle transition, marre des crises récurrentes et besoin de solution pour un vrai changement » : c’est en quelques mots la déclaration faite par un nouveau groupement constitué d’artistes, de syndicalistes, d’organisations de la société civile et de chefs d’entreprise face à la situation actuelle qui prévaut dans le pays. Fanirisoa Ernaivo, magistrat, présidente du Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM), Rabarilala, pilote et membre du syndicat des employés d’Air Madagascar, Mamitiana Razafimandimby, producteur de cinéma et directeur général de Scoop Digital, Francis Razafiarison alias Francis Turbo, artiste, et Ndranto Razakamarina, président du conseil d’administration de l’Alliance Voahary Gasy (AVG), des personnalités bien connues ont rencontré la presse le week-end dernier pour exprimer leur « sentiment » et « position » par rapport à la situation politique actuelle à Madagascar. Contrairement aux autres entités et groupements qui se sont prononcés en faveur ou contre la chute du régime actuel, condamnant ou non la manifestation sur la place du 13 mai, ils ont lancé un appel à l’endroit des citoyens responsables, à la prise de responsabilité de chaque citoyen pour lutter contre la corruption, un fléau qui engendre l’insécurité et la dilapidation de la richesse nationale et donc à l’origine de la pauvreté à Madagascar. Ouvertement, ils ont déclaré que la population est lasse des politiciens. « Le patriotisme et les valeurs malgaches sont garants de la paix et du développement », reconnaissent-ils. Rado Rabarilala de lancer qu’il faut profiter de la crise actuelle pour vraiment mettre en place « une base solide » permettant aux futurs dirigeants de bien diriger en toute stabilité le pays et non revenir à une crise politique cyclique. Sans cette base dont les conférenciers se gardent bien de révéler la structure, il n’y aurait pas de stabilité et de développement. « Nous n’allons pas rester les bras croisés face à la situation actuelle », déclare Fanirisoa Ernaivo, sans entrer toutefois dans le détail du projet de ce groupement de citoyens « responsables ». Francis Turbo de préciser par la suite que leur démarche ne vise pas à obtenir des places au sein du régime ou du prochain régime, mais de vraiment prendre la responsabilité qui correspond à chaque citoyen par rapport à la situation politique dans le pays. Il reste à savoir les « actions » que ce groupement va mener dans les prochains jours pour mettre en place cette « base solide » de la politique à Madagascar. L’essentiel est que les « citoyens responsables » issus de différents organismes, entrepreneurs, syndicalistes ou encore artistes, se réveillent. Faudrait-il toutefois rappeler que certains d’entre eux avaient déjà été vus sur le Parvis de l’hôtel de ville soutenant les députés de l’opposition ? Sur le Parvis de l’Hôtel de Ville, certains manifestants commencent à se lasser ; la manifestation commence à tourner au ridicule selon certains, notamment après le passage d’un « cortège funèbre » qui allait enterrer le régime HVM. D’autres dénoncent l’intransigeance des députés de l’opposition et les discours tenus par ces derniers. Cela fait effectivement un mois que le mouvement mené par les 73 députés de l’opposition dure et ne trouve pas d’issue. Les effets de la crise politique sur la vie de la nation et le quotidien des citoyens commencent à se faire ressentir. Le blocage de l’appareil administratif tant recherché par les députés commence à agacer et à peser sur les usagers des services publics.  

Madagascar – France – Recueil d’accords bilatéraux en matière d’entraide judiciaire et d’extradition

1. Convention concernant l’entraide judiciaire, la reconnaissance et l’exécution des décisions ainsi que l’extradition simplifiée entre le République française et la République malgache

  Article 1 – Les deux Etats instituent un échange régulier d’informations en matière d’organisation judiciaire, de législation et de jurisprudence. Article 2 – Les deux Etats s’efforcent d’harmoniser leurs législations commerciales respectives dans toute la mesure compatible avec les exigences pouvant résulter des circonstances particulières à chacun d’eux. Article 3 – Les transmissions de documents judiciaires relatives à l’exécution de la présente Convention et des annexes prévues à l’article 9 ci-après, sous réserve des autres dispositions qui y figurent, se font directement entre les Ministres de la Justice des deux Etats. Article 4 – Les tribunaux judiciaires de chaque Etat sont seuls compétents pour connaître  des contestations élevées à titre principal sur la question de savoir si une personne a la nationalité de cet Etat. Article 5 – Les ressortissants de chacun des deux Etats ne peuvent, sur le territoire de l’autre, se voir imposer ni caution ni dépôt sous quelque dénomination que ce soit à raison, soit de leur qualité d’étranger soit du défaut de domicile ou de résidence dans le pays. Article 6 – Les avocats inscrits aux barreaux de l’un des Etats peuvent être autorisés à assister ou représenter les parties devant toutes les juridictions de l’autre Etat dans  les mêmes conditions que les avocats inscrits aux barreaux de cet Etat, tant au cours des mesures d’instruction qu’a l’audience. La demande d’autorisation est adressée au bâtonnier de l’ordre des avocats de la juridiction compétente. Toutefois, en matière criminelle lorsqu’il s’agit de l’assistance ou de la représentation par un avocat ayant la nationalité de la personne assistée ou représentée,  les  avocats  inscrits  aux  barreaux  de  l’un  des  Etats  peuvent, sans autorisation, assister ou représenter les parties devant les juridictions de l’autre Etat, dans les mêmes conditions que les avocats inscrits aux barreaux de ce dernier. L’avocat qui use de la faculté d’assister ou de représenter les parties devant une juridiction de l’autre Etat doit, pour la réception de toute notification prévue par la loi, faire élection de domicile chez un avocat dudit Etat. Article 7 – Les ressortissants de chacun des deux Etats jouissent sur le territoire de l’autre du bénéfice de l’assistance judiciaire comme les nationaux eux-mêmes, pourvu qu’ils se conforment à la loi du pays où l’assistance est demandée. Les documents attestant l’insuffisance des ressources sont délivrés au requérant par les autorités de sa résidence habituelle, s’il réside sur le territoire de l’un des deux Etats. Ces documents sont délivrés par l’agent diplomatique ou consulaire du pays dont il est ressortissant, si l’intéressé réside dans un pays tiers. Des renseignements peuvent être pris auprès des autorités du pays dont le demandeur est ressortissant. Article 8 – Tout national de l’un des deux Etats condamné à une peine d’emprisonnement ou à une peine plus grave peut, à la demande de l’un ou l’autre Gouvernement, être remis aux autorités de l’Etat dont il est le national pour l’exécution de sa peine. Les frais de transfèrement sont à la charge de l’Etat demandeur. Article 9 – Les annexes fixent les règles applicables entre les deux Etats en ce qui concerne l’entraide judiciaire, la compétence judiciaire, la reconnaissance et l’exécution des décisions ainsi que l’extradition simplifiée.   Fait à Paris, le 4 juin 1973. Pour le Gouvernement de la République Française, le Secrétaire d’Etat auprès du Ministre des Affaires étrangères, Jean-François DENIAU Pour le Gouvernement de la République Malgache, le Ministre des Affaires étrangères, Capitaine de frégate Didier RATSIRAKA    

Annexe I Concernant l’entraide judiciaire

 

TITRE PREMIER – DE LA TRANSMISSION ET DE LA REMISE DES ACTES JUDICIAIRES EXTRAJUDICIAIRES

Section I – Des actes judiciaires et extrajudiciaires en matière civile, sociale, commerciale ou administrative

  Article 1 – Les actes judiciaires et extrajudiciaires en matière civile, sociale, commerciale ou administrative, destinés à des personnes résidant sur le territoire de l’un des deux Etats sont adressés directement par le Ministre de la Justice de l’Etat requérant au ministère de la Justice de l’Etat requis. Les dispositions du présent article n’excluent pas la faculté pour chacun des deux Etats de faire remettre directement par les soins de ses agents diplomatiques ou consulaires, les actes judiciaires et extrajudiciaires destinés à ses nationaux. En cas de conflit de législation, la nationalité du destinataire de I’acte est déterminée par la loi de l’Etat où la remise doit avoir lieu. Article 2 – Les actes judiciaires sont acheminés en double exemplaire. La demande d’acheminement est accompagnée d’une fiche signalétique à  remettre au destinataire et résumant les éléments essentiels de l’acte. Les mentions qui figurent sur cette fiche ont trait notamment à l’identité des parties, à la désignation de l’acte, à l’objet de l’instance, le cas échéant au montant du litige, à la date et au lieu de comparution ainsi qu’à l’indication des délais figurant dans l’acte. Article 3 – L’autorité requise se borne à faire effectuer par la voie qu’elle estime la plus opportune et, notamment celle de la poste, la remise de l’acte au destinataire qui l’accepte. Toutefois, l’autorité requérante peut demander à l’autorité requise de procéder ou de faire procéder à la notification ou à la signification de l’acte selon les formes de l’Etat requis. Il y est donné suite dans la mesure du possible. La preuve de la remise se fait soit au moyen d’un récépissé ou d’un accusé de réception daté et signé par le destinataire, soit au moyen d’une attestation ou d’un procès-verbal de l’autorité requise constatant le fait, le mode et la date de la remise. Le document est envoyé directement à l’autorité requérante avec l’une des copies de l’acte ayant fait l’objet de la remise. Si le destinataire refuse de recevoir l’acte, l’autorité requise renvoie immédiatement celui-ci à l’autorité requérante en indiquant le motif pour lequel la remise n’a pu avoir lieu. Article 4 – La remise ou la tentative de remise des actes judiciaires et extrajudiciaires ne donne lieu au remboursement d’aucuns frais. Le règlement des frais occasionnés par l’intervention d’un officier ministériel incombe à l’autorité qui en fait la demande. Article 5 – Les dispositions qui précèdent ne s’opposent pas, en matière civile, sociale ou commerciale, à la faculté pour les intéressés résidant sur le territoire de l’un des deux Etats, de faire procéder, sur le territoire de l’autre Etat et par les soins des agents compétents, à la signification ou à la remise d’actes aux personnes y demeurant. Article 6 – Si l’adresse du destinataire de l’acte est insuffisamment déterminée, l’autorité requérante précisera l’identité du destinataire pour permettre à l’autorité requise d’entreprendre des recherches.  

Section II – Des actes de procédure, des décisions judiciaires et de la comparution des témoins en matière pénale

 Article 7 – Les actes de procédure et les décisions judiciaires destinés à être notifiés aux personnes qui se trouvent sur le territoire de l’un des deux Etats sont adressés directement par le ministère de la Justice de l’Etat requérant au ministère de la Justice de l’Etat requis. Article 8 – L ‘Etat requis procède à la remise des actes de procédure et des décisions judiciaires qui lui sont envoyés à cette fin par l’Etat requérant. Cette remise peut être effectuée par simple transmission de l’acte ou de la décision au destinataire. Si l’Etat requérant le demande expressément, l’Etat requis effectue la remise dans une des formes prévues par sa législation pour les significations analogues. La preuve de la remise se fait au moyen d’un récépissé daté et signé par le destinataire ou d’une déclaration de l’autorité requise constatant le fait, la forme et la date de la remise. L’un ou l’autre de ces documents est immédiatement transmis à l’Etat requérant. Sur demande de ce dernier, l’Etat requis précise si la remise a été faite conformément à sa loi. Si la remise n’a pu se faire, l’Etat requis en fait connaître immédiatement le motif à l’Etat requérant. La citation à comparaitre destinée à une personne poursuivie doit être reçue par l’Etat requis au moins deux mois avant la date fixée pour la comparution de cette personne. Article 9 – L’exécution des demandes d’entraide visées aux articles 7 et 8 ci-dessus ne donne lieu au remboursement d’aucuns frais. Article 10 – Si dans une cause pénale, la comparution personnelle d’un témoin est nécessaire, l’Etat requis sur le territoire duquel réside le témoin l’engagera à se rendre à l’invitation qui lui sera faite. Dans ce cas, les indemnités de voyage et de séjour, calculées depuis la résidence du témoin, seront au moins égales à celles accordées d’après les tarifs et règlements en vigueur dans l’Etat ou l’audition devra avoir lieu ;  il lui sera fait, sur sa demande, par les soins des autorités consulaires de l’Etat requérant, l’avance de tout ou partie des frais de voyage. Aucun témoin qui, cité dans l’un des Etats, comparaitra volontairement devant  les juges de l’autre Etat, ne pourra y être poursuivi ou détenu pour des faits ou condamnation antérieurs à son départ du territoire de l’Etat requis. Cette immunité cessera trente jours après la date à laquelle la déposition aura pris fin et ou le retour du témoin aura été possible. Article 11 – Les demandes d’envoi de témoins détenus seront adressées au ministère de la Justice de l’autre Etat. II sera donné suite à la demande, à moins que des considérations particulières ne s’y opposent et sous la condition de renvoyer ces détenus dans un bref délai. Les frais occasionnés par ce transfèrement sont à la charge de l’Etat requérant. .

TITRE II DE LA TRANSMISSION ET DE L ‘EXECUTION DES COMMISSIONS ROGATOIRES

 

Section I – Des commissions rogatoires en matière civile, sociale, commerciale ou administrative

 Article 12 – Les commissions rogatoires sont exécutées par les autorités judiciaires. Elles  sont adressées conformément aux dispositions de l’article premier du titre premier ci-dessus Les dispositions du présent article n’excluent pas la faculté pour chacun des deux Etats de faire exécuter directement par ses agents diplomatiques ou consulaires les commissions rogatoires relatives à l’audition de ses nationaux en matière civile, sociale ou commerciale. En cas de conflit de législation, la nationalité de la personne dont l’audition est requise, est déterminée par la loi de l’Etat où la commission rogatoire doit être exécutée. Article 13 – Les personnes dont le témoignage est demandé sont invitées à comparaitre par simple avis administratif. Si elles refusent de déférer à cette invitation, l’autorité requise doit user des moyens de contrainte prévus par la loi de l’Etat où a lieu la comparution. Article 14 – Sur demande expresse de l’autorité requérante, l’autorité requise doit : 1° Exécuter la commission rogatoire selon une forme spéciale, si celle-ci n’est  pas contraire à la législation de l’Etat où a lieu l’exécution de cette commission ; 2° Informer en temps utile l’autorité requérante de la date et du lieu où il sera procédé à l’exécution de la commission rogatoire, afin que les parties intéressées puissent y assister, dans le cadre de la législation de l’Etat requis.  

Section II – Des commissions rogatoires en matière pénale

 Article 15 – Les commissions rogatoires en matière pénale sont adressées conformément aux dispositions de l’article 7. En cas d’urgence, elles peuvent être adressées directement par les autorités judiciaires de l’Etat requérant aux autorités judiciaires de l’Etat requis. Si l’autorité requise est incompétente, elle transmet d’office la commission rogatoire à l’autorité compétente et en informe immédiatement l’autorité requérante. Les commissions rogatoires sont renvoyées accompagnées des pièces relatives à leur exécution par la voie prévue à l’article 7. L’Etat requis fait exécuter, dans les formes prévues par sa législation, les commissions rogatoires relatives à une affaire pénale qui lui sont adressées par les autorités judiciaires de l’Etat requérant et qui ont pour objet, notamment, d’accomplir des actes d’instruction ou de communiquer des pièces à conviction, des dossiers ou des documents. L’Etat requis peut ne transmettre que des copies ou photocopies certifiées conformes des dossiers ou documents demandés. Toutefois, si l’Etat requérant demande expressément la communication des originaux, il est donné suite à cette demande dans toute la mesure du possible. Article 16 – Si l’Etat requérant le demande expressément, l’Etat requis l’informe en temps  utile de la date et du lieu d’exécution de la commission rogatoire. Les autorités et les personnes en cause peuvent assister à cette exécution si l’Etat requis y consent. Article 17 – L’Etat requis peut surseoir à la remise des objets, dossiers ou documents dont la communication est demandée, s’ils lui sont nécessaires pour une procédure pénale en cours. Les objets ainsi que les originaux des dossiers et documents qui ont été communiqués en exécution d’une commission rogatoire sont renvoyés aussitôt que possible par l’Etat requérant à l’Etat requis, à moins que celui-ci n’y renonce.

Section III – Dispositions communes

 Article 18 – L’exécution des commissions rogatoires ne donne lieu au remboursement d’aucuns frais, sauf en ce qui concerne les honoraires d’experts.  

TITRE III – DU CASIER JUDICIAIRE

Article 19 – Les deux Etats se donnent réciproquement avis des condamnations inscrites au casier judiciaire prononcées par les juridictions de l’un à l’encontre des nationaux de l’autre et des personnes nées sur le territoire de ce dernier . Article 20 – En cas de poursuite devant une juridiction de l’un des deux Etats, le parquet de ladite juridiction peut obtenir directement, des autorités compétentes de l’autre Etat un bulletin du casier judiciaire concernant la personne faisant l’objet de la poursuite. Hors le cas de poursuite, lorsque les autorités judiciaires ou administratives de l’un des deux Etats désirent se faire délivrer un bulletin du casier judiciaire tenu par l’autre, elles peuvent l’obtenir directement des autorités compétentes, dans les cas et les limites prévus par la législation de cet Etat.  

TITRE IV – DE LA DENONCIATION AUX FINS DE POURSUITES

Article 21  Toute dénonciation adressée par l’un des deux Etats en vue de poursuites devant les tribunaux de l’autre fait l’objet de communications entre ministères de la Justice. L’Etat requis fait connaître la suite donnée à cette dénonciation et transmet, s’il y a lieu, copie de la décision intervenue. TITRE V – DE L’ETAT CIVIL ET DE LA LEGISLATION Article 22 – Les deux Etats se remettent réciproquement, aux époques déterminées ci-après, une expédition ou un original des actes de l’état civil, notamment des actes de reconnaissance d’enfants naturels, des actes d’adoption, des actes de mariage, des actes de décès et des avis de légitimation dressés sur leur territoire ainsi que des extraits de jugements et arrêts rendus en matière de divorce, de séparation de corps, de filiation, d’état civil et d’interdiction judiciaire concernant les personnes nées sur le territoire de l’autre Etat. De même, les deux Etats se remettent réciproquement les extraits des jugements et arrêts rendus en matière de divorce et de séparation de corps concernant des personnes qui se sont mariées sur le territoire de l’autre Etat. Les expéditions et extraits desdits actes, avis, jugements et arrêts, dressés ou rendus pendant le trimestre écoulé, sont remis dans les trois mois. Au vu de ces expéditions et extraits, les mentions appropriées sont portées en marge des actes de naissance ou de mariage des intéressés à la diligence de l’Etat destinataire. En cas de mariage des deux personnes respectivement de nationalité française et malgache, les officiers d’état civil de l’Etat de résidence compétents adressent copie de l’acte de mariage au consul compétent de l’autre Etat. Article 23 – Les autorités françaises et les autorités malgaches compétentes délivrent, sans frais, des expéditions des actes de l’état civil dressés sur les territoires respectifs des deux Etats lorsque la demande en est faite dans un intérêt administratif dûment spécifié ou en faveur de leurs nationaux indigents. Elles délivrent également, sans frais, des expéditions des actes de l’état civil dressés sur les territoires respectifs des deux Etats lorsque ces actes concernent des nationaux d’un Etat tiers ou des apatrides et que ces expéditions sont demandées  dans un intérêt administratif dûment spécifié. Les actes de l’état civil dressés ou transcrits dans les missions diplomatiques et postes consulaires sont assimilés aux actes de l’état civil dressés sur les territoires respectifs des deux Etats. La délivrance d’une expédition d’un acte de l’état civil ne préjuge en rien la nationalité de l’intéressé au regard des deux Etats. Article 24 – Les demandes respectivement faites par les autorités françaises et par les autorités malgaches sont transmises aux autorités locales malgaches et aux autorités locales françaises par les missions diplomatiques ou les postes consulaires compétents. La demande spécifie sommairement le motif invoqué. Article 25 – Par acte de l’état civil, au sens des articles 23 et 24 ci-dessus, il faut entendre :
  • les actes de naissance ;
  • les actes de déclaration d’un enfant sans vie ;
  • les actes de reconnaissance des enfants naturels dressés par les officiers de l’état civil ou les officiers publics ;
  • les actes d’adoption ;
  • les avis de légitimation ;
  • les actes de mariage;
  • les actes de décès ;
  • les transcriptions des jugements ou arrêts de divorce et de séparation de corps ;
  • les transcriptions des ordonnances, jugements ou arrêts en matière d’état
Article 26 – Sont admis, sans légalisation, sur les territoires respectifs de la République Française et de la République Malgache les documents suivants établis par les autorités de chacun des deux Etats :
  • les expéditions des actes de l’état civil, tels qu’ils sont énumérés à l’article 25 ci- dessus ;
  • les expéditions des décisions, ordonnances, jugements, arrêts et autres actes judiciaires des tribunaux français et malgaches ;
  • les affidavits, déclarations écrites ou autres documents judiciaires enregistrés ou déposés dans ces tribunaux ;
  • les actes notariés ;
  • les actes authentifiés ;
  • les certificats de vie des rentiers Les documents énumérés ci-dessus doivent être revêtus de la signature et du sceau officiel de l’autorité ayant qualité pour les délivrer et, s’il s’agit d’expéditions, être certifiés conformes à l’original par ladite autorité. En tout état de cause, ils sont établis matériellement de manière à faire apparaître leur authenticité.

TITRE VI DISPOSITIONS COMMUNES

Article 27 – L ‘entraide judiciaire en matière civile, sociale, commerciale, pénale ou administrative peut être refusée si l’Etat requis estime que l’exécution de la demande est de nature à porter atteinte à sa souveraineté, à sa sécurité ou à son ordre public. L’entraide judiciaire en matière pénale est refusée si la demande se rapporte à des infractions considérées par l’Etat requis comme la violation d’obligations militaires.   Fait a Paris, le 4 juin 1973. Pour le Gouvernement de la République Française, le Secrétaire d’Etat auprès du Ministre des Affaires étrangère, Jean-François DENIAU Pour le Gouvernement de la République Malgache, le Ministre des Affaires étrangère, Capitaine de frégate Didier RATSIRAKA  

Annexe II – Concernant la compétence judiciaire, la reconnaissance et l’exécution des décisions

  Article 1 – Les règles par lesquelles la législation d’un des deux Etats déclare ses juridictions compétentes en raison uniquement de la nationalité du demandeur et sans autre titre de compétence, en ce qui concerne les contestations relatives à des obligations nées d’un contrat ou quasi-contrat ou d’un délit ou quasi-délit, ne sont pas applicables aux nationaux de l’autre Etat dans les cas suivants : 1° Lorsque le défendeur a son domicile ou sa résidence habituelle dans l’Etat  dont il est le national ; 2° Lorsque l’obligation doit être exécutée dans l’Etat dont le défendeur est le national. La présente disposition est appliquée d’office par les juridictions de chacun des deux Etats. Article 2 – En matière civile, sociale ou commerciale, les décisions contentieuses et gracieuses rendues par toutes juridictions siégeant sur le territoire de la République Française et sur le territoire de la République Malgache, sont reconnues de plein droit sur le territoire de l’autre Etat si elles réunissent les conditions suivantes :
  1. La décision émane d’une juridiction internationalement compétente au sens de l’article 11 de la présente annexe ; lors de l’appréciation de cette compétence, l’autorité requise est liée par les constatations de fait sur lesquelles cette juridiction a fondé sa compétence, à moins qu’il ne s’agisse d’une décision par défaut ;
  2. La décision ne peut plus, d’après la loi de l’Etat où elle a été rendue, faire l’objet d’un recours ordinaire ou d’un pourvoi en cassation ;
  3. Les parties ont été régulièrement citées, représentées ou déclarées défaillantes ;
  4. La décision ne contient rien de contraire à l’ordre public de l’Etat où elle est invoquée ;
  5. Un litige entre les mêmes parties, fondé sur les mêmes faits et ayant le même objet :
  • n’est pas pendant devant une juridiction de l’Etat requis, ou
  • n’a pas donné lieu à une décision rendue dans l’Etat requis, ou
  • n’a pas donné lieu à une décision rendue dans un autre Etat et réunissant les conditions nécessaires à sa reconnaissance dans l’Etat
La reconnaissance ou l’exécution ne peuvent être refusées pour la seule raison que la juridiction d’origine a appliqué une loi autre que celle qui aurait été applicable d’après les règles de droit international privé de l’Etat requis, sauf en ce qui concerne l’état ou la capacité des personnes. Dans ces derniers cas, la reconnaissance ou l’exécution ne peuvent être refusées, si l’application de la loi désignée par ces règles eût abouti au même résultat.   Article 3 – Les décisions reconnues conformément à l’article précédent et susceptibles d’exécution dans l’Etat d’origine ne peuvent donner lieu à aucune exécution forcée par les autorités de l’autre Etat, ni faire l’objet de la part de ces autorités, d’aucune formalité publique telles l’inscription ou la transcription sur les registres publics qu’après y avoir été déclarées exécutoires. Toutefois, en matière d’état des personnes, les jugements étrangers peuvent être transcrits sans exequatur sur les registres de l’état civil si le droit de l’Etat où les registres sont tenus ne s’y oppose pas. Article 4 – L’exécution est accordée quelle que soit la valeur du litige par le président du tribunal de grande instance ou du tribunal de première instance du lieu où  l’exécution doit être poursuivie. Le président est saisi et statue suivant la forme prévue pour les référés. Article 5 – La partie admise à l’assistance judiciaire dans l’Etat d’origine en bénéficie sans nouvel examen, dans les limites prévues par la législation de l’Etat requis, pour les actes et procédures tendant à faire reconnaître la décision ou à la rendre exécutoire ainsi que pour les actes et procédures d’exécution de la décision d’exequatur.  Article 6 – Le président se borne à vérifier si la décision dont l’exécution est demandée remplit les conditions prévues à l’article 2. II procède d’office à cet examen et doit en constater le résultat dans sa décision. II ordonne, s’il y a lieu, les mesures nécessaires pour que la décision dont l’exécution est demandée reçoive la même publicité que si elle avait été rendue dans l’Etat où elle est déclarée exécutoire. L’exécution peut être accordée partiellement pour l’un ou l’autre seulement des chefs de la décision invoquée. Article 7 – La décision d’exequatur a effet entre toutes les parties à l’instance en exequatur et sur toute l’étendue des territoires où la présente annexe est applicable. La décision d’exequatur permet à la décision rendue exécutoire de produire, à partir de la date d’obtention de l’exequatur, en ce qui concerne les mesures d’exécution, les mêmes effets que si elle avait été rendue par le tribunal ayant accordé l’exécution, à la date de l’obtention de celle-ci. Article 8 – La partie à l’instance qui invoque l’autorité d’une décision judiciaire ou qui en demande l’exécution doit produire :
  1. Une expédition de la décision réunissant les conditions nécessaires à son authenticité ;
  2. L’original de l’exploit de signification de la décision ou de tout autre acte qui tient lieu de signification ;
  3. Un certificat du greffier constatant qu’il n’existe contre la décision ni opposition, ni appel, ni pourvoi en cassation ;
  4. Le cas échéant, une copie de la citation de la partie qui a fait défaut à l’instance, copie certifiée conforme par le greffier de la juridiction qui a rendu la décision.
Article 9 – Les sentences arbitrales rendues dans l’un des deux Etats sont reconnues et exécutées dans l’autre Etat selon les dispositions de la Convention de New York du 10 juin 1958 pour la reconnaissance et l’exécution des sentences arbitrales étrangères.   Article 10 – Les actes authentiques, notamment les actes notariés et les actes authentifiés, exécutoires dans l’un des deux Etats sont déclarés exécutoires dans l’autre par l’autorité compétente, d’après la loi de l’Etat où l’exécution doit être poursuivie. Cette autorité vérifie seulement si les actes réunissent les conditions nécessaires  à leur authenticité dans l’Etat où ils ont été reçus et si les dispositions dont l’exécution est poursuivie n’ont rien de contraire à l’ordre public de l’Etat où l’exécution est requise ou aux principes de droit public applicable dans cet Etat. Article 11 – Sont considérées comme compétentes pour connaître d’un litige au sens de l’article 2 ci-dessus :
  • en matière d’état des personnes et en matière personnelle ou mobilière : les juridictions de l’Etat où le défendeur a son domicile ou sa résidence habituelle ;
  • en matière de contrats : la juridiction que les deux parties ont valablement reconnue d’un commun accord, expressément et séparément pour chaque contrat ; à défaut, les juridictions de l’Etat où le contrat a été conclu et, en outre, en matière commerciale et sociale, de l’Etat où le contrat doit être exécuté ;
  • en matière  de  délit  ou  de  quasi-délit  :  les  juridictions  de  l’Etat  où  le fait dommageable s’est produit ;
  • en matière d’aliments : les juridictions de l’Etat où le demandeur a son domicile ou sa résidence habituelle ;
  • en matière de succession : les juridictions de l’Etat où la succession s’est ouverte ;
  • en matière immobilière : les juridictions de l’Etat où est situé l’immeuble.
Fait à Paris, le 4 juin 1973. Pour le Gouvernement de la République Française, le Secrétaire d’Etat auprès du Ministre des Affaires étrangère, Jean-François DENIAU Pour le Gouvernement de la République Malgache, le Ministre des Affaires étrangères, Capitaine de frégate Didier RATSIRAKA    
 

Annexe III Concernant l’extradition simplifiée

  Article 1 – Les deux Etats s’engagent à se livrer réciproquement, selon les règles et sous les conditions déterminées par la présente annexe, les personnes qui, se trouvant sur le territoire de l’un d’eux, sont poursuivies ou condamnées par les autorités judiciaires de l’autre.   Article 2 – Les deux Etats n’extradent pas leurs nationaux respectifs. La qualité de national s’apprécie à l’époque de l’infraction pour laquelle l’extradition est requise. Si la personne dont l’extradition est demandée est un national de l’Etat requis, cet Etat, à la demande de l’Etat requérant, soumet l’affaire à ses autorités compétentes, afin que des poursuites judiciaires soient exercées, s’il y a lieu, à l’encontre de cette personne. L’Etat requérant sera tenu informé de la suite qui aura été donnée à la demande. Article 3 – Sont sujets à extradition : 1° Les personnes qui sont poursuivies pour des crimes ou délits punis par les lois des deux Etats d’une peine d’au moins un an d’emprisonnement ; 2° Les personnes qui, pour des crimes ou délits punis par la loi de l’Etat requis, sont condamnées contradictoirement ou par défaut par les tribunaux de l’Etat requérant à une peine d’au moins deux mois d’emprisonnement. Article 4 – L’extradition peut être refusée si l’infraction pour laquelle elle est demandée est considérée par l’Etat requis comme une infraction politique ou comme une infraction connexe à une telle infraction. Article 5 – En matière de taxes et d’impôts, de douane, de change, l’extradition est accordée dans les conditions prévues par la présente annexe dans la mesure où, par simple échange de lettres, il en aura été ainsi décidé pour chaque infraction ou catégorie d’infractions spécialement désignées. Article 6 – L’extradition n’est pas accordée si l’infraction pour laquelle elle est demandée est considérée par l’Etat requis comme consistant uniquement en une violation d’obligations militaires. Article 7 – L’extradition est refusée :
  1. Si les infractions ont été jugées définitivement dans l’Etat requis ;
  2. Si la prescription de l’action ou de la peine est acquise d’après la législation de l’Etat requérant ou de l’Etat requis lors de la réception de la demande par l’Etat requis ;
  3. Si les infractions ont été commises en tout ou en partie sur le territoire de l’Etat requis ;
  4. Si les infractions ayant été commises hors du territoire de l’Etat requérant par un étranger à cet Etat, la législation de l’Etat requis n’autorise pas la poursuite des mêmes infractions commises hors de son territoire par un étranger ;
  5. Si une amnistie est intervenue dans l’Etat requérant ou si une amnistie est intervenue dans l’Etat requis à la condition que, dans ce dernier cas, l’infraction soit au nombre de celles qui peuvent être poursuivies dans cet Etat lorsqu’elles ont été commises hors de son territoire par un étranger.
L’extradition peut être refusée si les infractions font l’objet de poursuites dans l’Etat requis ou ont été jugées dans un Etat tiers.   Article 8 – La demande d’extradition est adressée directement au Ministre de la Justice de l’Etat requis par le Ministre de la Justice de l’Etat requérant. Elle est accompagnée de l’original ou de l’expédition authentique soit d’une décision de condamnation exécutoire, soit d’un mandat d’arrêt ou de tout autre acte ayant la même force et décerné dans les formes prescrites par la loi de l’Etat requérant. Les faits pour lesquels l’extradition est demandée, le temps, le lieu et les circonstances dans lesquelles  ils ont  été  commis,  la  qualification et  les références aux dispositions légales applicables sont indiqués aussi exactement que possible. Il est joint également une copie de ces dispositions ainsi que, dans toute la mesure du possible, le signalement de la personne réclamée et toute indication de nature à déterminer son identité et sa nationalité. Article 9 – En cas d’urgence, sur la demande des autorités compétentes de l’Etat requérant, il est procédé à l’arrestation provisoire en attendant l’arrivée de la demande d’extradition et des documents mentionnés aux alinéas 2 et 3 de l’article 8. La demande d’arrestation provisoire est transmise aux autorités compétentes de l’Etat requis, soit directement par la voie postale ou télégraphique, soit par tout autre moyen laissant  une trace écrite. Elle fait mention de l’existence d’un des documents énumérés à l’alinéa 2 de l’article 8 et de l’intention de l’autorité requérante d’envoyer une demande d’extradition. Elle précise l’infraction pour laquelle l’extradition est demandée, le temps et le lieu où elle a été commise ainsi que le signalement de la personne réclamée. L’autorité requérante est informée, sans délai, de la suite donnée à sa demande. Article 10 – Il peut être mis fin à l’arrestation provisoire si, dans un délai de vingt jours après l’arrestation, l’autorité requise n’a pas été saisie de l’un des documents mentionnés à l’alinéa 2 de l’article 8. La mise en liberté n’exclut pas la poursuite de la procédure d’extradition prévue à la présente annexe si la demande d’extradition parvient ultérieurement. Toutefois, les dispositions des alinéas précédents ne font pas obstacle à la mise en liberté provisoire à tout moment par les tribunaux de l’Etat requis, sauf pour ceux- ci à prendre toutes mesures qu’ils estiment nécessaires pour éviter la fuite de la personne réclamée. Article 11 – Dans les vingt-quatre heures de la réception des documents produits à l’appui de la demande d’extradition, le magistrat du Ministère public compétent notifie à l’intéressé le titre en vertu duquel l’arrestation a eu lieu. Article 12 – Dans un délai maximum de huit jours à compter de cette notification, l’intéressé comparaît devant le tribunal. II est procédé à un interrogatoire dont le procès-verbal est dressé. L’audience est publique. Le Ministère public et l’intéressé sont entendus. Celui-ci peut se faire assister d’un avocat et d’un interprète. II peut être mis en liberté provisoire à tout moment de la procédure. Article 13 – Si, lors de sa comparution, l’intéressé déclare renoncer au bénéfice des dispositions de la présente annexe et consent formellement à être livré aux autorités de l’Etat requérant, il est donné acte de cette déclaration par le tribunal. Le magistrat du parquet compétent prend alors toutes mesures utiles pour que la remise de l’intéressé aux autorités de l’Etat requérant soit assurée dans les plus brefs délais. Article 14 – Dans le cas contraire, le tribunal donne son avis motivé sur la demande d’extradition. Cet avis est défavorable si le tribunal estime que les conditions légales ne sont pas remplies ou s’il y a erreur évidente. Le dossier doit être envoyé au ministère de la Justice dans un délai de huit jours  à dater de l’expiration du délai fixé à l’article 12. Article 15 – Après avoir pris connaissance de l’avis du tribunal, le Ministre de la Justice décide s’il accorde ou non la remise de l’intéressé aux autorités de l’Etat requérant. Dans l’affirmative, il prend un arrêté autorisant l’extradition. Article 16 – Lorsque des renseignements complémentaires leur sont indispensables pour s’assurer que les conditions exigées par la présente annexe sont réunies, les autorités de l’Etat requis, dans le cas où l’omission leur apparaît de nature à être réparée, avertissent les autorités de l’Etat requérant avant de rejeter la demande. Un délai peut être fixé par les autorités de l’Etat requis pour l’obtention de ces renseignements. Article 17 –Si l’extradition est demandée concurremment par plusieurs Etats, soit pour les mêmes faits, soit pour des faits différents, l’Etat requis statue librement, compte tenu de toutes circonstances, et notamment de la possibilité d’une extradition ultérieure entre les Etats requérants, des dates respectives des demandes, de la gravité et du  lieu des infractions. Article 18 – Lorsqu’il y a lieu à extradition, tous les objets pouvant servir de pièces à conviction ou provenant de l’infraction et trouvés en la possession de la personne réclamée au moment de son arrestation ou découverts ultérieurement sont, à la demande des autorités de l’Etat requérant, saisis et remis à ces autorités. Cette remise peut être effectuée même si l’extradition ne peut s’accomplir par suite de l’évasion ou du décès de la personne réclamée. Sont toutefois réservés les droits que les tiers auraient acquis sur lesdits objets qui doivent, si de tels droits existent, être rendus le plus tôt possible et sans frais à l’Etat requis à l’issue des poursuites exercées dans l’Etat requérant. Si elles l’estiment nécessaire pour une procédure pénale, les autorités de l’Etat requis peuvent retenir temporairement les objets saisis. Elles peuvent, en les transmettant, se réserver la faculté d’en demander le retour, pour le même motif, en s’obligeant à les renvoyer dès que faire se pourra. Article 19 – L’Etat requis fait connaître à l’Etat requérant sa décision sur l’extradition. Tout rejet complet ou partiel est motivé. En cas d’acceptation, l’Etat requérant est informé du lieu et de la date de la remise. Sous réserve du cas prévu au dernier alinéa du présent article, l’Etat requérant doit faire recevoir la personne à extrader par ses agents dans un délai d’un mois à compter de la date déterminée conformément aux dispositions de l’alinéa 3  du présent article. Passé ce délai, la personne est mise en liberté et ne peut plus être réclamée pour le même fait. Dans le cas de circonstances particulières empêchant la remise ou la réception de la personne à extrader, l’Etat qui fait valoir ces circonstances en informe l’autre Etat avant l’expiration du délai. Les deux Etats se mettent d’accord sur une  autre  date de remise et les dispositions de l’alinéa précédent sont applicables. Article 20 – Si la personne réclamée est poursuivie ou condamnée dans l’Etat requis pour une infraction autre que celle motivant la demande d’extradition, ce dernier Etat doit néanmoins statuer sur cette demande et faire connaître à l’Etat requérant sa décision sur l’extradition. La remise de l’intéressé est toutefois, dans le cas d’acceptation, différée jusqu’à ce qu’il soit satisfait à la justice de l’Etat requis. Elle est effectuée conformément aux dispositions de l’article 19. Les dispositions du présent article ne font pas obstacle à ce que l’intéressé puisse être envoyé pour comparaître devant les autorités judiciaires de l’Etat requérant sous la condition expresse qu’il soit renvoyé dès que ces autorités auront statué. Article 21 – La personne qui a été livrée ne peut être ni poursuivie, ni jugée contradictoirement, ni être détenue en vue de l’exécution d’une peine pour une infraction antérieure à la remise autre que celle ayant motivé l’extradition, sauf dans les cas suivants : 1° Lorsque, ayant eu la liberté de le faire, la personne extradée n’a pas quitté dans les trente jours qui suivent son élargissement définitif le territoire de l’Etat auquel  elle a été livrée ou si elle y est retournée après l’avoir quitté ; 2° Lorsque l’Etat qui l’a livrée y consent. Une demande doit être présentée à cet effet, accompagnée des documents énumérés à l’alinéa 2 de l’article 8 et d’un procès-verbal judiciaire consignant les déclarations de l’extradé sur l’extension de l’extradition et mentionnant la  possibilité qui lui a été donnée d’adresser un mémoire en défense aux autorités de l’Etat requis. Lorsque la qualification donnée au fait incriminé est modifié au cours de la procédure, l’extradé n’est poursuivi ou jugé que dans la mesure ou les éléments constitutifs de l’infraction, nouvellement qualifiée, permettent l’extradition. Article 22 – Sauf dans le cas où l’intéressé est resté ou est retourné sur le territoire de l’Etat requérant dans les conditions prévues à l’article précédent, l’assentiment de l’Etat requis est nécessaire pour permettre à l’Etat requérant de livrer à un Etat tiers la personne qui lui a été remise. Article 23  L’extradition par voie de transit à travers le territoire de l’un des deux Etats d’une personne livrée à l’autre est accordée sur demande présentée par l’Etat requérant. A l’appui de cette demande sont fournis les documents nécessaires pour établir qu’il s’agit d’une infraction donnant lieu à extradition. II n’est pas tenu compte des conditions fixées par l’article 3 et relatives à la durée des peines. Si la voie aérienne est utilisée, il est fait application des dispositions suivantes : 1° Lorsqu’une escale est prévue, l’Etat requérant adresse à l’Etat sur    le territoire duquel cette escale doit avoir lieu une demande de transit pour l’intéressé. Lorsque l’Etat requis du transit a également demandé l’extradition de l’intéressé,  il peut être sursis au transit jusqu’à ce qu’il ait été satisfait à la justice de cet Etat ; 2° Lorsqu’aucune escale n’est prévue, l’Etat requérant avertit l’Etat dont le territoire est survolé et atteste l’existence d’un des documents énumérés à l’alinéa 2  de l’article 8. En cas d’atterrissage fortuit, cette notification produit les effets de la demande d’arrestation visée à l’article 9 et l’Etat requérant adresse une demande de transit dans les conditions prévues à l’alinéa premier du présent article. Article 24 – Les frais occasionnés par l’extradition sur le territoire de l’Etat requis sont à la charge de cet Etat. Toutefois, les frais du transfèrement par la voie aérienne demandé par l’Etat requérant sont à la charge de cet Etat. Les frais occasionnés par le transit sur le territoire de l’Etat requis du transit sont  à la charge de l’Etat requérant. Fait à Paris, le 4 juin 1973. Pour le Gouvernement de la République Française, le Secrétaire d’Etat auprès du Ministre des Affaires étrangère, Jean-François DENIAU Pour le Gouvernement de la République Malgache, le Ministre des Affaires étrangères, Capitaine de frégate Didier RATSIRAKA    

Houcine Arfa. La justice française entre en scène avec l’instruction de sa plainte recevable – la gazette de la grande ile du 19 mai 2018

Si à Madagascar les acteurs de premier plan impliqués dans l’affaire Houcine Arfa pensent qu’ils peuvent dormir tranquille, ils vont très vite déchanter. Comme je vous en avais déjà informé, je ne reviendrai sur le cas (car c’en est un) Arfa que lorsque la justice française entrera en scène. C’est fait depuis la fin du mois de mars dernier, alors que la justice malgache, la ministre en tête, avait fait croire à l’opinion publique que ce conseiller à la sécurité du Président de la République -avec qui il a été assez familialement intime-, faisait l’objet de recherches ou bien était en liberté surveillée. Et même qu’il était question d’une extradition, sachant pertinemment (ou pas, qui sait ?) que la France n’extrade jamais ses nationaux. Eh bien et oui : nenni ! Cela s’appelle « mamono vorona » en malgache, fanfaronnade dans la langue de Macron.

Dans cet article, j’ai évité les termes juridiques pour ne pas vous entrainer, amies lectrices, amis lecteurs, dans le dédale des messieurs-je-sais-tout mais qui n’écrivent que pour eux-mêmes, avec un étalement de connaissances souvent livresques, une culture de Rolly Mercia… C’est-à-dire, du sensationnel à la Une, avec des mots venus d’on-ne-sait-où, mais vides de recoupements prouvés à la lecture, et remplis de menaces au final.

Résumé de l’affaire. Après avoir été arrêté le 20 juin 2017 comme s’il était l’ennemi public n°1 à Madagascar (Rappelez-vous, cette vitrine en verre blindée, lors du défilé du 26 juin 2017 à Mahamasina, et cette rumeur émanant du pouvoir même comme quoi des snipers, instruits par Arfa, allaient abattre le président Hery Rajaonarimampianina), Houcine Arfa, gardé à vue 3 jours, a été transféré de nuit le 23 juin à la maison de Force de Tsiafahy, dans la périphérie sud d’Antananarivo. Les 3 jours de garde à vue à la brigade criminelle, avaient servi pour tenter vainement de lui faire avouer des crimes qu’il n’avait et n’aurait jamais commis, comme des kidnappings. Puis, il pourrira 6 mois à Tsiafahy. Plus exactement, on lui pourrira la survie durant un semestre. Le 28 décembre 2017, lors d’un transfert d’urgence (Arfa avait perdu 20 kilos et tout son corps était ecchymosé) vers la prison d’Antanimora, sur la route de l’université. En chemin, il a réussi à prendre la poudre d’escampette pour regagner la France via Mahajanga puis Mayotte. Des tas de médias d’ici et d’ailleurs ont tous relaté cette « évasion rocambolesque ». Référez-vous-y, je ne tiens pas à faire de pub gratuite pour Rfi et « Le Parisien », ahahaha !!!! En tout cas, il s’est avéré au fil du temps qu’« on » l’avait fait fuir moyennant finance…

A Madagascar, depuis l’accession de ce président de la république qui n’aurait jamais dû l’être, c’est devenu monnaie courante d’arrêter qui l’on veut et de monter un dossier contre lui par la suite. Je me tairai, ici, en ce qui concerne les personnalités impliquées et encore en exercice dans leur fonction respective -mais elles ont déjà été citées par Houcine Arfa et figurent dans sa plainte devant la justice française-. Elles doivent trembler dans leurs nuits blanches, car cette justice française c’est tout ce qu’on veut sauf un club de vendus ou une antichambre mafieuse des dirigeants de l’Hexagone.

C’est une justice in-dé-pen-dan-te qui tient à le rester en respectant la Constitution et le Droit ; avec qui personne ne peut être au-dessus des lois et pour qui le temps n’effacera jamais les crimes commis.

Pour en revenir à la Grande île, grâce à un tour de Majax (nom d’un célèbre magicien français), c’est tout une famille -celle de Vonjy Todisoa Randriamaromanana- qui est alors allé porter plainte contre Houcine Arfa avec, pour motifs d’accusation : usurpation de titre, tentative de kidnapping et extorsion de fonds. Le jugement de cette plainte est prononcé le 7 novembre 2017. Verdict : 3 ans d’emprisonnement ferme assortis d’une amende de 10 millions ariary. Les avocats d’Arfa porte alors cette affaire en appel. Le 9 mars 2018, la Cour d’appel d’Antananarivo confirme la décision du tribunal de première instance. Grand soulagement de certaines personnalités dirigeantes : Houcine Arfa ne remettra pas les pieds à Madagascar, de sitôt ! Et ils pensent à la chanson de Léo Ferré : « Avec le temps va tout s’en va ». Eh ben non, ils se gourent, eux qui accusent toujours le Français de « barbouze » et autres noms d’oiseaux pour se donner une contenance de républicains bananiers. Rira bien qui rira le dernier.

Comme je vous en avais aussi informé, si une bataille a été gagnée par une famille dont le rôle sera clarifié plus tard, une autre commence, du côté de la justice française cette fois-ci, et la guerre n’est pas arrivée à son terme. En plus des documents publiés avec cet article, et pour prouver que cet homme meurtri dans son honneur a gardé son sens de l’humour, notre contact en France nous a aussi fait parvenir des photos d’Houcine Arfa, libre comme l’air, au château de Versailles, dans le Salon de la… guerre. Et pour lui, le 26 juin (Première photo de ce dossier: 1794, 5 ans après la prise de la Bastille) n’est pas fortuit. Pour les non-Malgaches, c’est la date du retour de l’indépendance de Madagascar. Certes, ce ne sont que des termes imagées mais cela prouve la ténacité de cet homme, atteint aussi dans son intégrité physique, et qui compte élargir sa plainte à l’échelle internationale dans le cadre du non-respect des droits fondamentaux de l’Homme… Nous en reparlerons.

Quoi qu’il en soit, déchéance de Rajao ou pas, les personnalités citées dans la plainte et qui ont été nommées (des non élues) par le président Hery Rajaonarimampianina, redeviendront de simples justiciables. Comme lui, vous et moi, ici ou ailleurs. Et là, rira bien qui rira dernier. Vraiment. Lorsqu’elles seront convoquées pour être auditionnées, tôt ou tard.

Rira bien qui rira dernier

Jeannot Ramambazafy – Dossier également publié dans “La Gazette de la Grande île” du samedi 19 mai 2018

 

428.492 euros de dommages intérêts attribués par les juges du fond malgache à RANARISON Tsilavo sans qu’on donne la motivation ou le mode de calcul,

428.492 euros ou 1.500.000.000 ariary d’intérêts civils  ont été attribués par les juges du fond  du tribunal correctionnel, le 15 décembre 2015, et de la Cour d’appel d’Antananarivo, le 13 mai 2016,  à RANARISON Tsilavo  gérant fondateur de NEXTHOPE Madagascar, pour sa plainte avec demande d’arrestation d’abus de biens sociaux du 20 juillet 2015 gérée directement, le jour même, par le Procureur général de la Cour d’appel, RANDRIANASOLO Jacques

Les magistrats qui ont présidé le tribunal correctionnel et la cour d’appel sont respectivement :
  1. le magistrat RAMBELO Volatsinana qui a rendu le jugement du tribunal correctionnel d’Antananarivo du 15 décembre 2015,
  2. le magistrat RANDRIARIMALALA Herinavalona qui a confirmé le montant des intérêts civils dans un arrêt de la cour d’appel d’Antananarivo du 13 mai 2016

Ils ont attribué 1.500.000.000 ariary équivalent de 428.492 euros d’intérêts civils ou dommages intérêts à RANARISON Tsilavo qui détient 20 % des parts de la société CONNECTIC.

Dans son jugement du 15 décembre 2015, le tribunal correctionnel d’Antananarivo pour attribuer le montant de 428.492 euros à RANARISON Tsilavo s’est contenté de dire dans une seule phrase la motivation “Que cette constitution de partie civile régulière en la forme et recevable, mais paraît excessive quant à son quantum, que le tribunal possède des éléments suffisants pour le ramener à sa plus juste proportion;” 

Le magistrat du Tribunal correctionnel d’Antananarivo, RAMBELO Volatsinana, a donc condamné Solo de payer 428.492 euros d’intérêts civils à RANARISON Tsilavo avec cette phrase sans d’autre explication ou motivation. En seulement trois lignes, RAMBELO Volatsinana attribue 428.492 euros à RANARISON Tsilavo, le plaignant. Que l’on nous explique pour l’histoire “les éléments suffisants pour le ramener à sa plus juste proportion”
“Que cette constitution de partie civile régulière en la forme et recevable, mais paraît excessive quant à son quantum, que le tribunal possède des éléments suffisants pour le ramener à sa plus juste proportion;”
 

Est-il normal que l’explication détaillée du soit-disant “les éléments suffisants pour ramener les intérêts civils à sa juste proportion” n’est elle pas inscrite en noir et blanc sur le jugement du tribunal correctionnel d’Antananarivo du 15 décembre 2015 qui condamne Solo à payer 1.500.000.000 ariary, équivalent de 428.492 euros de dommages-intérêts à RANARISON Tsilavo CEO NEXTHOPE  pour éviter des questionnements malsains sur une condamnation à la tête du client au bénéfice exclusif de RANARISON Tsilavo?

SUR LES INTERETS CIVILS Attendu que RANARISON Tsiriniaina Tsilavo s’est constitué partie civile par le biais de son conseil Me Fredon Armand RATOVONDRAJAO sollicite la somme de 1.630.000.000 Ariary à titre de dommages intérêts Jugement du tribunal corectionnel d’Antananarivo du 15 décembre 2015, rendu par RAMBELO Volatsinana
  SUR LES INTERETS CIVILS Attendu que RANARISON Tsiriniaina Tsilavo s’est constitué partie civile par le biais de son conseil Me Fredon Armand RATOVONDRAJAO sollicite la somme de 1.630.000.000 Ariary à titre de dommages intérêts Jugement du tribunal corectionnel d’Antananarivo du 15 décembre 2015, rendu par RAMBELO Volatsinana RAMBELO Volatsinana a ramené les prétentions de RANARISON Tsilavo de 1.630.000.000 ariary à 1.500.000.000 ariary, soit un ajustement de 8 % soit  130.000.000 ariary mais on ne sait pas toujours sur quelle base est attribuée le montant des dommages intérêts qui s’élève à 428.492 euros attribué à RANARISON Tsilavo.

Dans sa plainte avec demande d’arrestation du 20 juillet 2015, le montant des virements internationaux supposés sans contrepartie de la société CONNECTIC vers la maison mère française EMERGENT NETWORK , s’élève à 3.663.533.565,79 ariary comment se fait-il que RANARISON Tsilavo qui est associé de CONNECTIC à hauteur de 20 % s’est vu attribué 1.500.000.000 ariary de dommages intérêts ou intérêts civils ?

 

Alors que les 20 % des virements dits illicites de 3.663.533.565,79 ariary font 732.706.713,16 ariary puisque RANARISON Tsilavo ne détient que 20 % des parts de la société CONNECTIC

Déjà dans le cadre d’un délit d’abus de biens sociaux, les intérêts civils sont reversés dans la caisse sociale et non aux associés, 

Un ancien dirigeant est poursuivi pour abus de bien social. Le nouveau dirigeant introduit une action civile au nom de la société pour obtenir réparation. Parallèlement, plusieurs associés exercent l’action sociale dite ut singuli pour obtenir au nom de la société réparation d’autres chefs de demande. Cette action est déclarée irrecevable au motif qu’elle ne peut être exercée que si la société n’a pas elle-même agi. Question L’action sociale ut singuli permettant aux associés d’obtenir réparation du préjudice subi par la société a-t-elle un caractère subsidiaire ? Réponse Non. La seule intervention des représentants légaux ne peut priver les associés de leur droit de présenter des demandes au profit de la société. Commentaire Tout associé peut agir en responsabilité contre le dirigeant social pour obtenir réparation de son préjudice et du préjudice causé à la société. Cette action sociale est traditionnellement présentée comme subsidiaire. Cette solution est ici remise en cause. Rien n’interdit l’exercice de l’action sociale ut singuli parallèlement à celle de la société dès lors que l’action porte sur des demandes différentes.

Mais également, dans le cadre d’un délit d’abus de sociaux, la règle est la suivanteRéparation intégrale du préjudice : tout le préjudice, mais rien que le préjudice”

    En application de l’article 120 du Code Civil, le juge pénal doit ordonner la réparation de l’entier dommage causé par l’infraction, ni plus ni moins Réparation d’un abus de biens sociaux tout le préjudice- Éditions Francis Lefebvre

Le juge du fond de la Cour d’appel d’Antananarivo du 13 mai 2016 présidé par RANDRIARIMALALA Herinavalona “confirme le jugement entrepris” par le tribunal correctionnel d’Antananarivo du 15 décembre 2015 sans autre motivation que  “confirme le jugement entrepris”

  Sur les intérêts civils : Confirme le jugement entrepris ; Arrêt de la Cour d’appel d’Antananarivo du 13 mai 2016 présidé par RANDRIARIMALALA Herinavalona

Les deux juges du fond en première instance et en appel ont condamné Solo à 428.492 euros sans un début d’explication sur le mode de calcul des dommages intérêts ou intérêts civils

 

La Cour de cassation par son arrêt du 24 mars 2017 entérine le montant de 428.492 euros de dommages intérêts attribué à RANARISON Tsilavo car semble t-il “la fixation des dommages intérêts relève du pouvoir souverain des Juges du fond et échappe au contrôle de la Cour de cassation

 

Pour l’histoire, on rappelle qu’une décision de justice doit avoir une base légale que la Cour de cassation a la charge de vérifier la stricte conformité. La Cour de Cassation peut très bien censurer une décision de justice sans base légale

   

Madagascar – FIVMPAMA « Préservons l’économie et les entreprises ! » – midi madagasikara du 19 mai 2018

Dans le cadre de la résolution de la crise politique actuelle, le FIVMPAMA ou le Groupement du Patronat Malagasy réitère l’appel au dialogue entre toutes les parties prenantes qui a été déjà fait par son président national, Erick Rajaonary dernièrement. Et il faut établir un dialogue dans le calme et avec un respect mutuel. En effet, la libre expression des opinions est un droit fondamental qu’il convient d’appliquer dans le cadre des normes démocratiques, et dans un climat de paix sociale. Par contre, l’économie nationale doit pouvoir continuer à tourner sans entrave, et ce, afin d’éviter des répercussions graves non seulement sur les entreprises membres du FIVMPAMA, mais aussi au niveau du secteur privé en général, sans oublier les travailleurs, a-t-on évoqué. « Préservons ainsi l’économie et les entreprises ! », selon ce groupement. Corruption. Dans la foulée, de nombreux entrepreneurs qui sont déjà victimes, ont avisé le FIVMPAMA sur la confirmation du retour des pratiques isolées de corruption au niveau de certains services publics profitant de la grève. Le climat d’incertitude fait également planer le doute sur la finalisation de certains dossiers de financement ou d’investissement. Face à cette situation, le groupement du Patronat Malagasy fait appel à toutes les parties prenantes et à tous les citoyens de bonne volonté, pour que chacun fasse des efforts pour préserver les activités économiques. La garantie du fonctionnement régulier des services publics ayant des relations directes avec le secteur économique ou du moins la mise en place d’un service minimum s’impose ainsi, selon toujours les explications du FIVMPAMA. Parmi lesquels, on peut citer entre autres, les services des Douanes, des Impôts et des Domaines. Navalona R.