Une série d’enlèvements contre rançon inquiète Madagascar – Médiapart du 20 février 2018

Depuis six mois, le patronat malgache est confronté à la montée en puissance d’une forme de grand banditisme très particulière : le kidnapping contre rançon. Les chefs d’entreprise d’origine indienne sont prioritairement visés. Des complicités au sein des forces de sécurité sont évoquées.
kyl Cassam Chenai, patron d’une importante société d’import-export dans la ville portuaire malgache de Toamasina, rentrait chez lui à la fin de sa journée de travail lorsqu’il a été victime d’un guet-apens, le 2 février : plusieurs hommes, lourdement armés, se sont saisis de ce Français d’origine indienne et l’ont enlevé. Il a été libéré jeudi 15 février. Moins de deux semaines avant, un homme de 68 ans, Rajni Kalidas, propriétaire d’une bijouterie dans le centre-ville d’Antananarivo, la capitale de Madagascar, avait été lui aussi violemment extrait de sa voiture au milieu des embouteillages, avant d’être embarqué manu militari sur une moto par un commando d’individus cagoulés qui n’avaient pas hésité à faire usage de leurs armes – des témoins ont parlé de fusils de type kalachnikov. L’opération n’avait duré que quelques minutes et les gardes du corps de la victime n’avaient rien pu faire. Connu comme l’un des patriarches de la communauté hindou du pays, d’origine indienne et de nationalité française, Rajni Kalidas a finalement été libéré le 3 février. La presse a évoqué une rançon de deux millions d’euros réclamée par ses ravisseurs, sans que l’on sache si la famille a satisfait ou non leur demande. Ces deux kidnappings spectaculaires ne sont que la suite d’une longue série : la Grande Île est confrontée à cette forme de délinquance depuis le milieu des années 1990. À l’époque, cependant, elle était de basse intensité. Aujourd’hui, le phénomène a pris une ampleur inédite : devenus plus fréquents après la crise politique de 2008-2009, les enlèvements se multiplient depuis six mois. Des sources parlent d’une centaine de personnes qui auraient subi ce sort depuis 2010. En réalité, « il n’existe pas de statistiques fiables, car de nombreux cas ne sont déclarés ni aux autorités ni aux médias », explique Jean-Michel Frachet, directeur du Collectif des Français d’origine indienne de Madagascar (CFOIM). Ce dernier s’intéresse de près au problème pour une raison bien précise : comme l’illustrent les cas d’Akyl Cassam Chenai et de Rajni Kalidas, ce sont les Malgaches d’origine indienne, parfois désignés par le terme péjoratif de « karana », qui sont en priorité visés. Ces derniers, dont les familles se sont établies à Madagascar il y a quatre ou cinq générations, sont environ 15 000. Près de 40 % d’entre eux possèdent la nationalité française. Certains ont fait fortune dans le commerce et l’import-export et sont parvenus à constituer au fil des décennies des empires industriels puissants. Ils ne sont pas toujours bien vus par les autres Malgaches, qui les soupçonnent d’être impliqués dans des affaires de corruption et d’avoir pris l’habitude de contourner les lois. Dans les années 1980, marquées par une forte instabilité politique et économique, ils ont été plusieurs fois victimes de ce que l’on appelait alors les « OPK », pour « opérations karana », qui prenaient la forme d’émeutes suivies de pillages de leurs magasins. Ce sont évidemment les plus prospères d’entre eux que les gangs de kidnappeurs semblent privilégier aujourd’hui. Toutefois, une évolution est perceptible : des citoyens sans lien avec la communauté indienne commencent à être eux aussi ciblés. En décembre 2017, un adolescent de 14 ans, fils d’un riche homme d’affaires et descendant d’une des plus anciennes familles d’Antananarivo, a par exemple été enlevé alors qu’il rentrait du lycée. Il a été libéré au bout de deux jours. « Avec cet enlèvement, on a franchi un cap : le phénomène dépasse aujourd’hui la seule communauté indienne car Européens, Chinois et Malgaches sont également victimes », commente Jean-Michel Frachet. De plus, les grandes villes ne sont plus les seules concernées : dans les zones rurales, où vivent 70 % de la population et où les voleurs de bétail, les dahalo, sévissent déjà depuis longtemps, la pratique du kidnapping est aussi en train de se développer. Certaines affaires se sont très mal terminées. On compte jusqu’ici trois décès, dont celui d’une adolescente de 14 ans, Annie : enlevée à Toamasina fin 2015, en même temps qu’un jeune homme de 17 ans, elle a été torturée et assassinée par ses ravisseurs. Le garçon, Arnaud, n’a été lui-même délivré que grâce à un assaut des forces de l’ordre après un mois de captivité. Les malfaiteurs avaient demandé 4 millions d’euros en échange de la libération de ces deux enfants, avant de tabler plutôt sur 1,5 million d’euros, d’après les médias. Il y a aussi eu des victimes collatérales : ceux qui ont kidnappé, en mai 2017, Yanish Ismaël, fils d’un important opérateur économique, n’ont pas hésité à tuer par balles le garde du corps qui l’accompagnait. Yanish Ismaël a été libéré après avoir été séquestré pendant plus de trois semaines. Dans le monde des affaires, on est évidemment à la fois inquiet et exaspéré. « Les opérateurs, investisseurs et industriels à Madagascar sont devenus les cibles favorites des criminels experts en quête d’argent facile », a constaté avec dépit le Syndicat des industries de Madagascar, mi-2017. Fin janvier, ce sont vingt-cinq groupements professionnels, dont les plus importantes organisations du patronat malgache, le Fivondronan’ny Mpandraharaha Malagasy (FIVMPAMA) et le Groupement des entreprises de Madagascar (GEM), qui ont cosigné une déclaration pour dire « Halte au développement de l’industrie du kidnapping ! ». Les bandits « n’ont plus aucune limite, aucun scrupule. Tout le monde est concerné, tout le monde est en danger, à tout moment, en tout lieu », déploraient-ils.  

Au-delà de la peur et du traumatisme psychologique qu’il cause aux victimes et à leurs familles, le phénomène pourrait avoir des conséquences pour l’économie du pays. « La communauté indienne est en train de s’interroger sur la pérennité de sa présence à Madagascar. On a observé depuis le mois de juin 2017, après la libération de Yanish Ismaël, qu’entre 30 et 40 familles s’étaient relocalisées à Maurice. Les femmes et les enfants sont mis à l’abri là-bas, tandis que les pères de famille font le va-et-vient entre Maurice et Madagascar où ils continuent de gérer leurs affaires. Le risque, si le problème persiste, est que ces opérateurs délocalisent leurs activités ailleurs », affirme Jean-Michel Frachet. « Madagascar est devenu le pays du kidnapping. En termes d’image, c’est catastrophique. Le pays a pourtant tellement d’atouts », ajoute-t-il. Le fait que Madagascar soit l’un des cinq pays les plus pauvres du monde en termes de PIB par habitant – bien qu’il ait un immense réservoir de ressources naturelles – joue sans doute un rôle dans le développement de cette « industrie du kidnapping » : l’État manque de moyens pour contrôler l’ensemble de son territoire et les éventuelles activités illicites de ses citoyens. Mais ce n’est pas le seul moteur de cette criminalité qui s’autoalimente, les rançons collectées permettant évidemment à ses acteurs de mieux s’équiper et de devenir plus efficaces. Des complicités au sein des forces de sécurité pourraient aussi entrer en ligne de compte. « Si au départ, il a pu s’agir de règlements de comptes internes à la communauté indienne, (…) aujourd’hui, ce n’est plus du tout le cas. On a de bonnes raisons de penser qu’il s’agit d’une organisation criminelle organisée. Les armes qui sont utilisées, les moyens mis en œuvre, la protection dont ces personnes semblent disposer, donnent à penser qu’elles pourraient avoir des complices, y compris dans les services de sécurité malgache », a souligné, en mai 2017, Jean-Hervé Fraslin, conseiller consulaire élu par les Français de Madagascar. Soupçonnant elles aussi des collusions entre les forces de sécurité et les ravisseurs, peu de familles de victimes ont jusqu’ici porté plainte et collaboré avec la police. Il y a par conséquent eu peu d’enquêtes et de procès. Une affaire a tout de même apporté quelques éléments : des policiers et des agents pénitentiaires de Toamasina ont été mis en cause dans l’enlèvement d’Annie et Arnaud en 2015. Un magistrat de cette ville de la côte Est a aussi été inculpé et a été brièvement incarcéré. Il ne s’est cependant pas présenté au procès qui s’est tenu fin 2017 à Antananarivo et il a finalement été acquitté. La manière dont lui et certains des 74 autres accusés ont été « blanchis » a laissé penser à une partie de l’opinion publique que de hautes autorités du pays pouvaient aussi être impliquées. Cette hypothèse, selon laquelle au moins une partie des auteurs des enlèvements auraient des liens avec des proches du pouvoir, est d’ailleurs de plus en plus évoquée publiquement. Les ravisseurs « bénéficient de l’appui de gens très haut placés. Il n’y a pas d’autre façon d’expliquer pourquoi ces derniers ont des armes plus sophistiquées que celles des forces de l’ordre », a par exemple écrit l’hebdomadaire La Gazette de la grande île il y a quelques semaines. Dans sa déclaration collective de fin janvier, le patronat malgache est allé plus loin encore : « Les enlèvements sont devenus un véritable business d’une mafia dont les ramifications sembleraient atteindre les hautes sphères du pouvoir militaire et politique, créant une situation de terreur nationale. Si de hautes personnalités censées nous gouverner ou nous protéger versent dans des pratiques aussi crapuleuses que criminelles, il y a lieu, non seulement de tirer la sonnette d’alarme, mais également de craindre le pire. » L’idée de connivences avec le plus haut niveau de l’État n’a rien de farfelu : il est déjà avéré que des éléments des forces de sécurité, des hauts fonctionnaires, des ministres, des juges, des députés sont impliqués dans divers trafics de ressources naturelles et d’autres activités illégales. Depuis plusieurs mois, les partenaires du pays interpellent régulièrement les autorités. L’ambassadeur de l’Inde à Madagascar a par exemple sommé fin janvier « les dirigeants à prendre leurs responsabilités afin que le phénomène de kidnapping cesse ». Quelques mois auparavant, le premier ministre, Olivier Mahafaly, avait reconnu que « la recrudescence des rapts est un fait qu’on ne peut nier ».  Sous pression, le gouvernement a été obligé de prendre des mesures particulières il y a quelques semaines : il a créé une « cellule mixte », composée de gendarmes et de policiers, spécialement dédiée à la lutte contre les enlèvements. Un officier de police malgache a suivi en France une formation aux « techniques de négociation lors d’un kidnapping ». Olivier Mahafaly a par ailleurs assuré que 30 % du budget de l’État de 2018 – contre 10 % en 2017 – serait consacré à la lutte contre l’insécurité en général, elle aussi en pleine expansion, comme l’a souligné le patronat malgache, fin janvier : « La violence et l’insécurité sont devenues quotidiennes touchant toutes les couches de la population à un niveau jamais atteint à Madagascar. Cette situation mine considérablement le moral des chefs d’entreprises et de leurs salariés, obligeant les entreprises à investir des moyens importants aussi bien dans leur propre sécurité que dans celle de leurs salariés. » Ce climat délétère est d’autant plus préoccupant que la prochaine élection présidentielle doit se tenir en fin d’année. Or, de l’avis de tous les analystes, elle s’annonce à hauts risques. https://www.mediapart.fr/journal/international/200218/une-serie-d-enlevements-contre-rancon-inquiete-madagascar?onglet=full

Affaire Houcine Arfa. Qui est ce Vonjy Randriamaromanana? La gazette de la grande île du 17 février 2018

Parmi les personnes qui font actuellement l’objet d’une plainte déposée par Houcine Arfa devant le tribunal de Grande Instance de Paris, figure Vonjy Randriamaromanana qui est sorti de l’ombre en confiant sa version des faits dans le quotidien «L’Express de Madagascar».

Ainsi, Me Harinirina Raveloson, avocat-conseil de la famille Randriamaromanana: «Houcine Arfa aurait sollicité la collaboration de Vonjy Randriamaromanana pour fournir des équipements de surveillance électronique pour les palais d’Ambohitsorohitra et Iavoloha». Puis, «ultérieurement la mission d’Houcine Arfa aurait changé et Vonjy Randriamaromanana aurait refusé de le suivre dans ses nouvelles attributions». Nul ne sait en quoi consistaient ces attributions, le conditionnel du journaliste, Andry Rialintsalama, est alors de rigueur. Plus étrange encore, Houcine Arfa «aurait commencé à lui présenter des factures salées valant plusieurs millions de dollars, pour lui mettre la pression». Ainsi, Vonjy «a du se cacher pour se défaire de toute cette pression». J’espère pour lui qu’il a gardé ces factures «salées» avec la signature authentifiée d’Houcine Arfa alors.

Là où c’est plus corsé, c’est lorsque la narration indique qu’«Houcine Arfa, muni de convocation en blanc et accompagné par des éléments des forces de l’ordre, aurait menacé d’emmener la mère de Vonjy Randriamaromanana pour le débusquer». Et c’est bien là l’objet de la plainte de la famille Randriamaromanana devant la justice malgache contre Houcine Arfa: extorsion de fonds et tentative de kidnapping. Mais je vous demanderai de vous faire votre propre idée, après que je vous aurai fait découvrir qui est réellement Vonjy Randriamaromanana. En passant, on ne sait plus qui ment, du journaliste ou de l’avocat-conseil. En effet, dans l’article paru dans l’Express de Madagascar, le 10 février 2018, il est écrit que«Houcine Arfa et son avocat n’ont pas comparu hier au tribunal».Pour le premier, il est en France, mais pour le second, c’est un mensonge car Me Rajaonarison Santanavalona était bel et bien présent à Anosy, le 9 février. Et c’est lui qui a demandé -et obtenu- un renvoi de l’affaire au 9 mars 2018. Qui veut-on tromper ici? Qui est Vonjy Randriamaromanana?

Son nom entier est Vonjy Todisoa Randriamaromanana. Son cursus, sans être vraiment impressionnant, impressionne car ses titres sont déclinés en anglais. A partir de 2014, année d’accession du filoha Hery au pouvoir, Vonjy Todisoa est, jusqu’à nos jours, «Chairman Board of Directors» de la société CMPIA (Ceke Madagascar Private Investment Agency) dont le siège social est à Antananarivo. A partir du mois de mars 2016 à nos jours, il est CEO («Chief Executive Officer») d’une entreprise dénommée BIZNA. MG Ltd basée à Dubaï. Oui. Un mois après, en avril 2016 donc, VonjyTodisoa devient le gérant de l’entreprise MOFOGASY basée à Antananarivo. Ce, jusqu’à aujourd’hui. Depuis novembre 2016, il est le CEO de l’entreprise TRUTHLIONS FILMS Inc. basée dans le centre de Singapour. Enfin, depuis décembre 2016, il est CEO de l’entreprise ETRENAL STREAM HOLDINGS Inc. basée à Dubaï. Lien de ces sociétés à l’étranger: elles sont toutes domiciliées dans des paradis fiscaux. Mais sont-elles réelles, c’est-à-dire fonctionnent-elles ou il ne s’agit que des enseignes sans rien derrière?

En tout cas, il semble que l’homme a plus d’une corde à son arc de créateur de sociétés: aller de l’informatique à l’industrie du film en passant les beignets bien malagasy, il faut le faire! Mais tout compte fait, et à bien y voir, il n’est qu’un sous-fifre, un prête-nom, un paravent d’opérations plus ou moins louches et secrètes les unes que les autres. Pour l’heure, qu’est-ce que cela donne, en pratique pour le Vonjy Todisoa?

En septembre 2014, dans le cadre de la mise en place de latélévision numérique terrestre (TNT) à Madagascar, il se révèle être le directeur de la société CMPIA donc, censée travailler avec des investisseurs chinois. A cette époque, à l’hôtel Ibis d’Ankorondrano, notre Vonjy Randriamaromanana avait déclaré: «dans ce projet, la société allouera 154,2 millions USD et l’Etat Malagasy disposera de plus de 51% du capital, une fois le nouveau système mis en place».Depuis, plus personne n’a entendu parler de cette société CMPIA et le projet TNT est ce qu’il est: bancal, incompris et de moindre envergure par rapport aux belles déclarations présidentielles à Nosy Be, lors du lancement officiel. Plus encore, des arnaques de transcodeurs jaillissent ici et là. Mais il y a eu aussi une histoire de détournement de centaines de millions de dollars apportés par les Chinois…

En février 2015, Vonjy Todisoa réapparaît en tant que Directeur général d’Urban Tv (UTV) qui ne fera pas long feu. Étant donné que tous les professionnels comme Naina Rabearivony ou encore Randy Donny ont quitté ce navire pourri lorsqu’ils ont su que cette chaine avait été créée en vue des élections municipales et que Jaobarison Randrianarivony, fondateur et propriétaire de l’agence «Média Consulting», mais surtout conseiller spécial à Iavoloha, représentait les intérêts financiers de la famille Rajaonarimampianina au sein de cette UTV. Au final, Vonjy Todisoa a aussi quitté la barre. Un fait à relever, en passant: Vonjy Todisoa Randriamaromanana était le P-Dg de la société «Vue Madagascar», alors propriétaire de la licence d’exploitation de la station UTV, mort-née donc.

Mais qu’est-ce que ce jeune homme a dans la tête? Sachez que, s’il existe bien un «Film Lions award», TRUTHLIONS FILMS Inc. basée dans le centre de Singapour n’existe pas. Il en est de même pour ETRENAL STREAM HOLDINGS Inc. basée à Dubaï. Et même ETERNAL STREAM HOLDINGS. Encore moins BIZNA.MG OFFSHORE, toujours à Dubaï pour faire sensation. Nous avons des correspondants sur place et ces enseignes ne correspondent à rien du tout. Quant à «Vue Madagascar», c’est sûrement une vue d’esprit car cette société est invisible partout.

Ainsi, Vonjy Todisoa Randriamaromanana n’est qu’un escroc minable du même genre de ceux qui pullulent actuellement sur les réseaux sociaux, place de choix virtuel pour appâter les gogos et les simples d’esprit. Justement, en parlant de réseaux sociaux, il possède son profile sur facebook. Que peut-on y lire? Qu’il a fait des études à l’Australian Film Television and Radio School (AFTRS); qu’il a fait des études cinématographiques à l’université d’Honolulu à Hawaï; qu’il est producteur de film en Nouvelle-Zélande. Pas mal. Et à quel momen et a-t-il habité à Christchurch, ville sur l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande. Il doit donc en connaître un bout sur le «Haka»(cri de guerre) des All Blacks néo-zélandais alors. Voilà pour vous prouver qu’on peut écrire tout ce qu’on veut sur facebook pour se donner un quelconque avantage. Mais, hélas, on saura que dans la vraie vie, il est un très mauvais acteur se posant en victime. Un rôle de trop, une simple silhouette au milieu de stars malgaches de la corruption au plus haut niveau. Un menu fretin qui a joué au grand gredin mais qui paiera pour les autres lorsque viendront les «moments difficiles».

En fait, Vonjy Todisoa Randriamaromanana profite tout simplement de son accointance avec certains conseillers spéciaux du président de la république pour faire des «affaires» («Bizna»). Comme tant d’autres, hélas, avec, comme passe-partout magique, le mot Hvm qui délie jusqu’aux bourses publiques…. Mais lorsque ces conseillers vont le lâcher, il n’y aura que deux choix: fuir comme Gérard Ramangasoavina (celui qui a grugé 3.600 malgaches avec sa société «Tany Gasy», mais qui a réussi à quitter le pays en payant un gros pot-de-vin partout), ou bien atterrir directement à la prison de Tsiafahy.

Car, sûrement, Vonjy Todisoa Randriamaromanana ne le sait pas: les murs ont des oreilles et parfois des mains… Sa plainte contre Houcine Arfa entre dans sa démarche d’arnaqueur tablant sur la «perméabilité» de la justice malgache. Pour ne pas dire plus…. Et s’il compte aussi porter plainte contre moi, il devra vraiment y réfléchir à deux fois. Est-il vraiment le millionnaire qu’il prétend être et comment l’est-il devenu dans ce cas? De toute façon, ici à Madagascar ou ailleurs, un document très explosif pour lui et ses protecteurs sera publié. Bientôt… Il faut, tôt ou tard, les gars, être responsables de vos actes et en payer le prix. En ce qui concerne Michel Randriamaromanana, illustre inconnu mais père (une faute de frappe dans “La Gazette” a donné “frère”) de Vonjy, il est comme on dit en malgache: un «kofehy manara-panjaitra» (littéralement: le fil qui suit l’aiguille). Un simple complice par obligation familiale.

Jeannot Ramambazafy – Article publié également dans “La Gazette de la Grande île” du samedi 17 février 2018

http://www.madagate.org/politique-madagascar/dossier/6688-affaire-houcine-arfa-qui-est-ce-vonjy-randriamaromanana.html
Affaire Houcine Arfa – Qui st ce Vonjy Randriamaromanana la gazette de la grande Ile du 17 février 2018

Madagascar Affaire Houcine Arfa les magistrats entendus par le Bianco les nouvelles du 17 février 2018

Alors que la décison du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) est très attendue par le Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM), le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco) est déjà à pied d’oeuvre pour entreprendre des enquêtes approfondies. Cette semaine, “Des magistrats concernés par l’affaire ont été auditionnés par le Bianco, dont le Procureur de la République”, a indiqué une source au courat du dossier. Une dizaine de personnes avaient également déjà été auditionnées auparavant. Sous cet angle, les enquêtes avances du côté du Bianco, aucune partie, du côté d’Houcine Arfa, n’a encore été entendue par l’organe anti-corruption. Dans tous les cas, le CSM devrait tenir ce mois-ci sa première session extraordinaire qui a lui tous les deux mois, “Nous attendons la décision du CSM à l’encontre des magistrats impliqués dans l’affair Houci Ara”, a indiqué la pésiente du SMM, fanirisoa Ernaivo, joint au téléphone hier. D’après elle, ds sanctions disciplinaires devront être appliqués aux magistrats concernés. Quoi qu’il en soit, la plainte déposée par Houcine Arfa contre huit personnalités malgaches dont le procureur de la République et la ministre de justice, fera davantage la lumière sur ce dossie.”Une double plainte ne fera qu’éclaircir au mieux l’affaire”, a-t-elle précisé. En effet, les autoités malgaches ont éalement déposé une plainte contre le fugitif auprès des autorités frnçaises et il semblerait que les avis de recherche soient déjà n cours. Pour rapppel, l’affaire Houcine Arfa remonte vers la fin de l’année dernière lorque celui-ci  a réussi à s’évadr d prison apès avoir été condamné à rois de prison et ‘une peine d’amende. Il a nsuite pu ejoindre la France vers le début de l’année en expliquant qu’il dû payer une grosse somme à la inistr de la justice. L’affaire est n cours et un deuxième procès attend Houcine Arfa le 9 mas prochain à Anosy. TN http://www.newsmada.com/2018/02/17/affaire-houcine-arfa-des-magistrats-entendus-par-le-bianco/

Madagascar – CNIDH: Suspicions de corruption à l’ENMG ! lagazette de la grande île du 17 février 2018

Actuellement, les cas de corruption ne sont pas des moindres et ce dans la majorité des secteurs d’activités et institutions. En effet, la corruption est dans tous ses états à Madagascar. Elle demeure présente dans au sein des divers administrations et institutions, à savoir l’éducation, les douanes, les impôts, les forces de l’ordre, la justice… Selon la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme  (CNIDH), l’Ecole Nationale de la Magistrature et des Greffes de Madagascar (ENMG)  ne fait pas exception  et fait l’objet de suspicions de corruption et de trafics d’influence autour des concours d’entrée au sein dudit établissement.  Il faut dire que les trafics d’influence et de cas de corruptions dans des concours de ce genre sont considérables. Surtout que certains parents sont prêts à payer le prix fort pour faire admettre leur fils ou leur fille aux concours d’entrées qui donnent accès aux fonctions publiques. L’accès à ce genre de concours est devenu une simple formalité pour les plus fortunés, ce qui réduit les chances  d’accès des bons candidats. A la sortie, on aura d’une part des magistrats fiers du nouveau statut qu’ils auront acquis grâce à leurs efforts, et d’autre part des individus aux compétences techniques douteuses, mais surtout à l’intégrité compromise d’avance, puisqu’ils devront rentabiliser leur investissement initial. Comment voulez-vous que les citoyens fassent confiance en la justice si la future génération est déjà corrompue d’avance ? En effet, beaucoup de citoyens s’abstiennent de recourir à la Justice,  convaincus que la partie adverse aura déjà payé les magistrats pour lui donner raison. D’où le recours à la justice populaire, où le fait d’être en masse donne l’illusion d’être dans son bon droit, alors qu’on prive un être humain de son droit à un procès équitable et pire, de son droit à la vie. Afin de rétablir la confiance envers la justice, la CNIDH demande à ce que la présente session soit annulée si les suspicions de corruption sont avérées, et que les responsables, y compris les personnalités qui se seront rendues coupables de pressions pour l’admission de tels ou tels candidats, soient sanctionnés, et les sanctions rendues publiques. On est actuellement en présence d’une croissance exponentielle de la corruption, ce qui n’est point bon pour le pays. Egalité et intégrité ne sont plus que vains mots à cause de la corruption qui prévaut dans la Grande Ile.  C’est pourquoi, la CNIDH soutient avec force les efforts du Bureau Indépendant Anti-Corruption pour combattre les pratiques de corruption à l’entrée des grandes écoles de formation de fonctionnaires. Jean Riana  

Madagascar – Ecole nationale de la magistrature – La Cnidh exige une annulation des examens la verité du 17 février 2018

Suite aux révélations parues dans les médias concernant des soupçons de corruption dans le concours d’entrée à l’Ecole Nationale de la Magistrature et des Greffes de Madagascar (Enmg), la Commission nationale indépendante des droits de l’homme se dit préoccupée. Sur cette lancée, la Cnidh interpelle fortement le ministère de la Justice ainsi que l’ensemble des responsables étatiques et les simples citoyens. « La corruption au sein de la magistrature est l’une des plus néfastes, car elle peut avoir pour conséquence de graves violations des droits de l’homme », selon toujours la Commission. Elle ne manque pas de rappeler que la méfiance envers les magistrats constitue la principale motivation des actes de vindicte populaire.

Du coup, l’existence d’une corruption dès l’entrée à l’école des magistrats ne fera que ternir l’image de ces derniers. La Commission pointe du doigt la velléité de certains parents qui « paient le prix fort pour faire admettre leur fils ou leur fille au concours d’entrée, qui n’est plus alors qu’une simple formalité ». Les candidats ne sont alors pas sur le même pied d’égalité car, d’une part, il y a « des magistrats fiers du nouveau statut qu’ils ont acquis grâce à leurs efforts, et d’autre part, des individus aux compétences techniques douteuses, mais surtout à l’intégrité compromise d’avance, puisqu’ils devront rentabiliser leur ‘investissement’ initial », constate toujours la Commission.

Méfiance redoublée 

Ces soupçons de corruption ne manqueront pas d’acculer les magistrats qui font déjà l’objet de méfiance auprès des usagers de la Justice. Par conséquent, la Cnidh affirme son soutien aux efforts du Bureau Indépendant Anti-Corruption pour combattre les pratiques de corruption à l’entrée des grandes écoles de formation de fonctionnaires, et plus particulièrement au concours d’entrée à l’Ecole Nationale de la Magistrature et des Greffes.

La Commission exige également que « la présente session soit annulée si les suspicions de corruption sont avérées, et que les responsables, y compris les personnalités qui se seront rendues coupables de pression pour l’admission de tels ou tels candidats, soient sanctionnés, et les sanctions rendues publiques ». Une interpellation qui attend une réaction immédiate  de la part du ministère concerné !

Recueillis par  S.R.

Madagascar – Soupçon de corruption à l’Ecole nationale de la magistrature et des greffes expressmada du 17 fevrier 2018

Des suspicions de corruption couvent au concours d’entrée à l’ENMG. Des voix comme celle de la CNIDH réclament l’annulation du processus. Corrup­tion et trafics d’influence.  Tels seraient les motifs de suspicion autour du concours d’entrée à l’École nationale de magistrature et des greffes (ENMG). Un concours dont le test de présélection s’est déroulé le 6 février. À l’instar de la Commission nationale indépendante des droits de l’Homme (CNIDH), des voix demandent l’annulation du concours. Dans un communiqué qu’elle a publié, hier, la CNIDH interpelle le ministère de la Justice et les autorités étatiques. « La Commis­sion demande que la présente session soit annulée si les suspicions de corruption sont avérées, et que les responsables, y compris les personnalités qui se seront rendues coupables de pressions pour l’admission de tels ou tels candidats, soient sanctionnés, et les sanctions rendues publiques », rapporte la missive. Pour la Commission des droits de l’Homme, qui aurait reçu des doléances concernant ces suspicions, il y va de la restauration de la confiance des citoyens envers la Justice et, à terme, de l’État de droit. Selon les informations, le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco), aurait aussi demandé à ce que le concours en cours soit annulé. Que le processus soit repris au début et qu’en soient écartées toutes les personnes concernées, de près ou de loin, par les soupçons. Pour le Bureau d’Ambo­hibao, qui aurait ouvert une enquête à la suite de plaintes et de renseignements, un tel concours ne devrait être entaché d’aucun soupçon de malversation. Les indiscrétions indiquent que des indices tendraient à confirmer l’existence de velléités d’intervention malveillante dans le processus du concours. Cependant, au stade actuel de l’enquête, nous ne sommes pas encore en mesure de dire par qui, pour qui et comment. À la fin de la semaine dernière, une perquisition auprès de la direction financière de l’ENMG a été annulée. Condition résolutoire « Le directeur administratif et financier a pris la fuite lorsqu’il s’est aperçu qu’il s’agis­sait d’une perquisition. La procédure devant se faire en présence du responsable, a donc été annulée », indique une source proche du dossier. « Pourquoi ce responsable a-t-il fui s’il n’a rien à se reprocher, ou s’il n’y a rien à cacher ? », ajoute-t-elle. Des auditions de personnes concernées par les préparatifs et la réalisation du concours se seraient, par ailleurs, déroulées au Bureau d’Ambohibao, cette semaine. Pour le Bianco, l’annulation du concours serait une condition sine qua non et résolutoire, de sa participation à la convention tripartite devant assurer l’intégrité du processus d’admission à l’ENMG. Contacté, Angelain Rasami­manana, directeur général de l’École, balaie l’idée d’une annulation du concours. « Il n’y aura ni annulation ni reprise du processus. C’est le Bianco qui soupçonne quelque chose, mais jusqu’ici, il n’y aucune preuve de fraude, de fuite de sujet ni de quoi que ce soit d’autres », réplique-t-il. Le directeur général affirme que le concours se déroule dans les meilleures conditions. Néanmoins, une réunion entre l’ENMG, le ministère de la Justice, le Bianco et le ministère de la Population, la semaine prochaine, devrait trancher sur le sujet. À propos de la perquisition, il soutient qu’aucune perquisition n’a été faite à l’ENMG. Elle a été annulée par l’autorité judiciaire qui en a donné l’autorisation. En réponse à la Commission des droits de l’homme, Angelain Rasami­manana déclare que ce qui se passe à l’École ne concerne en rien la CNIDH. Pourtant, d’après Seth Andriamarohasina, rapporteur de la CNIDH, toute corruption ou trafic d’influence dans les concours d’entrée aux grands corps de l’État, représente une forme de violation des droits de l’homme, en ceci qu’ils lèsent les méritants, bloquant ainsi l’ascenseur social. Il relève du mandat de la CNIDH de veiller à ce que pareils traitements inégalitaires ou népotisme ne rongent plus la société. Dans son communiqué, la Commission soutient, du reste, que la corruption au sein de la magistrature est l’une des plus néfastes, car elle peut avoir pour conséquence de graves violations des droits de l’Homme. Elle soulève l’exemple des vindictes populaires dont l’une des causes est la méfiance vis-à-vis de la probité et de la compétence du magistrat. Garry Fabrice Ranaivoson http://www.lexpressmada.com/blog/actualites/soupcon-de-corruption-lannulation%E2%80%88du%E2%80%88concours%E2%80%88dentree%E2%80%88a%E2%80%88lenmg%E2%80%88reclamee/

Madagascar Suspicion de corruption à l’école nationale de la magistrature et des greffes – midi madagasikara du 17 fevrier 2018

Pour cette année, les choses sont loin de s’améliorer au niveau de la lutte contre la corruption. En effet, « des suspicions de corruption et de trafic d’influence » ont entouré le concours d’entrée à l’Ecole Nationale de la Magistrature et des Greffes (ENMG) et des enquêtes y afférentes ont été menées par le Bianco. Ces faits ont été signalés à la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme ou CNIDH laquelle a réagi promptement. Ainsi, dans un communiqué en date d’hier, cette commission déclare « soutenir avec force les efforts du Bianco pour combattre les pratiques de corruption à l’entrée des grandes écoles de formation de fonctionnaires, et plus particulièrement au concours d’entrée à l’ENMG ». Par ailleurs, elle recommande à ce que « la présente session soit annulée si les suspicions de corruption sont avérées, et que les responsables, y compris les personnalités qui se seront rendues coupables de pressions pour l’admission de tels ou tels candidats, soient sanctionnées et les sanctions rendues publiques ». Recueillis par Aina Bovel http://www.midi-madagasikara.mg/politique/2018/02/17/suspicion-de-corruption-a-lenmg-la-cnidh-exige-des-sanctions-a-lendroit-des-responsables/

Madagascar – Une panne générale au sein de l’appareil judiciaire Madagascar Matin du 16 fevrier 2018

  Le système judiciaire malagasy semble être en panne. Evasion de prisonniers, recrudescence des vindictes populaires, grève qui plane au sein des agents pénitenciers…Rien va plus à Faravohitra, siège du ministère de la Justice La foudre abattue actuellement par l’évadé français, Arfa Houcine Yerres, sur le toit du paisible ministère de la Justice malagasy continue de faire des ravages. Au mois de janvier, cet ancien collaborateur du Président de la République, Hery Rajaonarimampianina, a accusé la garde des Sceaux, Alexandrine Elise Rasolo d’ête une corrompue à 70 000euros. Et aussi la procureure de la République. Balisama Odette Razafimelisoa, d’être une vendue à 30 000 euros. C’était la mèche qui a tout déclenché. Depuis, cette institution accumule les mauvais points aux yeux de l’opinion publique. A commencer par l’évasion de trois prisonniers, l’un jugé très dangereux de la maison centrale d’Antanimora la semaine passée. L’un d’eux est un assassin, déjà jugé pour meurtre et vol. L’autre est un faussaire redoutable et le dernier un énergumène de la pire espèce. Mettant au grand jour la vétusté d’un système judiciaire et carcéral aussi vieux que la bâtisse coloniale du ministère de la Justice à Faravohitra, avec ses murs aigris par le temps et son style ancestral. Du coup, il a été facile pour les évadés d’escalader un mur et de se trouver dehors. Au nez et à la barbe des agents pénitentiaires. Une situation qui risque encore de durcir la situation entre le personnel pénitentiaire et la ministre de la Justice. Décidément, cette dame assez discrète, avec des airs de gentille poupée russe, est devenue en deux mois la star des médias. En effet, celle-ci n’a pas manqué de fustiger les gardiens de prison pour leur laisser aller dans l’affaire Arfa Houcine Yerres. Permettant à ce dernier de s’enfuir en France depuis l’hôpital Ravoahangy Andrianavalona à Anosy. Par presses interposées, les deux protagonistes se sont jeté la responsabilité. Pour finir, deux agents pénitentiaires ont été incarcérés. Par contre, les signataires des différents ordres n’ont pas été touchés. Loin de là, certains se pavaneraient déjà dans leur bureau. A côté de cela, les justices populaires reprennent de plus belle dans plusieurs Régions de Madagascar. Le cas le plus notable a été celui du sexagénaire, accusé de vol, at tabassé à mort par un étudiant en droit de l’université de Fianarantsoa. De plus, sa mort a été atroce. Les photos du présumé voleur, les cheveux grisonnants, cachant son visage avec ses mains et le jeune homme soulevant moellon ont circulé sur les réseaux sociaux. Sans attendre, les policiers se sont mis à rechercher l’étudiant. Mais avant cela et après cela, plusieurs cas de vindicte populaire ont été répertoriés. A l’heure o l’Etat s’attèle sur les « Tribonaly mitety vohitra » ou « Tribunaux par monts et collines »pour inciter les gens dans les Régions isolées à s’inscrire sur la liste électorale et à faire leur carte d’identité. Décidément le pouvoir central préfère se focaliser sur les élections présidentielles sans date, tandis que le phénomène « vindicte populaire» semble regagner les mœurs. Les tenants du pouvoir seraient capables d’envoyer des représentants du pays, mais ils sont incapables de régler et de faciliter la Justice quand il le faut. Avec les cas d’insécurité grandissante, les Forces de l’ordre font parfois défauts dans la traque des « dahalo ». La population est encline à vouloir se faire justice elle-même. Dans le cas des régions rurales, c’est devenue presque une règle si les éléments de la Gendarmerie n’interviennent pas à temps. Sans doute trop occupée à se dégager les cailloux qui la gênent depuis l’affaire Arfa Houcine Yerres, la ministre de la Justice n’a pas le temps de considérer ces situations. Mais le bal continu, les agents pénitentiaires veulent aussi faire la grève. C’est du moins ce que ces derniers projettent de réaliser dans les prochains jours ou semaines. Il y a de grosses épines dans les pieds de la ministre puisque ces agents pénitentiaires ont la réputation d’être de vrais combattants. Avec à leur tête, un syndicat assez puissant. Si jamais les agents pénitentiaires font grèves, le système carcéral sera grandement fragilisé. Apparemment, ça sent la poudre dans les murs de la bâtisse coloniale à Faravohitra. Il est facile d’imaginer l’ambiance lors des semaines à venir diront sur l’avenir de cette chef d’institution. Le kidnapping d’un homme d’affaire à Toamasina a encore mis la Justice malagasy devant le fait accompli. Quand les policiers ont mené leur enquête, le nom d’une certaine Stéphane est réapparu. Cette dernière est considérée comme le chef d’un gang de kidnappeurs notoire. Devenue richissime à cause de cette activité, elle a été finalement arrêtée, voilà qu’elle continue encore de faire parler d’elle. A se demander si cette criminelle est passée par les mains de la Justice malagasy ou non, si elle s’est une fois dans sa vie tenue devant des juges au tribunal. Pourtant, elle serait une véritable pieuvre très dangereuse. Les regards se tournent donc vers l’appareil judiciaire concernant cette marraine de l’enlèvement dans la Capitale de l’Est. Si les enquêtes confirment sa participation dans cet enlèvement, la Justice ne pourra pas se défier. Elle y est impliquée jusqu’au cou. Et il faut savoir si la ministre aura le cran pour faire l’éclaircissement sur cette affaire.  

Madagascar – Les débats sur le climat des affaires – expressmada su 16 fevrier 2018

Madagascar pourrait prochainement devenir membre de l’Ohada. Mais les avis sont totalement partagés quant au franchissement de ce pas. L’évènement économique du mois est – et demeure – le « signal fort » envoyé du Carlton le 8 février dernier sur « l’opportunité (ou non) de l’adhésion de Madagascar à l’Ohada ». Un tel thème, énoncé comme tel, ne dit peut-être rien qui vaille aux non-initiés de l’Économie en général, et du climat des affaires en particulier, ou de la Justice en général et de la justice commerciale en particulier. Mais à la seule évocation de ces deux tableaux, la grande conférence d’il y a huit jours sur les bords du lac Anosy fera date dans les annales du développement économique de la Grande île. Que signifie le sigle Ohada ? C’est « l’Organisa­tion pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires ». Cette organisation supra-nationale, créée le 17 octobre 1993 à Port-Louis (Maurice) par quatorze états africains (dix huit aujourd’hui, et sans doute dix neuf avec l’adhésion prochaine du Maroc), a pour mission de garantir la sécurité juridique et judiciaire dans l’environnement des affaires en y instaurant des règles simples, modernes et adaptées, en favorisant une justice indépendante et fiable, tout en encourageant le recours à l’arbitrage pour le règlement des différends. Nécessité d’attirer les investisseurs. Bien que la mission de l’Ohada soit juridique, sa finalité est par contre ô combien économique, en ce qu’elle constitue un moyen de promouvoir un droit des affaires attractif pour les investisseurs en général, et d’attirer les investissements directs étrangers en particulier. Rien d’étonnant à ce que l’évènement du Carlton ait attiré pas moins de 120 participants, invités par le cabinet MCI ou Madagascar Conseil International, et le consortium Ferdinand Aho qui ont, en tant qu’experts et consultants, mené de concert l’étude confiée par l’Union européenne au titre de son programme d’appui à l’emploi et à l’intégration régionale (Procom). Des invités au premier rang desquels la ministre et garde des Sceaux Élise Alexandrine Rasolo, le directeur général de l’Edbm Eric Robson Andriamihaja, le président du Syndicat des industries de Madagascar Fredy Rajaonera, et le représentant de l’ambassadeur de l’U.E. Antonio-Sanchez Benedito Gaspar. Un sujet incandescent ? Mais cette assistance « select et nombreuse » a surtout été dominée par les représentants du secteur public et par une forte majorité de la communauté judiciaire, tous vivement intéressés par le sujet déjà quelque peu incandescent par nature, d’autant que les gouvernements successifs de Madagascar depuis 1993 ont toujours tourné le dos à l’Ohada. Dans le cadre des discussions avec le Fmi et celui du dialogue public- privé, le Président Hery Rajaonarimampianina a fait pour la 1ère fois une déclaration d’intention de Mada­gascar d’adhérer à l’Ohada, et d’annoncer, dans la foulée, qu’une étude toutefois devra être préalablement conduite pour savoir si des besoins et des attentes existent. D’où cette étude menée rondement depuis deux ans par MCI et le consortium Ferdinand Aho, car le climat délétère des affaires à Madagascar ne permet pas l’épanouissement du secteur privé. Il constitue un obstacle majeur à l’arrivée (tant souhaitée) des investisseurs dans la Grande île, ce qui permettrait en particulier de résorber le chômage et de booster la croissance. Des enquêtes ont alors été menées dans 5 villes de Madagascar, où des sondages ont été effectués dans les règles de l’art. Des intervenants ès qualités. Trois interventions « techniques » de haute volée ont marqué cet évènement hors du commun au Carlton. D’abord de Ferdinand Aho, ancien conseiller du secrétariat de l’Ohada qui s’est livré à une présentation limpide et détaillée de l’Ohada, ainsi qu’à une présentation non moins judicieuse de l’étude confiée aux experts et consultants issus des deux cabinets partenaires. Ensuite, le directeur juridique de MCI Véronique Andriambelo a mené une analyse comparative du droit Ohada et du droit malgache des affaires. Enfin, le manager associé de MCI, Raphaël Jakoba a été le plus attendu des intervenants pour « la perception de l’Ohada à Madagascar », et surtout pour dresser « les perspectives et les recommandations ad hoc », en mettant en exergue tant les arguments de ceux qui sont pour l’adhésion que les points de vue de ceux qui s’y opposent. Mais avant l’intervention de celui-ci, la prestation de Véronique Andriambelo n’a pas manqué de captiver l’attention générale, car le droit malgache s’est beaucoup inspiré du droit Ohada. Elle y a égrené les points de similitude, notamment pour ce qui est de notre droit commercial général, du droit des sûretés, des procédures collectives d’apurement du passif et du droit des sociétés. Elle a judicieusement fait remarquer que « le législateur malgache n’a pas hésité à adapter ce droit Ohada aux spécificités malgaches, telles que le contrat traditionnel dit “fehivava” ». Mais l’intervenante a également traité des divergences entre les deux « droits ». Le droit Ohada a pris une longueur d’avance sur le droit malgache (transports de marchandises par routes), et une longueur de retard (arbitrage et comptabilité). Bouquet final très attendu. Quant aux « perspectives et recommandations », le bouquet final tant attendu par l’assistance, Raphaël Jakoba a indiqué que les experts chargés de l’étude ont opté pour le moment pour une « ligne médiane ». Car leur analyse a montré qu’il y avait deux camps qui ont à peu près le même poids : le secteur privé et le secteur public, notamment l’appareil judiciaire composé de magistrats et d’avocats/conseils, qui redoutent une perte de leur souveraineté. En effet, les arrêts des cours d’appels malgaches feraient l’objet, en cas d’adhésion à l’Ohada, d’un pourvoi en cassation auprès de la cour commune de Justice et d’arbitrage de l’Ohada à Abidjan. Pour le secteur privé, ce pourvoi en cassation permet de lutter efficacement contre la corruption, alors que pour les juges judiciaires, il s’agirait d’une immixtion intolérable dans leur souveraineté. On a ainsi compris combien incandescent est le sujet, d’où des positions tranchées de part et d’autre. Dans tous les cas, les débats ont été animés. Entre autres, grâce aux ténors comme l’ancienne ministre de la Justice Bakolalao Ramanandraibe, ou l’ancienne présidente de cour Nelly Rakotobe et du représentant du GEM Noro Andriamamonjiarison, ainsi que Zakazo Ranaivoson, conseiller fiscal. En définitive, la position équilibrée des experts est dictée par le souci d’imposer un acte d’autorité imposant un choix politique. L’adhésion à une organisation comme l’Ohada relève d’une décision politique, en l’absence d’un minimum de consensus entre les forces vives de la Nation, en l’occurrence le secteur public et le secteur privé. Au stade actuel, 70% du secteur privé sont prêts à rejoindre l’Ohada, et 80% des juges  se dressent contre. Dans ce contexte, les experts estiment qu’un minimum de consensus doit être recherché au préalable. Merci à l’U.E. Les participants ont rendu grâce à l’Union européenne d’avoir suscité et financé cette étude ou ce débat, permettant ainsi aux responsables étatiques malgache de ne pouvoir éventuellement dessiner le simple qu’après une étude approfondie du compliqué. Nul doute que les idées égrenées lors de ce débat auront donné un nouveau souffle à ceux qui espèrent enfin un climat des affaires apaisé et générateur de performances économiques à Madagascar, et ce d’autant que les acteurs tant du secteur public que du secteur privé ont marqué leur attachement à la liberté individuelle, aux principes de responsabilité et aux principes de solidarité.  

Affaire Houcine Arfa, Le régime est désemparé la gazette de la grande ile du 13 février 2018

Le régime Rajaonarimampianina fait mine de minimiser les attaques d’Houcine Arfa mais en vérité il est désemparé. On peut même dire que c’est l’affolement en haut lieu. Derrière une sérénité de façade, certaines personnes commencent à suer à grosses gouttes, à avoir les mains moites et à sourire jaune. Il est peu fréquent et même inédit qu’un Ministre de la Justice et un Procureur de la République soient les cibles d’une plainte largement médiatisée, après avoir été accusés de corruption. Si la procédure pénale initiée dans l’Hexagone aboutit à une condamnation des prévenus malgaches, la France pourra exiger leur extradition.  Ce sera la honte totale pour les intéressés en particulier, et pour Madagascar en général. L’équipe dirigeante a cru que sa meilleure défense serait de discréditer Houcine Arfa, afin de le faire taire. Comme à l’accoutumée, elle a sous-estimé son adversaire. La contre-offensive maladroite du régime n’a fait que conforter Houcine Arfa dans sa tactique. La démarche de ce dernier est intéressante. Veut-il aller jusqu’au bout de sa vengeance dans une logique de commando ou espère-t-il obtenir le maximum d’argent dans une logique de mercenaire ? Il a choisi de ne pas circonscrire ses attaques à la sphère judiciaire. En médiatisant chacun de ses coups, l’ancien conseiller à la sécurité du Président Hery Rajaonarimampianina montre qu’il est animé d’une intention de frapper fort, et même de nuire. Et si le personnage était davantage avide de notoriété que d’argent ? Après tout, pourquoi ne vendrait-il pas les droits liés à son histoire à une grande compagnie de cinéma ? « Madagascar » n’est pas uniquement un célèbre dessin animé. Cela pourrait devenir également un film d’aventures ou une série d’espionnage avec Houcine Arfa dans le rôle principal. Après avoir eu son quart d’heure de gloire en révélant les informations scandaleuses liées aux conditions de son incarcération et de sa fuite, Houcine Arfa est tenaillé par deux craintes : la peur d’être lâché par les autorités françaises et l’angoisse de retomber dans l’anonymat et la médiocrité. Il n’a donc pas d’autre choix que de poursuivre son entreprise de démolition du régime actuel, en alimentant les médias traditionnels et les réseaux sociaux, avec chaque nouvel épisode de sa saga malgache.
  1. GASPARD