ERNAIVO Fanirisoa ex Présidente Syndicat de la Magistrature à Madagascar, Nerfs à vif – L’expressmada du 2 novembre 2018

ERNAIVO Fanirisoa a fini par péter les plombs. Connue pour sa pondération à toute épreuve avec des arguments bien ficelés, la présidente du Syndicat des Magistrats de Madagascar, SMM, Fanirisoa Ernaivo, candidate à la présidentielle qu’elle conteste, a provoqué un tollé général par ses propos indécent à l’encontre des éléments des forces de l’ordre, venus nombreux devant le stade de Mahamasina pour cadrer le meeting de Collectif des candidats anti-élection.

« N’existe-t-il plus de ‘dahalo’, des bandits et des malfaiteurs ailleurs pour qu’ils aient concentré ici ces hommes en treillis ? Pourquoi  ne pas faire de même pour les manifestations du candidat numéro 13 ? », Lance-t-elle en guise d’introduction.

Mais cette dernière phrase a trahi le véritable objectif du mouvement. Empêcher par tous les moyens Andry Rajoelina de l’emporter. Elle n’a pas cité les autres prétendants qui déploient aussi de gros moyens financiers, humains et techniques. Et si un autre que le fondateur de l’IEM gagne, Fanirisoa Ernaivo n’aurait pas de scrupule à expliquer que les listes électorales bourrées d’anomalies et d’imperfections, ont été d’une clarté irréprochable. Par la suite, elle est allée encore plus loin. « J’aurais dû compatir pour la mort des trois policiers tués par la vindicte populaire à coups de moellons, mais j’ai fini par me dire que c’était bien fait pour eux. Cela vous arrivera à tous, je vous maudis. Ce que vous faites, policiers, gendarmes et militaires, génère le ras-le-bol chez la population. Trois ont été pris, mais essayez encore de perturber notre réunion, vous allez tous y passer et il ne restera plus rien de vos dépouilles mortelle. » Elle a ainsi craché son venin sur les corps des victimes et incité la haine à l’encontre des forces de l’ordre. Elle affirme ne pas avoir peur d’être arrêtée. « Seuls les hommes sont envoyés à Tsiafahy. C’est le procureur qui en décide et non le préfet de police » impose-t-elle tel un défi. Plus tard, elle s’excuse arguant une dénaturation de ce qu’elle a dit. Mais personne n’est dupe. Le Conseil supérieur de la magistrature, le ministère de la Justice ont condamné ses dérives verbales. La police nationale a porté plainte pour injures et diffamations. Elle risque gros après le 7 novembre. La vidéo sur les propos de ERNAIVO Fanirisoa   La violence contre les forces de l'ordre en service

ERNAIVO Fanirisoa, Citoyenne, magistrat, candidate indigne – La gazette de la grande île du 2 novembre 2018

La récente -et espérons la dernière-  sortie de Fanirisoa Ernaivo, l’aura achevée définitivement.  Quant à la forme, elle est comme une de ses anciennes amies, à déblatérer de manière vulgaire, avec une voix que l’on ne supporte plus et pour laquelle on a presque envie de dire qu’elles se taisent juste. Sur le fond,  Fanirisoa a donné là une image exécrable d’elle, celle que beaucoup avaient retenu lors de l’affaire du parking et malheureusement a donné une image pitoyable des magistrats malagasy, car elle est magistrat aussi et après les élections, elle redeviendra magistrat. Elle a donné l’image de ce que ne doit jamais être un président de la République. Réalise-t-elle seulement la portée de ce qu’elle a dit ? Réalise-t-elle seulement que si tant est qu’elle ait pu avoir un peu de capitale de sympathie, elle est descendue bien bas et si certains avaient encore pu envisager voter pour elle, c’en est fini pour elle? A-t-elle oublié qu’elle aussi est issue d’un corps de métier pour lequel des gens ont perdu l’estime, mais que malgré tout, personne ne s’est jamais hasardé à proférer des insultes publiques comme ça à l’endroit de son corps d’appartenance ? Et d’ailleurs, n’est-elle pas surtout connue pour l’affaire montée de toutes pièces de parking ? Ignore-t-elle que ces policiers sont morts en service de manière injuste, qu’ils avaient un ordre de mission et qu’elle, sa petite personne, est bien insignifiante face au travail des forces de l’ordre ? Ignore-t-elle que proférer de telles âneries relève de personnes qui ont perdu toute raison : soit la personne est sous l’emprise de substance, soit la personne est tout simplement idiote, soit la personne ne voit autre chose que son nombril ! Pour quelqu’un qui prétend vouloir diriger le pays, ignore-t-elle que les Malgaches ont une vision bien particulière des personnes décédées, que l’on n’en appelle pas à souhaiter la mort de quelqu’un et que si beaucoup le pensent désormais pour elle ou pour sa famille après sa sortie indigne, personne n’irait parler de cela sur un podium. On se pose légitimement la question sur les compétences intellectuelles d’une telle personne qui pourtant exerce un métier délicat tel que magistrat, on se demande si elle sait au moins ce qu’est être un président de la République : est-elle devenue comme certains de ses amis ou anciens amis tellement populistes au point d’en perdre un minimum de bon sens et de dignité et d’ailleurs a-t-elle jamais eu de la dignité.  Cette sortie médiatique de Fanirisoa fait d’elle directement un has been. Ce sont ces genres de propos qui rendent à néant toutes les justes interpellations qu’elle a pu faire auparavant. Elle représente désormais tout ce qu’il y a de vil chez un citoyen, chez un magistrat et chez un candidat. Claude Rakelé

3 mois de prison ferme pour avoir traiter de “pétasse” ERNAIVO Fanirisoa , l’édito de Tonton Georges – Madagascar Tribune du 22 juin 2013

Désolé, mais Tonton est toujours en campagne (pas l’électorale, la vraie, celle où l’on ressent le froid et les petits crachins de la fin Juin) dans le Madagascar profond et je suis donc amené à continuer mon rôle d’intérimaire du spectacle… Le titre est « Coups de griffes » ? En cette semaine, n’ayons pas peur des inculpations pour coups et blessures volontaires… Oui, oui, les fidèles connaissent le petit passage habituel de Tonton : « N’ayez crainte (…) Mes seules armes, c’est le clavier, c’est l’irrévérence et une ironie trempée d’un peu d’humour ». Mais il est des semaines où l’envie de flirter avec les articles 228 et 232 du Code pénal peut vous traverser. Et celle en cours fait partie de ces semaines. Je fais bien entendu allusion à l’affaire Iharizaka. Commençons par un aveu : je connais bien Iharizaka, et ai été mis au courant de « l’affaire » dans les premiers jours, mais me suis abstenu d’en parler par souci de ne pas compliquer la situation, vu que ce qui allait suivre était assez prévisible… Résumons les faits : lundi 10 juin vers 9h30, une voiture mal garée devant l’immeuble Aro à Ampefiloha entraîne une altercation entre deux automobilistes, Iharizaka R. et Faniry R. Ils l’ignorent à cet instant là, mais il se trouve que l’un est ancien ministre des télécommunications et l’autre est magistrate. S’il s’était agi d’un receveur de bus et d’une maraichère, la conversation aurait été en langue malgache, mais là ça se passe dans la langue de Molière (l’histoire ne précise pas si les voitures parlaient entre elles dans la langue de Goethe, mais ça n’aurait sans doute pas changé grand chose quant au niveau d’incompréhension). Iharizaka est en pétard, il qualifie son interlocutrice de « pétasse ». Vous interprétez cela comme vous voulez, mais je vous recopie les définitions de mon dictionnaire :
  1. (Populaire) (Vieilli) Prostituée, ou femme facile.
  2. (Sens moderne) (Populaire) (Péjoratif) Fille d’un mauvais genre, vulgaire.
  3. (Sens moderne) (Populaire) (Péjoratif) Femme prétentieuse.
  • Hier, donc c’étaient les soldes. Donc en bonne pétasse parisienne que je suis, je suis donc allée à Hausmann, avant le taf, à 9 heures récupérer mes fringues mises de côté avant les soldes grâce à ma carte de super pétasse parisienne. — (site www .mhcestmoi.com, 2008)
  • […]  ; ils parlent fort, écoutent de la musique de sauvage et ont un humour fort particulier, surtout pour les pétasses de bourges ! s’amusa-t-il.
    — C’est moi la pétasse de bourge ?
    — Toi et les filles de ton milieu : ils ne t’appréciaient pas beaucoup non plus. Il faut dire que la seule fois où tu as tenté de passer une soirée avec nous, tu t’es comportée de façon tellement hautaine, supérieure et arrogante, qu’ils t’ont vite cataloguée : on a dû partir pour éviter que la soirée ne dégénère.
     — (Nathalie Faure Lombardot, Amnésie, BoD, 2010, p. 151)
Sens moderne ou sens ancien ? En tout cas, ce sont les archaïsmes qui se réveillent car l’on en vient aux mains. Et là les versions divergent sur qui frappe qui… Toujours est-il que le hasard fait que les deux protagonistes se rencontrent à nouveau au commissariat de police d’Ampefiloha, chacun entendant porter plainte, et que de nombreux témoignages laissent penser qu’aux alentours de 10 heures, la dame ne portait pas de marques de coups au visage (j’allais écrire « la dame n’était pas amochée », mais cela risquerait de passer pour du sexisme). En fin d’après-midi, des agents de police sont venus chercher Iharizaka à son bureau pour le ramener à la brigade criminelle et le garder à vue. Entretemps, la magistrate était allée porter plainte au Parquet, en exhibant semble-t-il des blessures au visage, un certificat médical et un chemisier déchiré. Pour Iharizaka par contre, les choses ne font pas un pli (de robe de magistrat) : le lendemain, il se retrouve en mandat de dépôt et huit jours plus tard, il est condamné à trois mois fermes de prison [1]. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le doute n’a pas vraiment bénéficié à l’accusé et certains témoignages ont pesé plus lourd que d’autres. Tout cela n’étonnera que ceux qui ne connaissent pas bien le fonctionnement des tribunaux malgaches. Pour un Iharizaka dont le cas se retrouve médiatisé, combien de bougres se retrouvent embastillés (désolé, impossible de trouver un meilleur mot) pour des motifs incompréhensibles ? L’on veut bien croire que les juges sont humains, et que errare humanum est, mais… le coeur (et peut-être les zones environnantes, dont la poche du portefeuille) a ses raisons que la raison ne comprend pas. En l’occurrence, la raison serait l’article 333 du Code de procédure pénale qui dit que « la détention préventive est une mesure exceptionnelle ». Belle utopie ; la réalité, c’est que le mandat de dépôt est de nos jours perçu par les victimes réelles ou alléguées, et malheureusement aussi par une partie de la « Justice », comme un moyen de chantage. Et une fois qu’un mandat de dépôt a été décidé par un juge, il est bien difficile d’obtenir de ses collègues une décision dans un sens contraire qui serait perçue comme un désaveu. Faut pas pousser quand même ! On ne va pas en plus donner aux innocentés la moindre tentation de demander à l’État des dommages et intérêts pour détention abusive ! Tout cela n’est malheureusement pas bien nouveau… Mais les quatre dernières années auront été bien sombres dans ce domaine, et l’on rit jaune en lisant Tonton demander ce que fait la ministre de l’Injustice… Dans l’attente, en l’absence d’un pouvoir respectable et respecté, c’est vingt millions de personnes qui se retrouvent en taule. Et les péteux, les pétasses et les pétitionnaires peuvent se péter la gueule en constatant que dans la page Web de présentation des discours du PT, on continue de mettre en exergue un beau discours qui contient la phrase : « Madagascar a besoin d’un homme de parole ». Je vous assure que je n’ai pas fumé de pétard, les services d’Ambohitsorohitra tout au service du PT n’ont même pas pris la peine de rendre plus discret le discours de non candidature du 15 janvier 2013 ! Pour en avoir la preuve, cliquez ici avant qu’ils ne s’avisent de rattraper la bévue. « Madagascar a besoin d’un homme de parole » : dans la tradition intermittente des vidéos musicales pour conclure un éditorial, Leo Chiosso, Giancarlo Del Re et Dalida ont certainement leur mot à dire. Bon week-end quand même, et n’oubliez cependant pas que quand on confisque le pouvoir, c’est le peuple qui en est privé ! Bébé Patrick, intérimaire de Tonton Georges

Affaire ERNAIVO Fanirisoa magistrate et l’ex-Ministre de la Télécommunication condamné à 3 mois de prison ferme pour une histoire de parking, – L’injustice sereine par Ndimby le 24 juin 2013

Les derniers mois mettent les magistrats malgaches sur le devant de la scène, et pas nécessairement à leur avantage. Après les juges de la Cour électorale spéciale (CES) qui ont pris les décisions que l’on sait, avec les conséquences politiques que l’on sait, l’histoire du moment est cette altercation entre une femme magistrat et l’ex-Ministre de la Télécommunication (photo), pour une banale histoire de parking bloqué. Du fait de l’article 226 du Code pénal malgache (PDF), je ne me permettrais pas de commenter cette décision de justice, car ce genre d’acte serait plutôt périlleux face à un pouvoir judiciaire du Tiers-monde. Par contre, sans commenter le verdict, mais en se basant sur les témoignages disponibles, on peut se poser des questions en complément de tous les points déjà abordés de façon pertinente par Patrick A. dans son édito de samedi dernier. C’est la dame qui a agressé physiquement l’ex-Ministre de la Télécommunication, lequel s’est par la suite défendu. Voilà donc un magistrat, ayant étudié le Droit, chargé de l’appliquer, et comme l’ont fait remarquer plusieurs internautes sur Facebook, est membre de l’Association des jeunes malagasy pour la protection des Droits de l’homme, mais qui en arrive à venir aux mains pour une dispute de parking. Comment croire qu’une personne incapable de se maîtriser ainsi puisse appliquer le principe de sérénité qui est fondamental à l’exercice de la justice ? De plus, alors que c’est la dame qui avait bloqué la place de parking, elle s’est permis de répondre ainsi aux reproches effectués par l’ex-Ministre de la Télécommunication : « même si tu es en colère, qu’est-ce ce que tu peux faire ? ». Cette arrogance en situation de tort résulte-t-elle d’une question d’éducation, ou bien du sentiment de toute-puissance et d’impunité dû à son statut ? Au-delà de l’anecdote de fait divers que représente ce qui passera à la postérité comme l’affaire l’ex-Ministre de la Télécommunication, c’est une réflexion sur le système qui est devenue nécessaire pour se protéger de l’arbitraire et de l’impunité grandissantes de la part de certains tenants de l’autorité publique. Et ce, même si l’ambiance de crise post-coup d’État, avec ce que cela implique comme impact sur l’état de droit, n’offre pas le meilleur contexte.

Une nécessaire réflexion sur le système.

Selon de nombreux avocats, la plainte pour « coups et blessures » est devenue l’arme favorite des Malgaches qui veulent nuire à d’autres, en s’appuyant sur des médecins véreux pour produire, moyennant finances, le certificat médical adéquat. À partir de ce document, c’est la porte ouverte au racket, souvent avec l’aide de ripoux qui peuvent également y rajouter la pression d’un « outrage à agents dans l’exercice de ses fonctions » : soit on se montre « conciliant » et on met la main au portefeuille, alors la plainte est levée ; soit on n’obtempère pas, et l’affaire suit son cours jusqu’à la clé de voûte du processus d’intimidation : la détention préventive, mesure exceptionnelle devenue systématique à Madagascar. L’article 309 du Code pénal malgache prévoit qu’en cas d’incapacité de travail personnel pendant plus vingt jours, la peine peut aller jusqu’à cinq ans de prison. Je m’interroge sincèrement : quel genre de blessure faut-il pour occasionner vingt (ou même douze) jours d’arrêt de travail ? Parmi les témoignages qui sont actuellement partagés par certaines mailing-lists, il y a celui de Monsieur R. qui eut « l’imprudence » il y a quelques années d’engueuler vertement son gardien, lequel se permettait des libertés inacceptables quand le maître des lieux avait le dos tourné. Vexé d’avoir été ainsi réprimandé, ce gardien (ancien membre des forces de l’ordre, et accessoirement proche parent d’un fonctionnaire du Ministère de la justice) activa ses réseaux. Monsieur R. fut donc convoqué au commissariat « pour affaires le concernant », car le gardien (ancien instructeur de sports de combat) avait porté plainte pour … « coups et blessures » contre son employeur, et lui a tracé un chemin direct vers la case prison, avec la complicité d’amis policiers et magistrats. Mais il semble que dans ce cas, l’abruti de gardien se soit attaqué à plus fort que lui. L’actualité récente invite à remettre à l’honneur une partie du discours du bâtonnier lors des Assises nationales de la Justice en février 2012. « Et nous ne devons pas nous voiler la face, la corruption gangrène notre système judiciaire et nous devons tous réagir par des mesures drastiques. À cette tribune, M. Le Premier Ministre a dénoncé l’existence de magistrats véreux. Nul ne peut hélas en disconvenir. Le mal est profondément ancré dans tout le système. La corruption commence dès le concours d’entrée à l’ENMG, se poursuit dans les couloirs et bureaux des juridictions jusqu’à guider les décisions judiciaires. La corruption remonte même aux plus hautes instances de la justice ». Rappelons les données d’un rapport sur la corruption à Madagascar présenté par le cabinet Casals & Associates (2006) : - 60 pour cent des usagers et 48 pour cent des agents de l’État jugent que les pots-de-vin visant à changer les décisions de la justice sont courants (p.ix). - Les ménages malgaches rapportent que le montant trop élevé des pots-de-vin et l’influence de la corruption sur les décisions de justice représentent le plus grand obstacle au recours aux tribunaux (p. x). - Selon les fonctionnaires eux-mêmes, les magistrats, les hommes d’affaires, les dirigeants des partis politiques et la police semblent être les acteurs nationaux les moins honnêtes (p.32). La situation est connue des partenaires techniques et financiers de Madagascar. Le Document de stratégie-pays de l’Union européenne à Madagascar pour la période 2008-2013 affirme que malgré des efforts, « le niveau de corruption dans le pays n’a pas encore sensiblement baissé, notamment dans les secteurs de la police, de la justice, des domaines, des services de communes urbaines et des impôts »(pp. 4-5). Les autorités judiciaires malgaches elles-mêmes reconnaissent l’existence d’un problème de crédibilité et de corruption de la Justice, et affirment toutes vouloir lutter contre ce phénomène (sic). Parmi les déclarations d’intention, on citera celle de la Ministre Christine Razanamahasoa lors de la sortie de promotion des élèves-greffiers en avril 2013, et l’intervention sur le sujet de Ranary Robertson lors de son installation à la tête du Parquet général de la Cour suprême. Mais la palme reviendra sans aucun doute à l’interview sur RFI d’Arnaud Marius Auguste, président du Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM), et qui a eu le courage de reconnaître « qu’effectivement il y a eu des imperfections, des erreurs, dans le comportement des magistrats ou à travers les décisions rendues. Nous sommes conscients aujourd’hui qu’il est temps de changer tout cela ». Mais ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est de savoir si après toutes ces belles déclarations d’intention, les choses ont changé : le SMM et M. Ranary Robertson sont-il toujours scotchés devant le Mur des lamentations, ou bien ont-ils avancé vers celui des actions ? Rien que l’actualité récente nous invite à rire jaune. Sur les fora internet et les discussions de salon, certains arguent que les magistrats ne sont pas tous corrompus. Je veux bien le croire. Mais dans ce cas, que font et que disent ces héros de la Magistrature quand ses zéros bafouent manifestement le Droit ? La Magistrature malgache ronronne toujours en silence, même devant les dérapages perpétrés par les siens, et l’expérience montre qu’elle ne se réveille que dans deux cas : soit pour faire une grève de revendication pour ses avantages, soit parce que l’un des siens est victime d’une injustice ou d’assassinat (comme dans le cas du juge Rehavana à Toliara). Ce sont des magistrats qui ont adoubé le coup d’État de février 2002. Ce sont des magistrats qui ont validé le coup d’État de 2009. Ce sont des magistrats qui siègent au sein de la CES. Et cette partie émergente de l’iceberg du Droit public ne doit pas faire oublier ce qui se passe dans les tribunaux civils depuis (au moins) les fables de la Fontaine : « Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » (Les animaux malades de la peste). Sous Rajoelina, mais aussi sous Ravalomanana ou Ratsiraka, ce sont des magistrats qui servent de carpette au pouvoir exécutif pour intimider les opposants et les journalistes à travers procès-bidon et accusations fallacieuses. Beaucoup de magistrats, qui s’agitent derrière la bannière des Droits de l’homme pour se donner bonne conscience, ne sont pas nécessairement les plus intègres.

Pistes pour que le Droit soit moins tordu.

Pour ceux qui aiment faire l’intéressant à exiger qu’un papier propose des solutions, relire l’article du SEFAFI : Quelle justice pour le présent et l’avenir ? Pour ma part, il y a donc deux points que je laisse à la sagacité de la société civile et des citoyens. Primo, une réflexion sur les formules de recours contre les médecins véreux, les policiers ripoux et les magistrats corrompus.
Quand un justiciable se retrouve face à de telles personnes dans une procédure, quels sont les recours possibles et non pollués par les réseaux corporatistes pour protéger le citoyen de l’arbitraire, ce qui est une des fonctions du Droit ? Autre exemple, quand un certificat médical est manifestement bidon, par exemple parce que la personne censée être frappée d’incapacité de travail de plus de dix jours, est pourtant aperçue gambader allègrement en ville, par quelles voies peut-on exiger une contre-expertise ? Secundo, une réflexion plus générale sur la qualité de certains hauts fonctionnaires.
La corruption dans les concours administratifs est un secret de polichinelle. Cela pose deux problèmes. Tout d’abord, le recrutement dans certains corps de gens qui n’ont pas nécessairement le niveau requis de compétence ou de valeurs morales. Ensuite, il y a un système qui perpétue la corruption. Plus les fonctions en jeu peuvent se révéler juteuses à la sortie de l’École concernée, plus le cours de l’arrosage à l’entrée est élevé. Le discours du bâtonnier cité plus haut mentionnait l’École nationale de la magistrature et des greffes – ENMG, mais elle n’est pas la seule à mettre en cause. Par conséquent, une fois en poste, certains rentabilisent « cet investissement » en monnayant l’exercice de leur fonction. À quelque chose, malheur doit être bon. La triste expérience de l’ex-Ministre de la Télécommunication doit amener les Malgaches à se réveiller pour renforcer leur capacité à dénoncer avec force et vigueur les injustices. Wake Up Madagascar, comme diraient certains. À moins que le contexte si trouble depuis 2009 n’encourage certains à s’asseoir sur leur bougie au lieu de porter la lumière dans la Cité, et à se faire les complices éhontés de pratiques sans vergogne, soit comme auteur en agissant à l’encontre de leurs serments, soit comme complice en contemplant benoîtement les choses malsaines se dérouler, mais sans lever le petit doigt. Avant d’aller hypocritement, quelques jours après, se masturber intellectuellement les uns les autres en traçant des planches symboliques ou philosophiques, en faisant le diakona de parade, ou encore en jouant au bienfaiteur de l’humanité dans des clubs de service : gloire au paraître, et tant pis pour l’être. À ce rythme où les Vénérables Ponce Pilate de service laissent faire, le système judiciaire finira tellement pourri qu’on devra un jour se boucher le nez en passant devant les tribunaux. Selon la formule consacrée, toute ressemblance du contenu de la vidéo ci-après avec des événements ou des personnes ayant existé ne serait que le fruit du hasard et une pure coïncidence. L’objectif est juste de compléter en audiovisuel la connaissance du mot après « l’approche via dictionnaire » proposée par Patrick samedi.

P.-S.

Les internautes africains et malgaches s’extasient (à juste titre) du comportement de la Sénégalaise Bousso Dramé, qui a préféré refuser un voyage tous frais payés à Paris pour protester contre le comportement des agents chargés de la délivrance des visas au consulat français de Dakar. Pendant ce temps, à Tana, malgré les avertissements, des Malgaches se pressent pour rencontrer un « juriste » (encore un) qui se propose de les aider dans les démarches d’acquisition de la nationalité française, contre six millions d’Ariary payables sans aucune garantie de résultats. Après les ouvrières qui rêvent du Liban, voilà une nouvelle espèce de pigeon à plumer, sans que qui que ce soit ne trouve à redire : ceux qui rêvent d’être vazaha taratasy. C’est bien beau de critiquer la communauté internationale, thème qui trouve toujours une bonne audience à Madagascar, mais il faudrait commencer par réflechir avant de gober les propositions du premier bonimenteur vazaha venu.

L’état désastreux des conditions Carcérales à Madagascar par Maitre Olivia Rajerison

L’une des causes de la surpopulation carcérale réside dans la délivrance « facile » d’un mandat de dépôt au niveau du tribunal. Environ la moitié des détenus ne sont que prévenus. Pourtant, les dispositions de l’article 333 du code Pénal malgache prévoient que : « la détention préventive n’est  qu’une mesure exceptionnelle ».

Faisant récemment l’objet de polémiques dans les médias et réseaux sociaux, les conditions de détention dans les prisons de Madagascar font frémir d’horreur. Des images insoutenables de détenus presque entassés les uns sur les autres à même le sol ont suscité beaucoup de réactions et de remises en question de la fonction la sanction et de l’évolution du  monde carcéral dans une société à la pauvreté endémique. La quasi-totalité des maisons d’arrêt sont situées en plein ville à Madagascar suivant un plan d’urbanisme conçu sous la colonisation, ce qui ne correspond plus à l’accroissement du nombre de détenus jusqu’à ce jour. En conséquence, les prisons sont devenues vétustes et délabrées. Dans leur état actuel, ces établissements sont fonctionnellement inadaptés aux régimes de détention. Le sureffectif est un problème crucial. La prison d’Antanimora bâtie en 1947, par exemple, a été conçue pour 800 détenus, or elle en contient aujourd’hui plus de 2800. La prison de Majunga connait un surpeuplement de plus de 610 détenus si elle n’est prévue n’en abriter que 300. Celle de Moramanga entasse plus de 300 personnes détenues bien qu’elle ait été conçue pour 90 reclus. La maison de force de Tsiafahy est prévue pour 200 détenus mais elle en contient actuellement plus de 700. Concernant l’état des lieux, l’espace carcéral est ainsi très étroit : les détenus dorment à plusieurs dans les chambres. La superficie par personnes détenue n’est que 0,90m², ce qui est loin de respecter des 2m² par personne requis par le Comité International de la Croix Rouge. A Antanimora, des transactions se font parfois entre prisonniers pour la « vente » d’espace nécessaire pour dormir. A Fianarantsoa, faute de place suffisante, il arrive que les prisonniers dorment à tour de rôle : la moitié de l’effectif reste accroupie pendant la première partie de la nuit e ce n’est qu’à la deuxième partie de la nuit que l relève leur cède la place pour qu’elle puisse dormir à son tour. Les conditions d’hygiène sont pour le moins déplorables : insuffisance d’installation de douches et des latrines, manque de désinsectisation et de déparasitage, manque d’évacuation d’eaux sales, délabrement des chambres de détention, problème persistant de l’accès à l’eau potable. Il est également à déplorer l(insuffisance de cubage d’air et de ventilation et le manque de matériels de couchage car la literie se réduit à des bat-flancs. Tous les équipements reviennent à la charge de la famille des détenus puisque l’administration pénitentiaire ne peut satisfaire aux besoins de ces derniers. Enfin, sur le plan sanitaire, la maison centrale d’Antanimora par exemple dispose d’une salle d’admission pour les maladies générales et d’une salle destinées aux tuberculeux. Pourtant, le nombre de médecins en place ne suffit pas pour assurer le suivi sanitaire des personnes détenues dans l’unique salle d’infirmerie si bien que la norme qui devrait être adoptée, à savoir une consultation hebdomadaire par détenu, est vraiment loin d’être assurée. Quant à la nourriture, la ration est essentiellement constituée de manioc et ne peut pas couvrir les besoins nutritionnels de base. Les effets néfastes sur la santé physique des détenus dus à ces conditions sont la transmission des maladies infectieuses. Le paludisme reste une des maladies fréquentes dans les centres de détention après la tuberculose ; les troubles digestifs, les infections bucco-dentaires et respiratoires aigües. L’une des causes de la surpopulation carcérale réside dans la délivrance « facile » d’un mandat de dépôt au niveau du tribunal. Environ la moitié des détenus ne sont que prévenus. Pourtant, les dispositions de l’article 333 du code Pénal malgache prévoient que : « la détention préventive n’est  qu’une mesure exceptionnelle ».  

Madagascar, Fanirisoa ERNAIVO ancien président du syndicat de la magistrature accable les forces de l’ordre – L’expressmada du 31 octobre 2018

Choquant. Un mot qui résume la réaction des journalistes présents à Mahamasina et des internautes à l’écoute des invectives lancées par la candidate Fanirisoa Ernaivo contre les éléments des forces de l’ordre présents à Mahamasina, hier. Une charge verbale en réaction au barrage que ces derniers ont dressé en début de journée. Dans sa défiance envers les Forces de l’ordre et de sécurité (FDS), l’ancienne présidente du Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM), « je concède que vous appliquez les ordres, mais réfléchissez un peu. C’est la raison pour laquelle vous vous faites massacrer par les gens ». La candidate au statut de chef suprême des Forces armées poursuit sur sa lancée en ajoutant, « j’ai failli être triste lorsque des policiers ont été tués à coup de moellons, mais on est tenté de dire, bien fait pour eux. Cela vous arrivera tous, je le souhaite même. J’ai été triste de voir les trois policiers tués à coup de moellons [à Fénérive-Est, la semaine dernière] mais quelle en est la raison ? Ce que vous êtes en train de faire ». Avec provocation, elle a défié les FDS d’oser l’arrêter, en ajoutant, « ils ne sont que trois à avoir été pris jusqu’ici, mais si les gens vous attrapent, il n’en restera même pas de votre dépouille ». Fanirisoa Ernaivo est allée jusqu’à brandir un nouveau lynchage à coup de moellons contre les FDS s’ils osent procéder à l’arrestation des membres du collectif des candidats. Une vague d’indignation a suivi la déclaration de l’ancienne présidente du SMM. Des magistrats se sont désolidarisés d’elle en soulignant sur les réseaux sociaux qu’en déposant sa candidature à la présidentielle, elle a démissionné de son poste de leader syndical. « Le ministère de la Justice ne cautionne pas cette déclaration. Le ministère et les magistrats sont conscients du rôle de la Justice dans la sécurité et l’apaisement du pays », réagit Frédéric Ranaivo, directeur de la communication auprès du ministère de la Justice. « Les membres des forces de l’ordre sont, aussi, des personnes qui jouissent des droits de l’homme. Quelles que soient les circonstances, l’homicide volontaire, l’atteinte ou l’incitation à l’atteinte au droit à la vie de quiconque est inacceptable », plaide Seth Andriamarohasina, rapporteur de la Commission nationale indépendante des droits de l’homme (CNIDH). Garry Fabrice Ranaivoson  

Il ne doit plus avoir de décision de justice sans motif à Madagascar dit la Ministre de la Justice

Aza mikatona amina rindrina efatra ianareo Mpitsara fa andana midina eny amin'ny vahoaka dia azavao ny sain'ny vahoaka ka anisany izany ny fanazavana ny didy, ny fanazavana ny didy navoakanareo izay ataontsika hoe "motivation" izay no nampianariko anareo hatreo dia aoka mba tsy hisy didy intsony hivoaka "sans motif" izany hoe tsy mazava ny antony nahatonga ny anankiray handresy na ho mpandresy. Izay angamba no hafatra azoko apetraka ary hisaorako anareo bediabe eto amin'ny radio televizionina malagasy.     Le jugement rendu par RAMBELO Volatsinana pour faire condamner Solo à 2 ans de prison avec sursis et 428.492 euros d'intérêts civils à régler à RANARISON Tsilavo, simple associé de la société CONNECTIC,  a comme motif " Il résulte preuve suffisante". C'est ce que la ministre de la Justice appelle absence de motivation. On ne sait pas trop sur quelle base légale ce juge, RAMBELO Volatsinana, s'est basé pour condamner.

SUR L’ACTION PUBLIQUE Il résulte de preuve suffisante contre le prévenu A Solo-Niaina d’avoir commis le délit d’abus de confiance à lui reprocher : Qu’il échet de le déclarer coupable. Attendu cependant qu’étant délinquant primaire, le prévenu peut bénéficier des dispositions bienveillantes des articles 569 et suivants du code de procédure pénal Jugement rendu par Mme RAMBELO Volatsinana qui a présidé le Tribunal correctionnel d’Antananarivo le 8 décembre 2015