A Madagascar, la police a fait signer une reconnaissance de meurtre alors que le prévenu est dans l’incapacité de lire le procès verbal d’après Amnesty international

Lorsqu’Amnesty International a interviewé David*, détenu de 36 ans incarcéré à la MC d’Antsirabe, cela faisait déjà deux ans qu’il était en détention dans l’attente de son jugement. Il s’était fait tirer dessus par les policiers venus l’interpeler chez lui. Il a passé 21 jours à l’hôpital avant d’être incarcéré. À l’hôpital, des policiers lui ont demandé de signer un papier.

‘’J’étais trop mal en point et je leur ai demandé s’ils pouvaient attendre que je me rétablisse pour signer, mais ils ont dit que c’était urgent‘’.

David a donc signé le papier. Une fois devant le tribunal, il a appris que celui-ci indiquait qu’il avait avoué avoir commis un meurtre.

‘’La procureure m’a demandé pourquoi j’avais admis ma culpabilité dans le procès-verbal de la police. Je lui ai dit que les policiers m’avaient fait signer alors que j’étais trop malade pour lire. L’audition s’est arrêtée là.’’

Privilégié par rapport à d’autres détenus en attente de jugement, David recevait régulièrement des visites de sa famille. Ses enfants souffraient néanmoins des conséquences de sa détention :

’Ma femme me rend visite chaque jeudi, mais mes enfants ne viennent qu’une fois par mois, car il faut payer le bus […] Je ne veux pas expliquer à [mes enfants] ce qui s’est passé, ils sont trop jeunes. Ça me rend triste de voir mes enfants venir ici […] en pleurs. Tout ce que je veux, c’est rentrer chez moi, auprès de ma   famille, pour pouvoir assumer ma responsabilité de père’’.

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A Madagascar, un recours injustifié, excessif et prolongé à la détention préventive avec 55 % de la population carcérale en attente de jugement d’après Amnesty international

‘’Nous n’avons eu aucune explication. Ils nous ont juste mis en prison’’.

Celia*, interviewée à la MC d’Antsirabe, août 2017

Celia n’avait que 17 ans quand elle, son mari, deux de ses frères et sa belle-sœur ont été arrêtés et inculpés pour meurtre67. Trois ans et trois mois plus tard, elle attendait toujours son jugement à la MC d’Antsirabe. Elle a déclaré à Amnesty International qu’elle ne comprenait pas ce qu’on lui reprochait. Comme la plupart des personnes en détention préventive interrogées par Amnesty International, Celia vient d’un milieu pauvre. ‘’Je ne sais pas lire. Nos parents sont très pauvres, ils n’avaient pas les moyens de nous envoyer [à l’école]. » Celia n’avait jamais rencontré d’avocat : « Je n’ai pas d’avocat parce que nous n’avons pas assez d’argent’’ Elle ne pouvait donc pas remettre en cause la légalité de sa détention prolongée et elle se sentait perdue : ‘’Je suis passée six fois devant le tribunal. Deux fois, quand notre mandat de dépôt a expiré, le tribunal nous en a donné un nouveau […] Nous ne comprenons pas de quoi on nous accuse. [Les policiers] nous ont simplement conduits devant le juge sans aucune preuve. Nous sommes tellement tristes que nous ne pouvons rien faire […] Mes parents me manquent beaucoup. Ils ont déjà 70 ans. Ils sont seuls à prendre soin de nous maintenant, tous mes frères sont ici. Alors mes parents s’occupent de la maison et travaillent la terre pour survivre’’

Sont considérées en détention préventive les personnes incarcérées dont le procès n’a pas encore eu lieu ou dont le procès est en cours, mais dont le jugement n’a pas encore été rendu. Contrairement aux condamnés, les personnes placées en détention préventive sont présumées innocentes tant que leur culpabilité n’a pas été prouvée68. Cette distinction leur vaut des droits spéciaux en plus de ceux qui sont applicables à l’ensemble des personnes incarcérées. Elles ont notamment le droit de rencontrer un avocat, gratuitement pour les plus pauvres, d’être jugées dans un délai raisonnable et d’être séparées des condamnés. Le Comité des droits de l’homme des Nations Unies a clairement précisé que

« la détention des personnes qui attendent de passer en jugement doit être l’exception et non pas la règle. »

La règle est donc que les personnes en attente de jugement soient libérées, à moins qu’un tribunal décide qu’il existe des raisons impérieuses de les maintenir en détention, comme le risque de fuite ou un autre danger, ou encore parce que la présence du suspect est nécessaire pour la suite de l’instruction. Le Comité ajoute qu’« après l’évaluation initiale déterminant que la détention avant jugement est nécessaire, il faut réexaminer périodiquement la mesure pour savoir si elle continue d’être raisonnable et nécessaire, eu égard à d’autres solutions possibles. » À Madagascar, en octobre 2017, plus de la moitié (55 %) de la population carcérale n’avait pas encore été jugée. Madagascar viole les normes internationales et régionales ainsi que sa propre Constitution en ayant un recours injustifié, excessif et prolongé à la détention préventive, qui bafoue le droit des suspects à la présomption d’innocence et à des conditions de détention dignes et humaines. La détention préventive excessive nuit à l’état de droit, contribue à la surpopulation carcérale, gaspille les ressources publiques et met en péril la santé et les droits des détenus, de leurs familles et de leur entourage. La détention préventive prolongée bafoue également les autres droits humains des détenus, notamment leur droit à la liberté. Elle affecte en outre leur vie et leurs moyens de subsistance.

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A Madagascar, les conditions de détention, déplorables, s’apparentent à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Des conditions carcérales inhumaines. Apres une visite des neuf établissements pénitentiaires de Madagascar,l’Amnesty International a émis son avis. En effet, elle déplore la situation dans laquelle les détenus sont  traités. Selon les rapports de 2017, 52 personnes sont mortes en détention préventive dans le pays. De nombreuses personnes, dont des femmes et des enfants, sont maintenues en détention préventive prolongée pour des infractions mineures telles que le vol. Les conditions de détention déplorables s’apparentent à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. L’Amnesty international exhorte ainsi des actions urgentes et concrètes pour l’amélioration de ces conditions. C’est dans cette optique que la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme (CNIDH) a organisé hier à Ankorondrano, une table ronde visant à améliorer les conditions carcérales à Madagascar. Ceci coïncide d’ailleurs avec la célébration du 70èmeanniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.Les discussions se sont focalisées sur les conditions humaines, le jugement retardé et le traitement des détenus. En effet, des mesures urgentes sont à prendre pour la réduction de la surpopulation carcérale. Dans tous les établissements pénitentiaires, l’effectif des détenus dépasse largement la capacité officielle, impliquant le manque de nourriture, de soins médicaux et d’hygiène. Outre cela, la détention préventive dans la Grande Ile est abusive. 11 000 personnes ont été placées en détention préventive sans qu’ils soient en mesure de payer un avocat. Ainsi, les échanges ont réuni plusieurs responsables auprès du Ministère de la Justice et de l’Administration Pénitentiaire, du Haut-Commissariat des Droits de l’Homme (HCDH) auprès du système des Nations Unies à Madagascar, du Haut Conseil pour la Défense de la Démocratie et de l’Etat de Droit (HCDDED), du Conseil du « Fampihavanana Malagasy » (CFM), du Comité International de la Croix-Rouge, du Comité pour la Sauvegarde de l’Intégrité (CSI), ainsi que des organisations de la société civile. Service communication de la Direction générale de la gestion financière du personnel de l'Etat

Madagascar, Vindictes populaires à Fénérive-Est et Andapa, 3 policiers et 2 civils tués, une dizaine de blessés la ligne de mire du 25 octobre 2018

Fénérive-Est : trois policiers tués

Hier, dans le fokontany Ambodihazinina de la commune rurale d’Ambatoharana district de Fénérive-Est, trois policiers ont trouvé la mort dans des circonstances barbares. Ils ont été victimes de vindicte populaire au moment où ils ont visité la demeure d’un opérateur économique dans la filière vanille. Une visite dans le cadre de leur fonction paraît-il, mais qui aurait mal tourné.

Il faut dire que les habitants d’Ambodihazinina du district de Fénérive-Est ne sont pas allés par quatre chemins. Sans aucune possibilité d’apporter une quelconque explication, la colère de la foule a frappé comme une foudre venant du ciel. Ceci s’expliquerait par le fait que la population est lasse de la situation d’insécurité qui connait une recrudescence.Sauf que parfois, une simple pointe de doigt peut être mortelle. Dans ce dit fokontany, hier, dans l’après-midi, les habitants n’ont plus réussi à garder leur sang-froid. Ainsi, ils se sont jetés sur trois individus, qui ne sont autre que des policiers. Trois inspecteurs de Police du service de la Police Economique de Toamasina. Venus dans le cadre de leur fonction, munis de papier légal délivré par le Tribunal de première instance de Toamasina, pour mener une perquisition  dans la demeure d’un opérateur économique, et aussi pour une arrestation, ils ont été découverts morts par la suite. Les trois policiers ont été victimes d’une vindicte populaire. Connus sous les noms d’Abdi, Brillant et Hajarinofy, ils ont été violement tabassés, puis lardés à plusieurs coups de couteau. Et ce, jusqu’à ce que mort s’ensuive.La foule s’est rassemblée, suite à l’appel au secours poussé par le suspect. Cette première n’était au courant de rien, mais seulement sur un élan de solidarité, elle a répondu dans le but de venir en aide à la personne en détresse. Une source raconte que l’appel au secours s’est produit pendant la perquisition. Une autre affirme toutefois que les policiers n’étaient pas encore arrivés dans la demeure que l’opérateur économique suspect a déjà donné l’alerte, et la foule était venue. D’une part, il y a l’histoire de l’irrégularité de l’opérateur économique, qui est d’ailleurs suspecté par la Police, d’où la perquisition et l’arrestation. Mais d’autre part, le fokonolona croyait que celui-ci était en danger.Mais quoi qu’il en soit, trois policiers ont trouvé la mort.

Andapa : Deux morts et une dizaine de blessés

Le sang a coulé  dans le district d’Andapa. Des gens ont été tués, et d’autres ont été blessés. Tous ont reçu des balles provenant des gendarmes de la brigade d’Andapa, suite à une insurrection populaire. La foule réclamait la tête d’un suspect dans une affaire de meurtre de deux fillettes. Pour cela, elle était venue jusqu’à attaquer la brigade en question.

La ville d’Andapa est dans le chao total. Une forte manifestation populaire a été enregistrée, hier en fin de l’après-midi. Concernant les faits, plusieurs versions ont été reçues, à savoir, celle de la Gendarmerie et celle des habitants d’Andapa. Par ailleurs, la genèse de cette affaire fait référence à un cas de double meurtre à l’encontre de deux fillettes âgées de 5 ans. La découverte macabre des corps sans vie des deux petites filles a été faite par le fokonolona, lundi dernier. Les petites victimes ont été tuées dans les pires des façons : elles ont été délestées de leurs yeux et ont été violement agressées.Une enquête a été ouverte dont la Gendarmerie a été en charge. Un homme a été mis aux arrêts, il a été suspecté dans ce double meurtre. Et là, les versions sont nombreuses, puisque du côté de la population, les faits se racontent comme suit. Hier, aux alentours de 16h, les gendarmes de la brigade d’Andapa ont mené une arrestation  dans la commune de Mahaveroka. L’homme, pris comme suspect a été embarqué à la brigade pour le besoin de l’enquête.  En connaissance de cause, la foule a suivi les limiers et le suspect pour ensuite réclamer la tête de ce dernier. Cette réclamation a surtout été lancée par les membres de la famille des fillettes victimes. Sauf que du côté des hommes en uniforme, livrer un homme dans une vindicte populaire est inimaginable. Et puisque la foule a commencé par ne plus être maîtrisée, les gendarmes ont ouvert le feu faisant deux morts sur le coup, et une dizaine de blessés. Tous ont été touchés par les balles des gendarmes.

Attaque à une zone rouge

Comme il a été dit, ce fait connait deux versions. La Gendarmerie, en faisant part de cette nouvelle, raconte que le fokonolona a franchi une zone rouge en s’attaquant à la brigade de la Gendarmerie. En effet, un homme a bien été arrêté pour enquête, suite au double meurtre. En connaissance de cette situation, et surtout, de la présence d’un suspect à la brigade, la foule était venue nombreuse, réclamant ce dernier pour une vindicte populaire. Les gendarmes ont tenté de raisonner les habitants, mais en vain. Ces derniers ont commencé par devenir non maîtrisables. Et même que la foule était allée jusqu’à attaquer la brigade. Les sommations étant faites, les gendarmes ont ouvert le feu. La suite des évènements est attendue.

Njara Fih

Amnesty International constate à Madagascar des conditions d’incarcération effroyables des détenus en attente de jugement avec 133 détenus dans une cellule prévue pour 6

À l’intérieur, les détenus sont malheureux. Ils ne par manque d’espace, alors ils s’allongent chacun à leur tour. Dans la cellule six, ils sont actuellement 133 détenus, presque la capacité de l’ensemble de la prison’‘. Le directeur régional responsable de la MC de Manakara, 25 août 2017

Les visites d’Amnesty International dans les neuf établissements pénitentiaires ont révélé les conditions d’incarcération effroyables des détenus en attente de jugement. Sombres et sales, la plupart des cellules sont extrêmement surpeuplées et manquent d’air et de lumière, ce qui met sérieusement en péril le bien-être physique et mental des détenus.

En 2017, 129 détenus sont décédés dans les prisons de Madagascar, dont 52 en détention préventive.

D’après l’administration pénitentiaire, les principales causes de décès sont la cardiopathie, la broncho-pneumopathie et ce qu’ils décrivent comme le mauvais état de santé général. Les prisons sont vétustes et mal équipées ; elles manquent de soutien en général, financier et matériel en particulier. Le personnel pénitentiaire s’est plaint du manque de ressources, notamment de papier, de matériel informatique, de meubles et de véhicules. Aucun des établissements pénitentiaires visités ne séparait les prévenus des condamnés, contrairement aux normes et au droit internationaux relatifs aux droits humains, et trois ne séparaient même pas correctement  les hommes adultes des mineurs. D’après l’administration pénitentiaire, seules 24 maisons centrales sur 42 ont une section séparée pour les mineurs et plus d’une centaine d’enfants étaient maintenus en détention avec des adultes, en violation du droit national et international. Les filles n’étaient pas séparées des femmes adultes ; même dans les nouvelles prisons en cours de construction, aucune séparation n’est prévue entre les femmes et les filles. Partout, l’équipe de recherche a observé de mauvaises conditions sanitaires, une absence de soins de santé, une insuffisance de nourriture et d’offres éducatives ou de formation, ainsi qu’un accès limité aux familles.  
Dans toutes les prisons du pays, la plupart des détenus passent la nuit dans des cellules où les toilettes n’ont pas d’eau courante. À cause de la surpopulation, ils doivent dormir à moins d’un mètre de celles-ci. Septembre 2018 @ Amnesty International

Visiblement sous-alimenté, Florent ne cessait de s’excuser de ses vêtements sales et déchirés.

‘‘Je n’ai que ces vêtements. La nuit, j’ai froid. Parfois, il n’y a pas d’eau, alors on ne peut pas se doucher ni laver nos vêtements. Mes vêtements sont sales, mon corps est sale’‘. Poursuivi pour le vol d’un zébu [bétail], Florent était en détention préventive depuis trois ans et sept mois. Il n’avait pas vu ses deux fils depuis son incarcération. Voici son témoignage : ‘‘Nous sommes 42 à dormir dans la même cellule, mais il n’y a pas de place pour dormir. Je dors par terre. Beaucoup de gens tombent malades. Certains toussent, certains tremblent, certains attrapent très froid. Et les gens se battent pour la nourriture, car il n’y en a pas assez […] Je veux vraiment passer en jugement, car je souffre beaucoup ici. ‘‘
Poursuivi pour le vol d’un zébu [bétail], Florent était en détention préventive depuis trois ans et sept mois. Il n’avait pas vu ses deux fils depuis son incarcération. Voici son témoignage : ‘‘Nous sommes 42 à dormir dans la même cellule, mais il n’y a pas de place pour dormir. Je dors par terre. Beaucoup de gens tombent malades. Certains toussent, certains tremblent, certains attrapent très froid. Et les gens se battent pour la nourriture, car il n’y en a pas assez […] Je veux vraiment passer en jugement, car je souffre beaucoup ici. ‘‘
 

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Madagascar, des villageois tuent trois policiers effectuant une enquête – L’expressmada du 25 octobre 2018

Une perquisition se termine mal pour trois agents du ministère de la Sécurité publique qui officiaient à Toamasina. Des villageois du fokontany d’Ambodimanga, dans la commune d’Ambatoharanana, district de Fénérive-Est, les ont roués de coups pendant qu’ils effectuaient leur mission dans ce village, hier. Les inspecteurs de police Brillant, Hajarinofy Andrianasolo Andriamahefantsoa, Fidèle Abdi Be-Jacques n’en sont pas sortis vivants. « Ces habitants les auraient pris pour des voleurs car il y a deux semaines, des bandits ont attaqué ce village. Ils ont alors pensé qu’il s’agissait, encore, d’un acte de banditisme. Ils se sont alors permis de les passer à tabac, malgré le fait qu’ils aient présenté des documents légaux », rapporte une source auprès de la Police nationale. Cette scène macabre s’est produite en plein jour. Les victimes, des agents de la police économique à Toamasina, débarquent dans ce petit village à 15 kilomètres du chef lieu du district, hier matin, avec un mandat de perquisition du Tribunal de Toamasina, un ordre de mission de leur supérieur, et leur carte professionnelle. Ces policiers devaient fouiller le domicile d’un individu soupçonné d’être impliqué dans une affaire de vol de vanille de 50 kilos, pour rechercher des éléments de preuve. Une foule s’est jetée sur eux pour les tabasser avec des bâtons. En tenue civile et non armés, ils n’ont pu ni se protéger ni défier cette foule nourrie par un seul objectif, celui de les tuer. Arrestation massive Résultat : ces inspecteurs de police succombent à plusieurs blessures sur leur corps. « Vers 10 heures, le commissariat de Police à Fénérive-Est est informé de la mésaventure de ces hommes. Vers midi, leur décès est déclaré », informe une source auprès de la gendarmerie nationale. Un quatrième agent qui faisait partie de cette équipe, aurait pu échapper à cet acte gratuit en s’enfuyant, selon cette dernière source. Ces agents ont été attaqués sur le chemin de retour, selon la version du ministère de la Sécurité publique. « Ils ont pu terminer leur mission et faire le rapport à leurs supérieurs », précise un communiqué du ministère, lu sur le plateau du journal de la chaîne Televiziona Malagasy, en version malgache. La Police nationale et la Gendarmerie nationale ont récupéré les corps des victimes, hier. Elles n’ont pas encore procédé à une arrestation. Mais cela ne devrait pas tarder. « Ce sera une arrestation massive. Même le chef fokontany ne pourra y échapper car il a été informé de cette mission et a omis d’informer et de rassurer la population », rajoute la source auprès de la Police nationale. Le ministère de la Sécurité publique invite les responsables à être calmes devant cette vindicte populaire, et présente ses condoléances aux familles des victimes. Les villageois du fokotany d’Ambodimanga, district de Fénérive-Est, responsable de cette vindicte. Miangaly Ralitera  

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Table ronde sur l’amélioration des conditions carcérales inhumaines à Madagascar – Discours de la Ministre de la Justice

Table ronde sur l’amélioration des conditions carcérales
23 octobre 2018 – Hôtel Ibis Ankorondrano ** Discours d’ouverture de Madame HARIMISA Noro Vololona, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice Prononcé par le Directeur de Cabinet * Honorables invités en vos fonctions, rangs et grades tout protocole respecté, Excellences, Mesdames et Messieurs, Je suis extrêmement honorée de l’invitation qui m’est faite d’intervenir lors de cette cérémonie d’ouverture de cette table ronde sur l’amélioration des conditions carcérales. Je tiens à féliciter d’emblée les organisateurs pour leur initiative qui, je l’espère aboutira à des propositions concrètes qui pourront avoir une application pratique. Je remercie en particulier la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme (CNIDH) pour le dynamisme dont vous faites preuve depuis votre récente mise en place. Par une réforme législative qui a été appuyée par le Ministère de la Justice il y a quelques mois, la CNIDH s’est vue confiée une compétence nouvelle, à savoir la prévention de la torture. Je constate, Madame la Présidente que l’institution que vous présidez a pris pleine mesure de ses nouvelles attributions et je vous en félicite. Je remercie également l’ensemble des entités qui forment le comité de pilotage de la célébration du 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme. Je constate avec joie que diverses manifestations sont déjà programmées dans ce cadre et je vous encourage vivement à persévérer sur cette lancée. Je salue également les partenaires financiers qui ont soutenu cette table ronde. Mesdames et Messieurs, Le sujet d’aujourd’hui, à savoir l’amélioration des conditions carcérales, est d’une importance certaine. Je félicite les organisateurs pour les choix des sous thèmes qui concernent au premier plan le Ministère de la Justice, aussi bien à travers l’Administration judiciaire que du côté de l’Administration pénitentiaire. Mon intervention de ce matin va essayer de synthétiser les actions en cours sur ces points. 1°) Du côté de l’Administration judiciaire, diverses ont été mises en œuvre pour essayer de traiter la problématique dans sa globalité. Je vais vous parler essentiellement des actions menées par la cellule de veille stratégique qui a été instituée au niveau du Ministère de la Justice afin d’accélérer le traitement des dossiers pénaux. Parmi les réalisation concrètes de cette cellule, citons la mise en place d’un Task Force au niveau de la Cour de Cassation en vue de traiter les dossiers des détenus cassationnaires. Il s’agit principalement d’apurer les dossiers sur lesquels des décisions ont déjà été rendues mais non encore notifiées aux parties pour diverses raisons. Une équipe a alors été envoyée en renfort au niveau de la Cour de cassation pour accélérer la frappe de ces décisions en vue de leur notification. Les audiences CCO, CCSA, CCS, audiences foraines et audiences de flagrant délit au niveau de toutes les juridictions ont également été multipliées par appui budgétaire du Service du Fonds de la Justice Pénale et Assimilés (FJPA) de la DAFP du Ministère de la Justice. Un montant total de 2 milliards d’ariary a été alloué à cette action cette année et les résultats sont significatifs sur le terrain. La procédure du traitement des demandes de libération conditionnelle a également été accélérée en l’application de la circulaire n° 03-MJ/SG/DGAJER/ DAJ/SJPG/CIRC/18 du 21 mars 2018 et un échange de points de vue en la matière a été effectué entre la DAJ et tous les DIRAP. Ainsi, diverses recommandations ont été émises lors de l’atelier du 17 novembre 2018 sous l’égide du CICR. Dans la foulée, j’ai signé le 17 septembre 2018 la circulaire n° 08/MJ/SG/DGAJER/DAJ/CIRC/18 portant Renversement du ratio condamnés/ prévenus et dont les mesures essentielles sont les suivantes : a) j’ai ordonné la libération immédiate des personnes en détention ne faisant pas l’objet d’un titre de détention valide pour pallier à la persistance de la détention préventive prolongée au-delà de la validité du titre de détention. Pour la concrétisation de cette mesure, un magistrat du Parquet et du Parquet Général de la Cour d’appel doivent être désignés en tant que points focaux chargés du suivi de la détention préventive dans les établissements pénitentiaires de leur ressort. b) Le Ministère de la Justice recherche également des solutions pragmatiques pour faire diminuer le nombre des personnes placées sous mandat de dépôt. Pour ce faire, le traitement en temps réel, une méthode de travail qui implique la direction effective de l’enquête pénale par le magistrat du Parquet dès la saisine des officiers de police judiciaire, a encore été renforcé. La liaison entre le Parquet et les OPJ est alors permanente, ce qui évite d’éventuels renvois du dossier pour régularisation après le déferrement. Il est également recommandé de tout de suite classer sans suite l’affaire ou de prononcer le non-lieu en cas d’inexistence ou d’insuffisance de charges, en particulier s’il s’agit d’affaires civiles et éviter ainsi les renvois à la formation de jugement qui peuvent prendre un certain temps. De plus, en application de l’article 333 du CPPM, le magistrat se trouve désormais dans l’obligation de bien motiver toute décision de placement sous mandat de dépôt parmi les neuf critères prévus les canevas de décision mis à sa disposition. Enfin, le recours au contrôle judiciaire, qui est prévu par les articles 223 al.2, 223 bis al.1 et 273 al.4 du CPPM, est encouragé. Par cette mesure, la personne inculpée mais mise en liberté en attendant son procès, est soumise à l’accomplissement d’une ou plusieurs obligations dont la nature et les modalités sont fixées par le magistrat. c) La troisième mesure instaurée par la circulaire du 17 septembre 2018 vise à réduire la durée de la détention préventive des personnes placées sous mandat de dépôt en généralisant les mesures préconisées par la cellule de veille stratégiques que sont : la multiplication des audiences foraines, des audiences correctionnelles et criminelles par une augmentation du budget alloué en la matière, la multiplication des audiences de flagrant délit qui confèrent à la décision le caractère contradictoire et limitent ainsi les risques de renvois divers, la garantie de la mise en état des dossiers enrôlés, la transmission rapide des dossiers frappés d’appel ou objets de pourvoi en cassation, le retour immédiat des dossiers jugés par la Cour de cassation et les Cours d’appel aux juridictions d’origine, et enfin la notification systématique des personnes détenues des actes relatifs à leurs dossiers et des décisions judiciaires les concernant. J’ai également veillé à l’accompagnement des juridictions dans la mise en œuvre pratique de toutes ces mesures et ainsi en est-il de l’augmentation globale du budget alloué aux TPI de l’ordre de 12 à 20% pour 2019. Des sessions de formation axées sur la gestion budgétaire et le management ont également été dispensées aux Chefs de juridiction pour leur permettre d’atteindre ces objectifs. Mais vous tous ici présents, et surtout la société civile, avez un rôle de donneur d’alerte si par malheur ces recommandations ne sont pas effectivement appliquées. II°) Mais c’est surtout du côté de l’Administration pénitentiaire que des efforts importants ont été consentis par le Ministère de la Justice Depuis ma nomination à la tête du Ministère de la Justice, l’amélioration des conditions carcérales a été au centre de mes préoccupations. Bien entendu, en tant que magistrate, j’en avais une certaine idée mais c’est lors de mes nombreuses visites dans plusieurs établissements pénitentiaires que je me suis rendu compte de l’immensité des besoins du monde carcéral à Madagascar. J’ai donc établi dans ma liste des priorités l’augmentation du budget de l’Administration pénitentiaire. C’est maintenant chose faite avec le budget 2019 où les DIRAP en sont les grands bénéficiaires avec une augmentation de près de 100%. Cette augmentation est surtout dictée par le retrait prochain du CICR, qui est depuis 16 ans le partenaire privilégié de l’Administration pénitentiaire. Ainsi, un effort particulier a été fait pour l’amélioration de la nourriture des détenus avec l’application de la nouvelle diète carcérale qui a déjà produit des effets probants dans les deux Maisons centrales pilotes de Toliara et de Miarinarivo. L’idée consiste à alterner trois plats au lieu d’un seul constitué uniquement de manioc, à fournir deux repas par jour au lieu d’un, à fixer à au minimum 2000 Kcal par jour par détenu l’apport calorifique des aliments, à améliorer les conditions d’hygiène et à mettre en place un régime alimentaire particulier pour les malnutris sévères. J’ai donné des ordres stricts pour une meilleure gestion de cette nouvelle manne financière et j’ai eu l’occasion de prévenir les DRAP que je ne tolérerai aucun manquement dans la gestion des deniers publics qui leur sont confiés. Diverses infrastructures pénitentiaires ont été construites par le Ministère de la Justice cette année comme les nouvelles maisons centrales de Vangaindrano, de Fénérive Est et de Moramanga. Pour l’année 2019, la construction d’une nouvelle maison centrale à Avaradrano est déjà budgétisée. En ce qui concerne la lutte contre la torture et diverses autres formes de maltraitance en prison, une avancée a été réalisée en 2016 avec la création d’une Direction de l’Inspection pénitentiaire au sein du BCCJEP. Cette direction est totalement indépendante et ne rend compte de ses actions qu’à leur coordonnateur et au Ministre. Elle mène des missions régulières d’inspection au sein des établissements pénitentiaires et beaucoup des propositions concrètes formulées à ces occasions ont été mises en pratique. Signalons également les divers cas de saisine de l’autorité disciplinaire suite à des manquements relevés durant ces missions d’inspection. Tout ceci pour vous dire que, si je m’accorde avec vous pour dire que les conditions carcérales à Madagascar restent pour l’ensemble mauvaises, il ne faut pas se voiler la face, le Ministère de la Justice met en œuvres diverses mesures pour les améliorer. Cet échange entre le Ministère de la Justice et le CNIDH ainsi que la société civile sera bénéfique pour tout un chacun car il facilite la compréhension mutuelle. S’il est vrai qu’en tant que donneur d’alerte, votre devoir consiste surtout à signaler les trains qui arrivent en retard, vous conviendrez avec moi qu’à partir de maintenant, beaucoup de trains commencent à arriver à l’heure. Je veux dire par là que nos relations réciproques ne sont pas condamnées à être conflictuelles. Nous pouvons travailler main dans la main car nos objectifs finaux vont dans la même direction. Et sur ce, je déclare ouvert cet atelier de concertation en vue d’améliorer les conditions carcérales à Madagascar. Je vous remercie de votre aimable attention  

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Près d’une cinquantaine de prévenus périssent en prison à Madagascar en 2017 d’après Amnesty international

Les visites d’Amnesty International dans les neuf établissements pénitentiaires ont révélé les conditions d’incarcération effroyables des détenus en attente de jugement. Sombres et sales, la plupart des cellules sont extrêmement surpeuplées et manquent d’air et de lumière, ce qui met sérieusement en péril le bien-être physique et mental des détenus.

En 2017, 129 détenus sont décédés dans les prisons de Madagascar, dont 52 en détention préventive.

D’après l’administration pénitentiaire, les principales causes de décès sont la cardiopathie, la broncho-pneumopathie et ce qu’ils décrivent comme le mauvais état de santé général. Les prisons sont vétustes et mal équipées ; elles manquent de soutien en général, financier et matériel en particulier. Le personnel pénitentiaire s’est plaint du manque de ressources, notamment de papier, de matériel informatique, de meubles et de véhicules. Aucun des établissements pénitentiaires visités ne séparait les prévenus des condamnés, contrairement aux normes et au droit internationaux relatifs aux droits humains, et trois ne séparaient même pas correctement les hommes adultes, des mineurs. D’après l’administration pénitentiaire, seules 24 maisons centrales sur 42 ont une section séparée pour les mineurs et plus d’une centaine d’enfants étaient maintenus en détention avec des adultes, en violation du droit national et international. Les filles n’étaient pas séparées des femmes adultes ; même dans les nouvelles prisons en cours de construction, aucune séparation n’est prévue entre les femmes et les filles. Partout, l’équipe de recherche a observé de mauvaises conditions sanitaires, une absence de soins de santé, une insuffisance de nourriture et d’offres éducatives ou de formation, ainsi qu’un accès limité aux familles  

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