Tolérance zéro et exemplarité des sanctions en matière de corruption d’après le compte rendu du conseil de ministres du 20 février 2019

« TOLERANCE ZERO ET EXEMPLARITE DES SANCTIONS EN MATIERE DE CORRUPTION »

Le Président de la République a fait une communication indiquant toutes les grandes lignes à suivre pour lutter contre la corruption. En cohérence avec ses engagements envers la population (Velirano) et le programme de l’IEM, le Président de la République a fait savoir que

*la tolérance zéro et l’exemplarité des sanctions en matière de corruption s’appliquent à tous et dès maintenant.

*Les corruptions avérées seront sanctionnées pénalement suivant la loi et en plus de remboursement intégrale des fonds détournés par les incriminés. Tout fonctionnaire impliqué dans les affaires de corruption sera immédiatement radié de la fonction publique.

*Les axes prioritaires sont : les luttes contre les marchés fictifs, contre les corruptions au sein des collectivités territoriales décentralisées, des services fonciers, de la justice, de la gendarmerie nationale, de la police nationale, de l’éducation nationale, de l’environnement, de la douane et des impôts. Le Président de la République a exigé l’égalité des chances pour tous dans l’accès à tout concours d’entrée à la fonction publique. Des mesures seront prises immédiatement concernant des cas avérés de corruption suivant les départements et ministères concernés.

*Des nouvelles mesures seront adoptées de manière à renforcer et à améliorer le cadre juridique et institutionnel de la lutte contre la corruption avec des motivations pour les bons fonctionnaires et sanctions exemplaires pour les récalcitrants.

*Le principe de rotation sera appliqué dorénavant dans tout poste à haute responsabilité au sein du service public.

Justice populaire inquiétante à Madagascar.Il existe encore de nombreux cas où la justice s’achète – La gazette de la grande île 21 fevrier 2019

Les Malgaches n’ont plus confiance en la justice, plus précisément à l’organisation de notre système juridictionnel. Si une juridiction est censée régler les litiges en se conformant aux normes, il existe encore de nombreux cas où la justice s’achète, la corruption en est une preuve. En effet, cette dernière constitue encore un phénomène difficile à éradiquer à Madagascar, et on la rencontre presque dans tous les domaines, même dans le système judiciaire. Quoi de plus surprenant que de voir que même le pouvoir judiciaire, qui est censé contrôler le respect et l’application de la loi, n’est plus en mesure d’accomplir son travail comme il se doit ? Malgré l’existence des diverses institutions qui sont chargées de lutter contre la corruption, celle-ci a toujours été une bataille interminable pour les Malgaches, et les efforts de ces institutions ne sont pas encore assez palpables jusqu’à présent. Ce qui nous laisse croire que les particuliers préfèrent désormais créer leur propre justice, sans avoir à consulter les organes juridictionnels. Leurs moyens sont nombreux, à l’instar de l’application de la vindicte populaire et du « dina » envers les « hors-la-loi», qui sont directement effectués par la société sans l’intervention des autorités étatiques. Cependant, la vindicte populaire devrait pourtant être interdite à Madagascar, car elle viole les droits humains jugés comme étant fondamentaux, à savoir le droit à la vie et à l’intégrité physique. Malgré le fait que ce sont les malfaiteurs qui subissent ces atteintes, mettre fin à leur vie constitue-t-il une bonne manière de faire respecter la justice ?

Hariantsa Cynthia

Fonjan’ny vehivavy Antanimora – Aoka hafainganina ny fitsarana anay – Taratra 21 fevrier 2019

Naneho ny alahelony. “Takinay ny hanafainganana ny fitsarana anay satria maro ireo efa notanana elabe tety. Ao koa ireo efa zokiolona nefa atao tsinontsinona amin’ny fihazonana azy. Maro ireo antontan-taratasy efa niakatra tany amin’ny fandravana didy nefa tsy misy tohiny. Ny sasany aminay, tsy meloka akory nefa tanana aty”, hoy ny solontenan’ireo vehivavy voafonja, teny Antanimora, omaly. Nohamafisin’izy ireo fa tsizarizary sy tsy ara-pahasalamana ny fonja. Eo koa ny hatereny. Ny tsy fahampian’ny fanafody… Namaly izany ny teo anivon’ny minisiteran’ny Fitsarana, amin’ny alalan’ny tale kabinetra ka nilaza fa efa ao anatin’ny politikan’izy ireo ny hanafainganana ny fitsarana ireo voafonja. Eo koa ny fanatsarana sy fanavaozana ny fonja. Ny fanavaozana ny tontolon’ny fandraharahana ny fonja. Manampy ireo ny fijerena ny hiverenan’ireo voafonja eo anivon’ny fiaraha-monina.

Tsiahivina fa tonga teny an-toerana nitondra fanampiana ho an’ireto vehivavy voafonja ireto ny eo anivon’ny asa sosialy ao amin’ny fiadidiana ny Repoblika. Nanolotra vary amin’ny kipato maromaro sy voamaina ary koa koba aina izy ireo tamin’izany.

Samy nampanantena ny hijerena ny olan’ireo vehivavy voafonja ireo rehetra nandaha-teny.

Synèse R.

Tous pourris ? La situation de Kraoma vendue en catimi aux russes l’illustre la gagébie ambiante de l’ancien pouvoir exécutif – Expressmada du 21 février 2019

Une situation chromique. C’est le moins que l’on puisse dire à propos de ce qui est advenu à la société Kraomita Malagasy. Un fleuron des entreprises locales qui a résisté au vent de la privatisation des années 90. Puis en un tournemain, elle est passée entre les mains d’un repreneur russe et se trouve aujourd’hui incapable de payer ses employés. On ignore par quelle procédure la société a été vendue sans qu’il ait eu appel d’offres. Une affaire qui sent la corruption à mille lieues.

Curieusement,  les  autorités  semblent  accepter  la  situation malgré la grève des employés. Le Bianco semble pour le moment peu enclin à ouvrir une enquête sur ce qui ressemble à une haute trahison. L’État aurait dû purement et simplement annuler la vente. Kraoma ne se trouvait pas en difficulté financière  pour justifier sa cession. Pendant la Transition Kraoma affichait une santé de fer pour le bonheur des membres du conseil d’administration. On peut donc comprendre les employés qui sont en grève face au pillage en coupe réglée de leur entreprise. La nomination d’un nouveau DG n’a pas aplani les problèmes, encore moins l’annonce faite par un employé lors de l’assemblée générale à Brieville.

S’il y a une affaire qui aurait dû préoccuper en premier le nouveau régime, c’est bel et bien cette entourloupe au sein de Kraoma. L’Etat est en train de perdre des ressources financières importantes qui peuvent servir à concrétiser certains projets de l’IEM. Alors qu’il s’est empressé d’arrêter et d’emprisonner un ancien conseiller de  l’ex-président qui a  volé  ses propres mobiliers du bureau. Une affaire montée en épingle par les réseaux sociaux pour donner une dimension qu’elle n’avait pas doigts de l’État.

Maintenant, certains responsables directs de cette supercherie ont pu passer à travers les mailles des autorités pour passer tranquillement des vacances dorées à l’étranger. Ils ont profité de la passivité de l’État affairé à nommer les nouveaux barons du pouvoir et oubliant de donner une interdiction de sortie du territoire aux anciens gouvernants. Le temps qu’on fasse la lumière sur certaines affaires louches qui ont émaillé le dernier régime. Des affaires loin d’être minces, à l’instar des contrats passés avec la Jirama, la grosse arnaque sur les permis biométriques, le racket sur le visa d’entrée octroyé à une société privée, la vente des patrimoines de l’État comme la villa Elisabeth. Aussi curieux que cela puisse paraître, l’État semble peu pressé à enclencher des poursuites sur les auteurs de ces flagrants délits. A preuve, les députés n’ont jamais voulu adopter le projet de loi sur le recouvrement des avoirs illicites malgré  l’insistance  du  Fonds monétaire  international. Tous pourris?

Eric RANJALAHY

Vingt-cinq procès criminels en attente au pôle anti-corruption de Madagascar – Expressmada du 21 février 2019

Des gros poissons risquent d’en prendre pour quelques années. Le Pôle anti-corruption passera incessamment au jugement des affaires criminelles

Le jugement. Il ne s’agirait plus qu’une question de formalité et le Pôle anti-corruption (PAC), procédera au jugement des affaires criminelles en attente dans ses tiroirs. Elles seraient plus d’une vingtaine.

Il s’agit essentiellement d’affaires déjà  instruites  par  l’ancienne  Chaîne  pénale anti-corruption (CPAC). À la base, le PAC d’Antananarivo a pris en main plus d’une centaine de dossiers en cours que lui  a laissé en héritage la Chaîne pénale. « Ils nous a  fallu, toutefois, poursuivre l’instruction et faire des délégations judiciaires pour la reprise des investigations sur certains dossiers d’une grande complexité », explique-t-on auprès du PAC d’Antananarivo.

Les compléments  d’investigation  et les instructions d’une bonne partie de ces dossiers sont  déjà  terminés.  Le  Pôle  anti-corruption   d’Antananarivo   passe  donc,  au  jugement.   Une quinzaine  d’affaire  ont  déjà  été jugées.

La vingtaine de dossiers en attente d’être jugés « sont des affaires criminelles ». Le PAC dispose de ses propres instances judiciaires. Il y a donc, la première instance du PAC et son instance de second degré qui est l’équivalent de la Cour d’appel.

Le Pôle anti-corruption dispose, également, de sa propre salle d’audience. « Nous sommes totalement indépendants des instances judiciaires classiques, sauf pour la Cour de cassation », indique la source.

Les jugements se font donc, au siège du PAC, sis aux 67  ha .  La  raison  pour  laquelle  les affaires criminelles n’ont pas encore  été  jugées  tient  aux  particularités  de  la  forme  des procès,   explique-t-on.

Décisions sévères

Le jugement des affaires criminelles nécessiteraient, par exemple, des assesseurs. Les décrets d’application de ce qui institue le PAC seraient déjà tous adoptés et devraient permettre la mise en place des différentes structures nécessaires à des procès en bonne et due forme.

L:organisation des jugements des dossiers en  attente  devrait,  par  ailleurs,  démarrer  dès l’entrée en fonction  du « chef  du  ministère  public  du  PAC »,  l’équivalent  du  procureur général de la Cour d’appel  (PGCA).

Le chef du ministère public du PAC est prévu prêter serment devant la Cour suprême d’Anosy, demain. S’ensuivra son installation à son poste au Pôle anti-corruption d’Antananarivo. Au regard des qualificatifs des affaires récentes instruites par les juges d’instruction de l’instance judiciaire des 67 ha, de gros bonnets risquent gros dans les procès de la vingtaine de dossiers criminels en attente.

« Toutes les infractions de corruption et de blanchiment sont de la compétence du  PAC, qu’elles soient de petite ou grande envergure.  (…) Le PAC est, également, compétent pour un large panel d’infractions économiques et financières, listées dans la loi, dès lors qu’elles répondent aux critères de gravité et/ou la complexité de l’affaire, selon des  indicateurs précisés dans la loi également », édicte l’exposé des motifs du  texte  instituant  cette instance judiciaire.

« Blanchiment de capitaux avec fraude  fiscale »,  est  l’un  des  deux  chefs  d’inculpation retenus contre Mbola Rajaonah, transitaire. Une charge qualifiée  de « crime »,  et  qui  a motivé  son  placement  en  détention  préventive  à  Tsiafahy .

La  source  avisée  n’a  pas donné  de  détail  sur  les affaires  criminelles  en  attente  de jugement. Seulement, les affaires de malversations financières touchant, notamment, aux deniers publics impliquent dans la majorité des cas de grandes personnalités.

« Dans la plupart des cas, elles couvent, également, de grandes corruptions », ajoute un investigateur anti-corruption. Étant donné la motivation  de la création du PAC, les juges pourraient  prononcer des décisions  sévères.

« L’innovation essentielle est ici de dépasser les difficultés observées au cours de l’expérience des Chaines pénales anti-corruption dont les taux de condamnation pour corruption ou blanchiment furent faibles », dispose l’exposé des motifs  de  la  loi sur  les Pôles  anti-corruption.

Garry Fabrice Ranaivoson